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+ 20 % à la pêche du Thon rouge du Nord jusqu’en 2017.



Une richesse à peine renouvelée, devant sa réduction


mercredi 19 novembre 2014
par Gros Emile


L’augmentation des quotas de pêche du thon rouge de l’Atlantique est repartie à la hausse, depuis le 17 novembre. Cette espèce (Thunnus thynnus), appelée aussi le thon rouge du Nord, connaît une reprise de ses stocks, alors qu’elle était considérée de menacée par la surpêche.

Les limitations drastiques qui bloquaient les quotas, ont obtenu un soulagement à la grande joie des pêcheurs. Mais la contestation est montée côté ONG et associations de protection de la Nature, notamment des mers et océans. Le Japon a été poursuivi en justice pour pêche illégale par l’Australie, alors que le fléau de l’illégalité touche des millions d’embarcations de navigation...

Les populations de thon rouge de l’Atlantique (Thunnus thynnus) vivent dans l’Atlantique sur une vaste plage de latitudes, ainsi qu’en Méditerranée. © Ifremer

Lors de la 19ème réunion extraordinaire de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (Cicta, ou encore Iccat, de son acronyme en anglais) réunie à Gênes, en Italie entre le 15 et le 17 novembre, avec des représentants de 47 pays plus l’Union européenne, en a décidé de cette augmentation.

Depuis la création de l’institution internationale de régulation en 2006, des mesures ont commencé à se décider, par tous les pêcheurs du grand thon rouge de l’Atlantique, vivant dans cet océan ainsi qu’en Méditerranée. C’est à partir de 2007 que les contrôles collaboratifs entre les partenaires de cette industrie, ont été mis en place…

En 2011-2012, les prises étaient de 12.900 tonnes par an pour l’Atlantique est et la Méditerranée, et de 1.750 t pour l’Atlantique ouest. L’étau s’est desserré, au bénéfice des pêcheurs pour 2013-2014 par une petite augmentation, avec 13.500 tonnes cette année, à l’est de l’Atlantique et en Méditerranée.

Puis du barème fixé de 2014 (13.500 tonnes), chiffre jamais dépassé depuis 2009, le plafond des prélèvements autorisés sera rallongé à 23.155 tonnes dans trois ans, ce qui en cumulé revient à plus de 70 % de hausse. Les stocks de thon rouge, constatent les scientifiques, se sont en partie reconstitués dans ces deux dernières régions, d’Atlantique et de Méditerranée.

L’économie du massacre écologique, sous le suivi scientifique.

L’instance de régulation opère selon des négociations, elle a décidé de cette hausse annuelle de 20 % par an des quotas de pêche autorisés de 2015 à 2017. En matière de répartition nouvelle, l’Algérie, à titre d’exemple, aura son quota de thon rouge plus que doublé d’ici 2017.

De 243 tonnes actuellement, le bon la ramène à 543 tonnes en 2017, d’après Kamel Naghli chef de la délégation algérienne à la réunion spéciale 19ème de la Commission internationale. Elles seront en évolution avec 370 tonnes en 2015 et 460 tonnes en 2016. Il convient de souligner que ce quota a été difficile d’obtenir, sans des négociations serrées !

Un suivi scientifique régulier des stocks est suivi sans interruption, piloté par un comité de scientifiques, est habilité de se prononcer sur les années à venir. L’intention de maintenir un quota immédiatement au-dessous du niveau des estimations, sont les seules et les plus prudentes mesures, pour la sauvegarde de l’espèce et de son environnement économique.

Des ONG ont alerté de cette augmentation, jugée inattendue, prématurée et fortement élevée. En connaissance de cause, le système du quota tient compte des déclarations mais semble nier l’immensité de la pêche illégale, sinon de plaisance...

Dans l’est de l’Atlantique et en Méditerranée, les pêcheurs pourront augmenter leurs prises de 20 % par an durant les trois prochaines années car les stocks sont repartis à la hausse. La pêche illégale, cependant, n’a pas été prise en compte. © Ifremer

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