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Algérie, escarmouches entre islamistes et évangélistes.

Tizi-Ouzou à l’épreuve de la pluralité religieuse.

dimanche 27 décembre 2009
par N.E. Tatem


Tizi Ouzou, wilaya (département) algérienne à population berbérophone, a enregistré dans la matinée du samedi 26 décembre, la 1ère agression d’islamistes contre des chrétiens. Elle s’est déroulée sur la voie publique, c’est même le 1er fait du genre à regrouper plusieurs personnes.

Entre Noël et le nouvel an, l’Achoura... Des circonstances de confrontation quand la laïcité est sous boisseau !


Le sentiment d’impunité des islamistes étant plus grand dans ce pays comme nul part ailleurs. Ils exercent leur prosélytisme à ciel ouvert et sont en chasse constante, avec la violence que l’on sait, de toutes autres libertés de croyance. A propos de prosélytisme, il faut noter que les évangélistes, très propagateurs à leur manière, ne ménagent pas, de leur côté, leurs efforts dans l’espoir de « désislamiser » quand la population se démène depuis plus de 2 décennies dans des troubles fomentés dans les méandres des mosquées et avec la connivence des autorités…

En matinée, cet affrontement a été provoqué par une horde d’une quarantaine d’islamistes qui se sont déplacés à la cité Bekkar pour en découdre avec les évangélistes. Et pour spécialement empêcher que se tienne la messe de Noël. Insultes et menaces fusent : « Vous êtes des renégats » et « pas de messe, ni prière en terre d’Islam ».

Baptême pour converti

Contrairement à ce que pensent certains préjugés, la police s’est vite rendue sur les lieux. Ce qui a grandement joué en faveur de l’évitement d’actes de violences majeure et d’effusion de sang. Très souvent ce genre d’accrocs a lieu en Algérie, où les non-musulmans tentent de sortir de l’ombre pour afficher leur divinité ou leur athéisme. Mais ce n’étaient que des actes isolés entre individus. Les conflits entre groupes étaient vraiment inconnus. Même cet incident reste minime, du fait qu’il a été rapidement interrompu. Cependant le climat reste tendu autour de ce nouvel acte dont les protagonistes avérés sont les « Fascislamistes », du fait de leur déplacement.

L’ambiance demeure électrique au regard de la présence des factions de terroristes, dans les reliefs très boisés de Kabylie. Contre lesquels l’armée et les services de sécurité mènent depuis des années un incessant combat. Comme il est nécessaire de signaler que ces même institutions d’ordre public sont encombrés et souvent mobilisés pour contenir les actes de vandalisme avec lesquels est revendiquée la reconnaissance de la dimension amazighe (berbère) dans l’identité de la population de cette région du pays.

L’existence insoupçonnée de chrétiens algériens

La pratique et le nombre

Outre que cette année coïncide, entre le jour de l’an et noël, la fête de l’Achoura qui est fêtée la veille du 27 décembre, c’est-à-dire dans la soirée du jour nt eu lieu ces escarmouches. Cette fête musulmane est inspirée d’une pratique juive de Yom Kippour, marquée par un jeûne facultatif de 2 jours du dixième jour du septième mois du calendrier lunaire. La commémoration du nouvel an, du calendrier grégorien ou solaire, considéré lui aussi, dans les méandres de la nébuleuse islamiste, comme fête chrétienne ou bien occidentale, est réellement une ascension universelle du comptage de toute l’humanité.

Le nouveau phénomène des évangélistes en Algérie sème pour sa part une peur bleue dans le milieu conservateur. Il est à l’origine de la conversion d’environ 30 000 algériens selon une évaluation informelle mais proche de la réalité. Avec la connivence d’une presse largement ancrée dans ce camp et l’idéologie investit dans la défense de la langue arabe et la religion musulmane, les évangélistes sont réprimés et les tribunaux ont été de main forte dans les condamnations.

Ce qui est aussi le cheval de bataille du nationalisme qui a le pouvoir officiel, la réprimande de tout ce qui ne rentre pas dans ses orientations. Entendre par officiel, les centres de décision. Puisque l’armée, considérée comme à l’origine de toutes autorités, peut être considérée comme un appareil qui tente de sauvegarder la stabilité du pays, face à des aventures qui mettraient en cause l’Etat-Nation. Les dangers, de démantèlement de ce qui a été difficilement depuis l’indépendance une démarche qui édifie une république, sont bien réels.