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En Algérie l’athéisme de Boudjedra offusque l’adoration débauchée

Décryptage d’une ignorance de la vie publique d’un monument de la littérature.

mercredi 3 juin 2015
par Damien Djamel Bouch’Raf


La découverte par la jeune génération d’Algériens de l’athéisme de Rachid Boudjedra dénote l’ignorance de la réalité, voire de la vie publique, de leur pays. D’ailleurs en littérature, comme dans la communication médiatique, malgré l’expansion de l’alphabétisation et la multiplication des moyens d’échange des idées, la qualité comme le niveau sont à la baisse, proportionnellement au nombre des personnes ayant prétendument acquis une éducation.

Voir en ligne : Notre dossier : Algérie

Rachid Boudjedra sera ce soir, mardi 2 juin 2015, sur Echourouk-TV, une chaîne qui s’offre une pub sur les réseaux sociaux du Net grâce au partage de cette séquence :

لا إله إلا الله ..محمد رسول اللهلا حول ولا قوة إلا بالله ماالذي يحدث في الجزائربالفيديو ..الكاتب والروائي رشيد بوجدرة لا يعترف بالله ولا برسوله الكريم ولا باسلام دينا

Posted by Zinou Kds on lundi 1 juin 2015

Voici le dialogue de l’intellectuel mûr.

L’auteur du roman symbole "L’escargot entêté", le roman algérien le plus lu dans le Monde et devenu de part son âge un classique, n’a jamais caché cet opinion qui reproduit les idées de tant d’autres éminentes personnalités locales qui ont publiquement affiché cette conviction. Communiste depuis son retour des maquis de la libération nationale où il a été blessé, l’ancien officier de l’ALN et représentant du FLN auprès de nombreux de l’Est européen et en Espagne avant 1962, est aussi le doyen des écrivains algériens.

Nos articles sur deux des derniers romans de Rachid Boudjedra
- « Printemps » de Rachid Boudjedra : la classe moyenne se révolte.
- Les figuiers de Barbarie de Rachid Boudjedra, complainte subversive pour que le capital mémoire serve l’espoir.

Le sexagénaire Boudjedra est le précurseur de la parution romanesque après l’indépendance. Aussi le premier écrivain algérien à traiter de sujets au réalisme ancré dans la quotidienneté de postindépendance, contrairement à ses prédécesseurs ayant généralement traité de la tâche historique de la guerre libératrice.

Parmi les qualités de ce personnage hors du commun, il table sur le bilinguisme pour atteindre un plus large public. Ce mode d’usage tantôt de la langue arabe tantôt du français intéresse nombreux romanciers alégriens confrontés à la dichotomie, séparant francophones et arabophones et qui frappe la société algérienne, la livre à une confrontation idéologique non déclarée par ses tenants.

A l’ère actuelle des chaînes TV Echourouk et Ennahar, maudites par nombreux intellectuels du pays, le fracas entendu de l’auteur Boudjedra l’athée élucide grandement la perdition de la diversité et du recul des libertés de conscience. Cette ignorance, de ce monument âgé de 74 ans, à l’œuvre palpitante avec de moult tabous dégoupillés telles des bombes, n’étonne pas.

Rachid Boudjedra est l’unique écrivain algérien qui vit de sa production littéraire et artistique.

Certains déficients, d’ailleurs plus pléthoriques que les éclairés, de la vérité des intellectuels algériens les plus conséquents, ont cette fois une vieille histoire à les offusquer. Ayant subi la vilénie de la culture qui a tant dévasté, des legs de Kateb Yacine, le communiste impénitent ou bien de Maâtoub Louanes pour ne citer que ceux qui, publiquement, se sont enregistrés dans ce choix, une flopée des concitoyens, de cet prolifique romancier, se sermonnent publiquement d’un effet haineux de leur...

La pratique récente de l’islam en Algérie s’est portée à semer une cruauté qui reste unique dans l’Histoire contemporaine de l’Humanité. Le massacre de nombreuses élites par l’islam galvaudé à longueur de journée et à travers des dizaines de canaux et de décibels appelant à la soumission aux faux dévots, tient à de tels artifices : un romancier qui ne croit pas en Dieu ! Pourtant ce n’est guère une primautés, qu’un Algérien, et parmi les éminences, soit athée.

