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La CIA exfiltre le geôlier de la prison Khiyam du sud-Liban.



Amer Al-Fakhouri relaxé grâce à Trump, profite pour partir.


vendredi 20 mars 2020
par Hugo Mastréo


Ecouter l’article. De toutes les milices qui jalonnent le stupéfiant paysage paramilitaire du Liban, la milice "ALS" est celle avec laquelle l’Etat hébreu voisin, trouve un bras armé totalement à son service. Fondée en 1976 par des membres de l’armée libanaise basée dans les villes de Marjayoun et Qlayaa, ce groupuscule, malgré le peu de personnel, se tient parallèlement à l’armée officielle. Ce qui est le cas chiite du Hizbollah et d’autres factions qui ressurgissent en cas de conflit.

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Dans la matinée du 19 mars, le bourreau Amer Elias Al-Fakhouri s’évade du pays du cèdre, alors que la justice poursuit son travail. Après avoir prononcé son acquittement, qui est soumis à des recours, il a encore à ses trousses pour crimes et trahison, les instances judiciaires du pays. Dans une opération de barbouze fomentée par la CIA, il a réussi à échapper.

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Il avait été condamné par contumace à 15 ans de prison en 1996, pour acte de trahison qui est collaboration avec Israël. Et ils sont environ une centaine de libanais sous cette accusation. Le fait pose la question de la souveraineté nationale libanaise et de l’ingérence quasi hégémonique des Etats-Unis dans cette région du Monde.

Il était poursuivi pour assassinats, acte de torture et trahison. Certains protagonistes acolytes dans la mise en place de cette prison ont été pardonnés, notamment ceux récupérés par le Hizbollah. Mais d’autres ont choisi l’évasion à l’étranger, du fait de leur grave implication. Lui avait déjà la nationalité israélienne et un passeport grâce auquel il est parti aux Etats-Unis.

Le jour même, Trump annonça sa relaxation, alors qu’un procureur du tribunal libanais dénonça cette libération, avec l’émission d’un recours. Mais les choses se sont précipitées. La sénatrice américaine, Jeanne Shaheen, avait déjà précédemment confirmé sa sortie du territoire libanais, en dépit d’une procédure lancée et l’ordre de l’exfiltrer tenait son chemin.

Ancien chef militaire de la milice libanaise pro-israélienne de l’Armée du Liban-Sud « ALS », il était en charge de la tristement célèbre prison de Khiyam, opérationnelle de 1984 à 2000, durant l’occupation israélienne de la bande frontalière. Il était reconnu, à partir même de ses aveux, comme un agent israélien. Notons que toutes les milices et organisations ont eu aussi des lieux de détention.

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Arrêté en septembre 2019 alors qu’il était de retour dans la terre de ses ancêtres, il est aussi américain, nationalité dont le passeport lui a été confisqué. Sa présence avait aussi a suscité l’indignation. Et il a reconnu, lors de son interrogatoire conduit par la Sûreté générale, avoir collaboré avec Israël.

Il avait quitté le pays, peu avant le retrait de Tsahal du territoire libanais après l’affreuse guerre de dévastation menée soi-disant contre le Hizbollah, en l’an 2000. Il se serait rendu aux Etats-Unis où il aurait obtenu la green card. Les autorités israéliennes avaient ainsi transformé en une prison clandestine et un centre de torture en 1984, une ancienne caserne de l’Armée Libanaise.

Dans l’établissement pénitencier qu’il dirigeait, plus de 5000 personnes auraient alors été emprisonnées sous son commandement, d’après diverses libanaises. Nombreuse seraient mortes en détention. Israël a nié son implication pour l’existence et la gestion de cette prison, alors que des témoignages d’anciens détenus disent avoir aperçu des officiers et fonctionnaires israéliens.

En famille aux Etats-Unis.

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