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ALGERIE Clivage explosif : front des droits sociaux face à la « Kléptocratie ». - 3ème Partie -



- 3ème Partie - de l’enquête : Grève des travailleurs, football et corruption des sphères dirigeantes.


dimanche 31 janvier 2010
par Rebel Kazimir


Les travailleurs des grands pôles industriels et des services publics les sensibles font grève au temps d’une liesse du football manipulé... La jeunesse, même celle diplômée, est désoeuvrée et plie bagage pour aller sous d’autres cieux... Cependant le grand détournement des richesses et la corruption qui n’épargne pas même le syndicat officiel "UGTA", gangrène les rouages de tous les niveaux. L’Algérie patauge dans une inertie source de sa décadence.

Pour lire

1ère Partie : 1- Travailleurs algériens en mouvement, analyse conjoncturelle. -

2ème Partie : ALGERIE :La société atomisée dans les mosquées et par le football - 2ème Partie -

Prochain article - 4ème Partie et fin : SONATRACH LE GRAND DEBALAGE !

Les grands sites industriels et les secteurs sensibles ont vécu des troubles que le pays n’a pas connus depuis des années. Et ce paradoxalement à l’indifférence établie… Et sans aucune présence de la déroutée opposition démocratique. L’opinion régnante est tiraillée par le ballon rond, une aubaine pour le pouvoir de calmer les séditions locales qui secouent sporadiquement nombreuses régions du pays. Et dont l’Etat, le président et son administration répondent de leur responsabilité. Aussi pour les secteurs où les travailleurs ont fait grève, relèvent généralement du secteur public. Le secteur privé est beaucoup moins structuré du point de vue syndical.

De la part de la large masse où végètent des industries, les 8000 travailleurs de la SNVI à Rouïba de la zone industrielle d’Alger (Rouïba-Alger, secteur public) ainsi que les 7200 autres d’ArcelorMittal (privé) à Annaba ont donné le ton. Et du côté des secteurs des services, des non moins sensibles, comme l’enseignement, les praticiens de la santé du secteur public ainsi que les paramédicaux, et puis la presse privée où semble régner une choquante gabegie pour des employés bassement sous-payés et sans statut.

Ces débrayages déclarés illimités, jusqu’à l’ouverture de négociations pour des plateformes revendicatives claires, ont surpris non seulement les autorités qui s’assuraient de la paix sociale et les dirigeants des entreprises. Les employés de SNVI ont pour sollicitations l’augmentation des salaires et la modification de l’âge de départ à la retraite. Et ceux d’El-Hadjar (ArcelorMittal) exigent un relèvement de 35% des salaires. Ils ont démarré leur grève le 12 janvier, sommant à un plan d’investissement global, alors que la direction exclut de rénover une cokerie mise en service en 1978.

Aimer l’Algérie avec sa corruption ou la quitter, tel est le slogan…

L’atmosphère à Alger et dans est tellement morne, malgré le football qui n’efface pas la désolation. Les scandales de la corruption n’arrêtent pas de ressurgir de plus en plus intrigants et dénonciateurs d’un système incapable de produire la moindre espérance pour les générations de jeunes dont les avenirs sont obstrués. Ils offusquent plus d’un algérien.

Alors que le pays prend le chemin inéluctable de l’éradication du terrorisme, alors que fatalement il préserve les réseaux du « Fascislamisme ». Le désarroi de la jeunesse est beaucoup dû à la gouvernance affligeante de la chose publique. Depuis la crise, engendrée par la chute du prix du baril du pétrole pendant les années 80… Aussi bien la négociation du passage à la démocratie qui a laissé surgir les sbires fanatiques, que le présent, gardent l’anxiogène atmosphère de désespoir. Les estimations avancent plus d’une centaine de millier d’algériens qui ont quitté le pays lors des 2 dernières décennies.

Les HARGAS, jeunes algériens désespérés allant à d’autres contrées sur des embarcations de fortune.