Rachid Boudjedra n’a jamais caché son athéisme et ce précocement, dès la couverture de la souveraineté nationale. Pendant toutes les décennies où il officiait sur les plateaux médiatiques, les forums et discussions, il a toujours affiché cette incroyance. Mais ce n’est qu’en 2015 que se revigorent les nouveaux démons, quand le pays est livré à des Fetwas d’ignorants et de charlatans, planchant à faire de l’islam, la religion dominante dans les pires violences que connait l’humanité.

Les TV privées algériennes, toutes d’expression arabe, s’adonnent au matraquage faisant, de fausses valeurs cultuelles, l’égard à un obscurantisme qui a démontré sa puissance de frappe et ce depuis des décennies. La jeunesse algérienne qui leur est offerte à endoctriner, pense que la religion les sauverait, or c’est bien le contraire, avec les spécificités de l’islamo-terrorisme algérien, qui se vérifie...

Avec El-Kabbach, un journaliste originaire (ou ressortissant) d’Algérie. Son passage dans BIBLIOTHEQUE MEDECIS, est une perle de révélations.

Œuvres

- Pour ne plus rêver, poèmes, dessins de Mohammed Khadda, Éditions Nationales Algériennes, 1965 ; SNED, 1981.
- La Répudiation, Denoël (Lettres nouvelles), 1969 (ISBN 220728008X) ; Gallimard Folio, 1981 (ISBN 2070373266), avec une couverture de Benanteur.
- La Vie quotidienne en Algérie, Hachette, 1971.
- Naissance du cinéma algérien, Maspero, 1971.
- Journal Palestinien, Hachette, 1972.
- L’Insolation, Denoël, 1972 ; Gallimard Folio, 1987.
- Topographie idéale pour une agression caractérisée, Denoël, 1975 ; Gallimard Folio, 1986.
- L’Escargot entêté, Denoël, 1977.
- Les 1001 Années de la nostalgie, Denoël, 1979 ; Gallimard Folio, 1988.
- Le Vainqueur de coupe, Denoël, 1981 ; Gallimard Folio, 1989.
- Extinction de voix, poèmes, SNED, 1981.
- Le Démantèlement, Denoël, 1982.
- La Macération, traduit en français par Antoine Moussali en collaboration avec l’auteur, Denoël, 1984.
- Greffe, poèmes, traduit en français par Antoine Moussali en collaboration avec l’auteur, Denoël, 1984.
- La Pluie, traduit en français par Antoine Moussali en collaboration avec l’auteur, Denoël, 1987.
- La Prise de Gibraltar, traduit en français par Antoine Moussali en collaboration avec l’auteur, Denoël, 1987.
- Le Désordre des choses, Denoël, 1991. Traduction en français par Antoine Moussali en collaboration avec l’auteur de la version originale en arabe, Faoudha al achia (éd. Bouchène, 1990).
- Fis de la haine, Denoël, 1992 (ISBN 2207239594) ; Gallimard Folio, 1994.
- Timimoun, Denoël, 1994 ; Gallimard Folio, 1985.
- Mines de rien, théâtre, Denoël, 1995.
- Lettres algériennes, Grasset, 1995 ; Le Livre de Poche, 1997 (ISBN 225314178X).
- Peindre l’Orient, Éd. Zulma, 1996.
- La Vie à l’endroit, Grasset, 1997 ; Le Livre de poche 1999.
- Fascination, Grasset, 2000 ; Le Livre de poche 2002.
- Cinq Fragments du désert, Barzakh, 2001 ; Éd. de l’Aube, 2002.
- Les Funérailles, Grasset, 2003.
- Hôtel Saint Georges, Éd. Dar El-Gharb, 2007.
- Les Figuiers de Barbarie, Grasset, 2010 (ISBN 9782246705116).
- Printemps, Grasset, 2014 (ISBN 978-2-246-80692-9).

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