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La loi des hydrocarbures en Algérie tourne le dos aux énergies renouvelables.



La rente continue d’alimenter l’illusion de stabilité, faute d’émergence.


jeudi 28 novembre 2019
par Damien Djamel Bouch’Raf


Ecouter l’article. L’affirmation du ministre des Finances, Mohamed Loukal, devant le Conseil de la nation que l’amendement du projet de loi organique relative aux lois de finances encourage l’investissement étranger et augmente la production des hydrocarbures, confirme le manque de ma^trise des prévisions officiels en Algérie. Encore une couche étalée sur la sinuosité d’une situation déjà malsaine, sur le plan des circonstances à plusieurs facettes qui refusent l’aplomb économique.

Voir en ligne : Notre dossier ALGÉRIE

La rente algérienne puise sa sève d’un seul créneau, celui des hydrocarbures. Alors qu’une tendance mondiale, défavorable aux énergies fossiles, fait une crise économique en Algérie, les bureaucrates et les élus d’une criardes incompétence persistent. Le contexte politique actuel rend le débat plus éloquent, voire pertinent.

Une fuite de la réalité que les nouvelles exigences du marché sont toutes les démarches actuelles. Le pays a déjà épuisé 60% de ses réserves de pétrole. Par ailleurs sa consommation interne fait chaque année un bon de 7%. Cette combinaison est de plus en plus dangereuse. Elle pourrait entraîner plus de difficultés pour tenir les engagements en matière d’exploitation, avec ces chiffres officiels.

- Notre dernier article sur le sujet de l’énergie en Algérie. Le gaz algérien perd son embellie sur le marché européen. 24 novembre 2019

En 2011, quand éclata le « printemps arabe », les réserves 178 milliards d’euros, la monnaie européenne pèse plus que le dollar. Ce qui a permis de maintenir les subventions et préserver la paix interne. En 2018, un an avant le déclenchement de la révolte populaire qui a facilité l’arrêt du règne de Bouteflika, cette caisse a été réduite à bien moins de la moitié. Et les perspectives de reprise du marché pétrolier, selon nombreux experts y compris algériens, sont noires.

Les élites qui décident et légifèrent continuent de croire à un désuet intérêt dans les dividendes des partenariats, quand le gaz algérien perd du terrain dans son principal marché européen. L’orientation obsolète qui a poussé à la décadence et a donné la fausse impression qu’il n’y aura jamais de ruine de l’or noir, s’épuise aussi.

Le pays est plongé dans l’illusion que les acteurs politiques n’ont compris la complexité. Voire qu’ils sont déjà contestés dans la rue, depuis février 2019, dès lors que ces politicards aveuglés n’admettent pas les penchants de l’humanité, acculée par les nouvelles générations. Elles sont révoltées pour les questions d’urgence climatique.

La nouvelle loi, sur les hydrocarbures en Algérie, vise le marché du pétrole et du gaz contre même les nouvelles de la jeunesse et des manifestants bien décidées de divorcer avec les anciennes considérations rentières. La malédiction du pétrole, comme l’a dit par un bouquin l’ancien DG de SONATRACH Hocine Malti, persiste.

- Les spéculations pétrolières persistent et les nouvelles énergies attirent les investissements vendredi 28 septembre 2018

Ce qui fait la controverse dans cet entêtement, c’est l’opposition vaine aux énergies renouvelables qui recèle un espoir de ne plus compter encore sur le pétrole, dans le pays où le mouvement de protestation réclame de vrais changements politiques, économiques et sociaux. La nouvelle de la loi sur l’énergie n’a été que superficiellement comprise, d’après même un article de l’APS (lire ICI).

Elle comprend des exonérations fiscales, telle que la TVA, pour les entreprises qui investissent dans des activités en amont (phase de recherche, d’exploration et de forage). Elle s’étale à, l’activité professionnelle, aux droits de douane et taxes sur les importations de matériaux et d’équipements destinés à ces solutions.

Inutilement, la règle dite de 51/49 % est conservée dans la nouvelle loi. Elle confère à l’entreprise publique Sonatrach la possibilité d’invalider la vente ou le transfert d’actifs et d’actions de sociétés étrangères. Ce qui est contradictoire, quand elle simplifie les procédures fiscales et même l’implication de différentes administrations.

Participer à notre mini-sondage de moins d’une minute. Anonyme on peut exprimer, sans obligation, son opinion.

Sa question unique est : Qui après Bouteflika ?

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