Les jeunes cadres dont la facilité de s’installer sous des cieux où la misère ne leur est imposée, grâce à leurs compétences auxquelles les structures d’exclusion et le manque de débouchés économiques en Algérie leurs restent autistes. Une matière grise qui s’évapore, le système tourne à vide. Le gros de cette population d’exilés, avec l’âme amère de ne pas avoir eu de perspectives chez eux, sont les personnes qui ont souvent regardé d’un mauvais œil le parcours du terrorisme. Qui, lui surtout, ne leur a pardonné pas tant de ne l’avoir soutenu ou rejoint…

Si ailleurs, on envie les atouts de l’Algérie. Bouteflika rêve d’une mosquée à 5 milliards de dollars. De quoi donner aux machinaux citoyens qui ont trouvé en l’islamisme leur nouveau nationalisme, que la haute importance du fait religieux leur confère prospérité.

…des rentiers sources de scandales et de désolation.

Les scandales de corruption (obtenir des enveloppes d’un donneur) et de détournement des richesses par les castes dirigeantes, rapportés par la presse, privée qui se veut indépendantes des cercles influents, restent comme des coups d’épée dans l’eau. Le domaine des marchés publics a toujours été indiqué comme le plus exposé, des rouages algériens, aux prédations. Nombreux fonctionnaires véreux ont fait l’objet de poursuites, mais aussi leur impunité est par ailleurs comme assuré par les castes claniques desquelles ils relèvent. L’ancien parti unique tient le haut du pavé dans cette Kléptocratie.

Le scandale de la SONATRACH

Alors que l’Algérie passe de la 99ème place en 2007 à la 117ème en 2009 du classement de l’ONG Transparency-Internationale selon son rapport publié le 17 novembre de cette même dernière année, qu’éclate la plus grande affaire de corruption. Mêlant des cadres de haut niveau du ministère des travaux publics, où sont traités les marchés les plus juteux au regard de la rente pétrolière qui permet leur financement, des militaires, souvent cités sur la place publique dans des business louches, et du ministère des transports concernés par des projets fort couteux et jamais ouverts auparavant dans le pays.

Ce nouveau scandale est de loin plus abjecte que l’affaire dite « RAK » Rafik-Abdelmoumène Khalifa car impliquant directement des responsables en activité dans les institutions et des milieux qui devaient mis sous haute surveillance depuis même que le pays a recouvert sa souveraineté. Et qui croient avoir pleine latitude d’action sous le règne de Bouteflika. Mai s le plus frappant advient comme une formule connue des monarchies qui disposent des pompes de pétrole de la situation. Ce fléau gangrène les institutions algériennes au point que la suite (famille, amis et autres alliés) d’un dirigeant jouit de l’aubaine d’une manne partageable. La SONATRACH touchée par de telles débauches, les algériens le disaient mais la rigueur de nombreux investigateurs et experts ne s’imaginaient pas l’existence, est maintenant avérée.

Siège de la SONATRACH

Le PDG de cette entreprise, la 1ère au niveau du continent tout secteur confondu et le 12ème groupe pétrolier du monde, Mohamed Meziane est actuellement poursuivie pour une affaire de malversations. Le juge d’instruction du pôle judiciaire spécialisé de Sidi M’hamed près la cour d’Alger a inculpé quatorze personnes. Sept ont été mises sous mandat de dépôt, dont les deux enfants du PDG. L’ancien patron du CPA (Crédit Populaire Algérien) et son fils, deux vice-présidents de Sonatrach et un entrepreneur privé, alors que deux autres vice-présidents et quatre cadres de la compagnie ont été placés sous contrôle judiciaire pour, entre autres, violation de la réglementation des marchés publics et association de malfaiteurs. Le ministre de l’énergie lui-même a confirmé lors d’une conférence de presse ces allégations rapportées par la presse.

Le redoutable Département de renseignement et de sécurité (DRS) souvent décrié comme un service de l’armé faisant la pluie et le beau temps en Algérie, semble être mis en branle. C’est lui qui est derrière ces nouveaux scandales, rendus publics depuis l’automne 2009. Ce coup de semence des services secrets algériens apporte la preuve que la grande muette, l’armée s’est trouvé un nouvel ennemi après les hordes d’égorgeurs…

ENQUETE-Algérie : grève des travailleurs, football et corruption des sphères dirigeantes.

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