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MAROC : LEGISLATIVES EN MASCARADE PREMIDITEE



Les jeunes du 20 février appellent au boycott, malgré les atroces persécutions et les illégales emprisonnements...


lundi 21 novembre 2011
par Azouz Benhocine


La contestation du pouvoir absolu du monarque marocain ne s’est pas tue. Après les élections, du 1er juillet jugées comme un trafic accéléré ou un bricolage sur la constitution, aucun fruit de réformes n’est perceptible. Elles ont été menées tambours battants et avec une précipitation obscure, opération administrative formelle visant à juguler la fronde populaire, comme une poudre aux yeux. Dimanche 20 novembre, la mobilisation a été grande du fait qu’aucun sentiment n’est venu étayer de quelconques changements... car le vote rapidement exécuté, n’a pas institué depuis la citoyenneté accomplie dont rêve la jeunesse marocaine, à l’instar des peuples arabes.

Voir en ligne : Au Maroc les manifestants sont tués dans l’indifférence mondiale.

Des milliers de manifestants, et par dizaines dans les localités importantes comme à Tanger où l’inondation de la plus importante place du quartier Beni-Makda a surpris plus d’un, sont sortis à travers l’ensemble du pays. Ils ont scandé que les législatives du vendredi, 25 novembre, seront une mascarade dûment programmée pour taire la protestation visant les prérogatives autocratiques de Mohamed IV. Un groupe de participants a été vu avec portant un faux cercueil couvert d’un drap blanc où était inscrit "élections législatives".

« L’appel au boycott » du vote est le mot d’ordre partagé par tous les manifestants, défiant encore une fois les projets du roi. Des réformettes qui ne donnent aucun gage crédible de changement. Le boycott est motivé par l’absence de démocratie pouvant être visible, exercée et pleinement fonctionnelle. Le sentiment de déception, qu’aucune réforme n’est parvenue à ce jour, est trop concret pour être ignoré.

Dans le contexte du Printemps Arabe, les marocains ont exigé que la monarchie, déjà contestable à plus d’un titres du fait du pléthorique nombre de monarchies dans l’ensemble du monde arabe, cède de ses pouvoir à la société civile. Mais en vain, la déception au Maroc est plus grande qu’ailleurs. Car les militants de la démocratisation ont travaillé avec de hauts sacrifices, en affrontant un régime où les inégalités sont criardes et les libertés sont réduites à une circulation de la pauvreté au sein d’une vaste couche sociale de démunis. Cette dernière ne pouvant s’affranchir d’une forme d’esclavage moderne que le tourisme, spécialement mis à la disposition des étrangers, maintient l’accaparement des ressources par une infime minorité.

Pour prédire que les législatives ne sont pas démocratiques, c’est surtout la position de la société marocaine qui vénère aveuglement le roi face, et contrarie la classe que l’on peut qualifiée des éclairés. Ceux qui militent pour une démocratisation sont plus confrontés à cette majorité qui ne doute pas que le régime monarchique est source d’une stabilité et au regard même de l’absence des libertés. Ces contestataires, du type de royaume à l’instar de ceux connus dans le monde arabe, subissent une adversité qui habite la population. Cette dernière reste inerte sous un règne décadent, outre le matraquage des flics. Ils étaient plusieurs centaines, de policiers bardés d’équipements antiémeutes, à boucler la place de Tanger.

Poète de la révolution : un rappeur au discours révolutionnaire

Le rappeur Al-Haked, alias anti-régime, de son vrai nom Muadh Balghawat, est emprisonné depuis le 9 septembre, pour des raisons grandement douteuses. Il personnifie la profondeur des revendications des réformateurs authentiques du Maroc, malgré qu’on lui attribue que peu de formation politique et une timidité appropriée à l’intelligence qu’il recèle. Quand sa chanson a été entendue dès le lendemain de la contestation du 20 février, sur YouTube, elle fut comme le message le plus proche de l’aspiration de dignité populaire. Il s’adressait nommément au roi, avec un anonymat où se sont reconnus tous les jeunes marocains.

Son arrestation s’est faite sur l’inculpation de coups et blessures, que sa victime ne soutient guère de son côté. Mais peu d’observateurs ou de simples sujets du roi croient à cette accusation, trop fallacieuse pour être admise car c’est sa poésie qui dérange et est à l’origine de la répression dont il est martyr. Son discours politique le plus souvent prononcé au siège du Parti communiste, comme tous les rappeurs du monde, incarne une vision qui reste maintenant dite sous capes et en coulisses. Il dénonce l’amalgame : « Dieu, Patrie, Roi »

Âgé de 24 ans Al-Haked, « Le malveillant ou bien le colérique » est considéré comme le chanteur de la révolution. Et c’est pour cette raison qu’il croupit injustement la prison d’Akasha à Casablanca. Les soutiens du mouvement des jeunes du 20 février et plus d’une centaine d’avocats se sont portés volontaires pour le défendre, n’ont pas cessé avec des manifestations devant le siège de la sécurité et aux porte du tribunal.

Maria Karim, productrice de télévision et membre du Mouvement du 20 Février, a fondé un comité pour le défendre. Elle a également lancé une initiative visant à collecter des photos de la « al-Haked » avec lesquelles des affiches sont apparues dans la ville de Casa.