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Course aux armements au Moyen-Orient pour des conflits voués pour durer



Les marchands d’armes sont aussi acteurs fondamentaux des géostratégies


mercredi 6 mai 2015
par Azouz Benhocine


Le président français est celui qui s’est le plus félicité, avec tous les membres de l’exécutif et de la majorité socialiste, de la vente d’avions de guerre aux pays du Moyen-Orient. Il a même effectué un déplacement pour consolider ces transactions. Mais dans une course effrénée aux armements, plusieurs fournisseurs occidentaux ont déjà eu des contrats juteux…

Certains des acquéreurs d’armements de la région du Moyen-Orient, s’équipent de moyens de guerre au détriment même des programmes de développement. Ces achats montrent que dans l’avenir, les conflits, déjà en cours, seront encore plus dévastateurs. Les populations, qui n’ont aucun rapport avec les décision des politiciens, souffriront davantage de cette course aux armements. Alors que les vendeurs d’armes sont parties prenantes dans les géostratégies qu’ils aiguillonnent.

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Les experts et observateurs expriment lors de ces marchés leurs craintes pour la multiplication des conflits dans une région déjà minée par des clivages de tous ordres et natures. Si des confrontations sont déjà en pleine activité et rarement des négociations arrivent à les arrêter, les fournisseurs d’arsenaux sont aussi des parties prenantes dans ces guerres.

Selon le New York Times, les représentants de l’industrie de l’armement, l’un des plus puissants lobby des USA, ont notifié au Congrès qu’ils attendent des demandes supplémentaires des Etats arabes qui combattent Isis. Arabie saoudite, Émirats arabes unis, le Qatar, Bahreïn, Jordanie et Egypte ont déjà formulé des commandes pour des milliers de nouvelles armes de fabrication américaine, dont des missiles et des bombes, pour reconstruire leurs stocks épuisés d’armes.

Les médias ont révélé la reprise des accords sur la vente de missiles de la Russie à l’Iran, freinés depuis 2010. La vente de ces S-300 est certainement de nature à accélérer la prolifération des armements. Les équipements les plus achetés sont des avions de chasse, des missiles, des véhicules blindés, des drones et des hélicoptères, de quoi imaginer que ce sont aussi les plus dévastateurs, faute d’usage de bombes atomiques.

Les acheteurs potentiels que sont l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis , l’Algérie, l’Egypte et l’Irak, ont déjà eu des dépenses déjà fixées au préalable à 18 milliards, au mois d’avril 2015. Alors que pour toute l’année précédente, seuls 12 ont été pour ces frais.

L’Irak mis en état de ruines, ne songe pas encore à se reconstruire. Ce pays cherche à coups de milliards de dollars auprès de Washington des armes pour combattre l’islamo-terrorisme du Daesh. Les Etats-Unis sont devenus, par la force des choses, son tuteur du fait de l’intervention de 2002. Le gouvernement irakien obtient, donc facilement et avec un paiement différé, des arsenaux pour la bataille contre l’État islamique (Isis).

La France, a eu une ambiance d’euphorie quand un progrès a été enregistré dans les pourparlers de vente des avions de combat Rafale aux Emirats Arabes Unis, l’un des plus grands et plus agressifs acheteurs d’armes du Moyen-Orient. Au Moyen-Orient, à l’exception de l’armée irakienne qui est encore incapable de se défendre et de protéger ses moyens, les autres sont maintenant mieux préparées à utiliser les armes qu’ils achètent.

Avec les conflits qui font rage en Syrie, en Irak, en Libye et au Yémen, ces transactions augurent que les solutions politiques et la stabilité s’éloignent. Seule l’Egypte, ou bien l’Algérie, luttant contre les extrémistes islamistes, sort du contexte des guerres régionales qui sont d’une ampleur à ne laisser aucune place aux solutions.

La Russie qui s’apprête à augmenter ses ventes d’armes au plus grand rival des Etats du Golfe, l’Iran, agace plus les monarchies arabes que les pays occidentaux. Ce qui soulève des craintes que les tensions seront encore excitées pour arriver au point de non-retour de guerre.

En particulier quand l’Arabie saoudite et l’Iran se font face dans le conflit au Yémen où, malgré l’annonce par Riyad mardi qu’il avait arrêté sa campagne d’un mois bombardements, les avions ont continué à frapper les positions Houthi proches de la capitale Sanaa, autour de la troisième ville de Taez et dans la ville centrale de Yarim.

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