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Législatives algériennes : le marché des candidatures…



… Explique déjà la représentativité du peuple et les résultats attendus du 10 mai.


vendredi 30 mars 2012
par Azouz Benhocine


Le 10 mai prochain les Algériens éliront leurs députés dont le nombre de sièges augmente. De 389 il passe à 462. Une opération administrative qui se répète pour introniser, voire consolider, un système recomposant ses cases (castes pour dire vrai) où ses effectifs et ses sbires, corrompus et autoritaires, se redéployent au grès des conjonctures.

Notons d’emblée que les boycotteurs sont inaudibles. C’est la ruée des opportunistes, des escrocs et des "capos" de la mafia "politico-financière"... La ruée vers l’or !


Voir en ligne : Notre DOSSIER : ALGERIE

Bouteflika jette l’éponge. Son régime qui a volé un 3ème mandat à la constitution algérienne en la falsifiant, raccroche et remet le tablier. Le régionalisme, le clanisme, la corruption et toutes les prédations, sont devant l’explosion.

La manière avec laquelle les préparatifs, des élections législatives dont la campagne commence le 10 avril, se déroulent, dénotent l’ampleur de la corruption dans le pays. Ainsi est la preuve du lien étroit, de cette dernière avec les politicards qui noyautent les institutions.

Les crises incessantes qui ont accompagné les 50 années d’indépendance, ont clivé l’essor économique du pays et bloqué l’émergence d’une république harmonieuse. La jeunesse rêve de partir... quand tous les citoyens vivent journellement, les comportements des politiciens qui sèment sans relâche les désespérances.

Le meilleur débat télévisé de 2012 en Algérie

En effet les parrainages des candidatures sont monnayés par les cercles maffieux ayant leurs poulains, aux dents longues et aux ventres sans continence, à placer dans les sièges des assemblées locales et plus vigoureusement au sein de l’assemblée nationale, à pourvoir avec ce vote. Ils se revendiquent en partis politiques et notamment les premières forces du pays. Le printemps Arabe est devant les portes du palais !

17 nouveaux partis récemment légalisés par le ministère de l’Intérieur. Le FFS, l’un des anciens partis du pays prend part en présentant des candidats, après boycotté en 2002 et 2007. A l’étonnement de tous, la participation de ce parti qui a toujours été montré comme une « zaouia » (lieu où se domicilie le chef marabout), a créé une lecture : l’alliance des nationalistes qui se considèrent tuteurs du peuple. Aït-Ahmed et Bouteflika se sont cooptés, selon certaines sources avisées des méandres... du palais !

Des citoyens tentent de mettre la lumière sur ces comportements indignes de toute morale en rapport avec la représentativité du peuple. Avec l’outil d’Internet et sur la plateforme « ushahidi », un groupe de surveillance a été lancé et mis en ligne. Portant le nom de « Nahrag », il lie et évoque deux thèmes propres à l’Algérie. Le premier, celui des clandestins quittant le pays. Mais surtout le second, le mot « Nahrag » est largement utilisé pour : la dénonciation.

Au sein du parti FLN, le clanisme joue le plein pour sa survie. L’heure est au clientélisme le plus abjecte. On soutient tel candidat pour qu’il soit en tête de liste, de manière à ce qu’il assure plus tard les logements, les lots de terrains et autres privilèges comme les postes de travail à ses courtiers. La caste qui squatte le symbole libérateur « FLN » et se porte en tutrice éternelle du peuple, place les hommes, plus que les femmes, de manière à ce que ses cercles demeurent influents et dominants. Au RND ce sont les mêmes procédés qui se reproduisent, avec l’ancrage bureaucratique qui égalise désormais avec la légitimité historique.

Les islamistes, quant à eux, pactisent secrètement dans les mosquées. Et là le commerce est halal, comme la vente des sièges. Les autres obédiences modernistes se font liguer à la population qui redoute que les barbus du fanatisme s’emparent du pouvoir. Mais les deux tendances utilisent cependant la bourse des parrainages, où les marchandages se font à ciel ouvert. Quelle assemblée en sortira ? En effet une corruption à ciel ouvert s’est installée pendant les premiers préparatifs. Elle explique l’esprit délétère avec lequel se pratique la politique et s’exercent l’ensemble des activités.

Un marché des candidatures a pris forme au sein du FNA (Front National Algérien) et du MSP (Mouvement de la Société pour la Paix). Le premier parti qui a surpris lors des dernières législatives, en se plaçant comme troisième selon le nombre de siège, avec 13 députés à l’APN. Il est l’image idyllique du cercle des opportunistes et des populistes les plus médiocres. Et le second est islamiste.

Dans l’ensemble des partis, on ne lésine pas devant rien. Particulièrement ces deux formations FNA et MSP, les tarifs sont institués et l’argent doit être remis à la direction du parti en monnaie sonnante et trébuchante. Les places sur les listes des candidatures sont échangées, offertes par les responsables des partis aux ambitieux, entre 100 et 500 millions de centimes. Ces prix varient selon une fluctuation liée à la géographie, l’importance de la Wilaya (département) et le nombre de sièges à pourvoir.

Un document interne du parti FNA, fixe les modalités de payement pour acheter un ticket d’entrée au parlement. L’argent sert surtout au financement de la campagne du chef du parti, un certain Moussa Touati. Le document réussit à fixer les tarifs applicables pour chaque wilaya…

Nous reviendrons, car les affaires ne font que commencer…