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KOWEÏT : la révolte des Bidouns...

Des sous-citoyens, comme dans toutes les monarchies du Golf arabique, se révoltent...

vendredi 2 mars 2012
par Azouz Benhocine


Les unes des médias laissent certains pays absents de ce qui est le printemps arabe. Les contestations dans ces derniers, pour une citoyenneté démocratisée, que mènent les peuples sont comme silencieuses, au regard de l’absence d’une couverture médiatique. Notamment quand des catégories brimées lèvent la voix.

C’est le cas du Koweït où une partie de la population n’a même pas le droit aux pièces d’identité. Des oubliés du Printemps Arabe qui espèrent, car ils continuent encore de manifester...

Il s’agit des apatrides (appelés bidoon en anglais, bidun ou bidoune en français), qui sont 120 000 âmes sur une population d’un peu plus de 2 millions et demi. Les "bidouns" sont l’équivalent DES SANS-PAPIERS...

Contrairement à la vision globaliste faite d’ailleurs à l’ensemble du monde arabe, la pluralité ethnique n’est pas rares que comme elle est présentée. Quelques 10% de la population koweïtienne n’est pas musulmane, faite de chrétiens et d’hindous.

Les « bidouns » se battent depuis le début du Printemps arabe pour se faire entendre, avec nombreux férus du Web qui dans le monde font de l’e-indignation ou e-révolution. 2011 a été une année difficile pour la liberté d’expression au Koweït, et celle en ligne (via le Web) n’a pas échappé à la répression. Dès avril, trois internautes ont été arrêtés et sanctionnés à des peines de prison. Nombreux autres ont été jugés et condamnés, lors des mois suivants et ça continue à ce jour.

Traces de balles en caoutchouc sur un manifestant des "Bidouns" apatrides

Les atrocités commises par les clans dominants, n’ont épargné aucune voix sortant du climat fermé à toute expression. Des brimades sont subies sans répit par l’ensemble du peuple, mais ce sont les Bidouns qui le plus lésés. La lutte de ces déshérités de la moindre existence dans le cadre administratif gérant la citoyenneté, est toute simple. Pour leur droit aux pièces d’identité, à l’éducation, à la santé, au travail et, le plus important, à la naturalisation… ils se révoltent.

S’imaginer donc de vivre sans certificats de naissance, de décès, de mariage et de divorce, pour cette frange non-négligeable de la population, vaut plus qu’une révolution. Ceci vaut aussi pour le permis de conduire, la carte d’identité et le passeport. Les Bidounes n’ont pas accès à l’éducation, aux soins médicaux et à de quelconques emplois et sont cependant contraints de subir de graves discriminations de la part de la police nationale...

Leurs premières manifestations datent de février et de mars 2011. Violences policières et arrestations, leur ont répliqué sans aucun regard de la communauté internationale tant des médias que des politiques. Certes la Tunisie, l’Egypte et la Libye étaient aux premières loges des intéressements. Mais les Bidouns n’ont pas cessé leurs revendications.

En décembre 2011, plusieurs d’hommes parmi les insurgés ont été emprisonnés. Suite à la manifestation qui a eu lieu le vendredi 16 décembre à laquelle ont participé d’autres nombreux autres koweïtiens. Elle a eu lieu devant le parlement et les services de l’ordre ont bloqué la place Erada, en demandant des pièces d’identité aux passants. Arrestations par dizaines, manifestants matraqués, gazés et traités "TAS DE MERDE". Les journalistes locaux Anouar Al-Fikr du journal Al-Rai a été arrêté et Mohammed Al-Sharhan du journal Al-Jarida blessé. De même que le militant Faris Al-Balhan a été blessé et arrêté.