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38 arrestations, des couteaux, des cocktails Molotov et un fusil de chasse à Ghardaïa



L’armée arrive après bien des coups et des mois de tension


samedi 11 juillet 2015
par Hugo Mastréo


Les premières arrestations ont été effectuées vendredi 10 juillet, après les troubles fomentés par des cercles, ou une partie, du pouvoir algérien à Ghardaïa. Depuis des décennies les malheurs qui frappent les berbères d’Algérie restent impunis, voire aussi avalisés par les tendances « baâtho-arabes » du parti unique qui a érigé des « mouhafedh » (commissaires), pour de tels plans et d’autres répressions idéologiques, en institutions d’orientation politique.

Voir en ligne : Notre dossier : Algérie

Vous trouverez, en fin de cet article, une décision administrative des autorités, qui peut générer la violence à Guerara.

ET UNE JOURNÉE DE PROTESTATION POUR GHARDAÏA, pour lundi prochain 13 juillet.

Les autorités algériennes ont arrêté 38 personnes, suite aux agressions qui visent depuis des années la communauté amazygh de la vallée du M’Zab. Présentées en affrontements ethniques entre Berbères et Arabes, ces actes sont depuis le début de l’année 2014 meurtriers, sans que les décideurs algériens n’aient la réactivité de leurs répondre aux moments convenus de leur déclenchement.

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Dans le sud algérien, outre les « Mouzabites », les Terguis (Twaregs) sont aussi des berbères exposés aux violences soutenue par une forme d’idéologie liée souvent à l’islam et à l’arabité.

Ces premières arrestations ont été déclarées par la police et la gendarmerie, en mi-journée de vendredi, après que les derniers assauts contre l’ethnie berbère du m’Zab ont causé plus de 22 morts et une cinquantaine de blessés, dont certains de ces derniers risquent aussi de perdre la vie, au mardi. La police a également déclaré avoir saisi un fusil de chasse, des dizaines de couteaux et de cocktails Molotov au cours d’une rafle dans cette province méridionale de Ghardaïa.

Selon une source policière, 27 personnes avaient été arrêtées jeudi « pour avoir nui à l’ordre public, la sécurité et les biens des citoyens. » Puis, c’est autour de la télévision d’Etat, citant la gendarmerie, qui a déclaré que 11 autres personnes ont été appréhendées, portant le total à 38.

Avec ces arrestations : ni les identités et ni « qui a fait quoi ? »

Auparavant, les médias locaux ont rapporté que des hommes armés masqués ont causé plusieurs morts et déclenché nombreux incendies criminels, dans des attaques dans la ville de Guerara, depuis mardi soir et qui ont continué jusqu’aux premières heures de mercredi.

Guerara est, dans la vallée du M’zab, un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce qui devait en principe être protégé comme ensemble d’édifices et espaces territoriaux culturels. Et dans ce cadre de la sécurité des habitants qui ont élevé et aggloméré ces infrastructures de haute valeur touristique, est primordiale.

Situé sur le bord nord du désert du Sahara, Guerara était depuis décembre 2013 attaqué, quand les premières tensions entre Arabes et Mozabites Berbères ont éclaté. Mais l’indifférence des autorités montraient bien les conditions pour que durent les violences dont les victimes sont très souvent les ressortissants mozabites. Comme il paraît aussi et maintenant que les arrestations sont aussi de seul côté !

Les responsables de haut niveau dans l’impuissance d’agir, c’est grave...

Après des mois de pourrissement, les premières armes à feu ont, avec le temps et finalement, été utilisées contre les mêmes victimes dans des affrontements entre les membres des deux communautés. Le "distinguo" doit être fait entre les délinquants et les citoyens honnêtes en pareilles circonstances, mais le laxisme et l’absence des élus sont l’expression de l’Etat et de la république.

Il a fallu donc des décès en nombre et des années de conflits confus, pour que le président Abdelaziz Bouteflika soit incité à donner l’ordre à l’armée de se déplacer à Ghardaia pour rétablir l’ordre. Or, la présence des forces de l’Etat, notamment police et gendarmerie existait. Ces institutions étaient déjà là, maintenant elles devaient être questionnées pour leur absence.

... Mais quand ils font semblant de soulager les citoyens, c’est dangereux dans le contexte des clivages ethniques et régionaux.

Dans l’incapacité de s’exprimer ou de se déplacer, le chef de l’Etat a été relayé par le premier ministre. Ce dernier a visité cette province jeudi, pour affirmer, après des dégâts qui avaient des prémices bien reconnus depuis des années. Mais avec du retard, le gouvernement était déterminé à prendre des mesures «  appropriées et fermes  ». Mr. Sellal a précisé qu’à l’armée avait été donné «  tous les pouvoirs nécessaires pour rétablir l’ordre  ».

Les familles des victimes attendent toujours aujourd’hui pour les autorités de remettre les restes de leurs proches pour les enterrements. Les corps sont les morgues des structures médicales publiques où des experts légistes procèdent à des autopsies.

Les Berbères mozabites sont des adeptes de la foi ibadite, une forme austère de l’islam qui est antérieure à la scission entre sunnites et chiites. Les Arabes Chaamba, comme la majorité des Algériens, sont sunnites.

#ALGÉRIE - Premières images amateur de #Ghardaïa après des violences communautaires. Très lourd bilan

Posted by FRANCE 24 on mercredi 8 juillet 2015

http://www.liberte-algerie.com/actualite/quand-ladministration-attise-le-feu-227078

Posted by ‎Ghardaïa - غرداية‎ on mardi 9 juin 2015

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