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Au Pakistan, des législatives où l’extrémisme corrompu tombe avec sa violence

Où sont morts Benladen et le mollah Omar, est un pays surpeuplé et livré à la terreur obscurantiste

samedi 21 juillet 2018
par Hugo Mastréo


L’espoir de changement au Pakistan à l’issue des élections du 25 juillet 2018 n’apparaît que dans les pronostics. En réalité le chemin est plus tortueux et difficile à suivre pour la paix et la démocratie. Avec l’achèvement du mandat de 5 années, on va donc pour désigner les membres de l’Assemblée nationale ainsi que ceux des quatre Assemblées provinciales du Pakistan.

Voir en ligne : Notre dossier PAKISTAN

La province la plus peuplée du Pakistan, le Pendjab qui détient 141 des 272 sièges électoraux. Les députés sont élus au suffrage direct pour composer et siéger au parlement du pays, l’Assemblée nationale. Cela signifie que la partie qui aura le Pendjab gagne plus ou moins le Pakistan. Selon les sondages et les données, cette région se partage entre la Ligue musulmane pakistanaise (PML-N) et le Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI). Le premier, embourbé actuellement dans des scandales, avait 166 sièges lors du dernier vote de 2014. Et le second avait 35, mais passerait en tête selon plusieurs études.

Ce dernier de l’opposition était jusqu’à là en 3ème position, après le PPP de Bilawal Bhutto Zardari qui avait 42 députés. Or d’après les anticipations que nous avons consultées, le premier parti du pays s’effondre car son chef est impliqué gravement dans des affaires de corruption. 3 membres de sa famille, dont ses enfants, sont cités dans le dossier des Panama-Papers. Ce qui augure une nouvelle configuration suivante : 6 sièges au PML, 130 au PPP et 136 PTI.

C’est l’une des nations musulmanes des plus problématiques du Monde contemporain. Aussi bien Oussama Benladen, le chef d’Al-Qaïda, que le mollah Omar, le leader des Talibans Afghans, ont leurs morts respectives dans ce pays. L’islamisme prédomine quand la ligue musulmane a atteint sa popularité de masse dans les années 1930. Aussi bien la vie politique que le moindre recoin des mœurs et pseudo-traditions d’un peuple qui était dans ensemble intégré à l’Inde.

Lors des périodes de vote, l’instabilité et la criminalité explosent. Les premières élections libres et multi-partisanes ont eu lieu en 1970. Alors que depuis 1947, date de l’indépendance de l’Inde sous l’impulsion de la communauté musulmane, les guerres avec le voisin et l’ancienne métropole ont favorisé un pouvoir militarisé même s’il était présidentiel. Ce qui, depuis, met de l’incertitude sur la valeur et la fiabilité des institutions. L’armée est toujours soupçonnée de déterminer qui aura à gouverner.

Comme le montre nos graphiques, dont la source est le « SATP » (le site consacré au terrorisme en Asie), les violences sont quasiment toutes signées de l’islamisme armé. Cette grande insécurité est variable selon les services de police et de surveillance fournis par l’État. Et totalement les terroristes ciblent les partis et les politiciens qui prônent la laïcité. Cette situation est arrivée quand Zia-Ul-Haq a renversé le président Zulfikar Ali Buttho qui l’avait nommé chef de l’armée du Pakistan, une année auparavant.

Avec les derniers actes liés à la campagne électorale, le mois de juillet a été sanglant. Le 10 juillet, une attaque revendiquée par le TTP à Peshawar a tué l’un des dirigeants du Parti national Awami, Haroon Bilour, ainsi que 21 autres personnes. Le père de M. Bilour, lui-même commanditaire de crimes, a également été assassiné en 2012 par le TTP.

Vendredi dernier, 13 juillet, une attaque à Mastung, au Baloutchistan, a fait près de 150 morts dont plus de 100 sont membres du parti le « Baluch Awami » organisateur du meeting ainsi que plus de 200 blessés. L’explosion revendiquée par l’EI (Daesh) a ciblé et a tué un de ses importants dirigeants, Siraj Raisani. Ce dernier un nationaliste du Baloutchistan, connu pour sa revendication séparatiste de la province d’où il est originaire.

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