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LIBYE : LA JUSTICE EN PLEIN TRANSITION

Saif El-Islam, dignitaires et étrangers complices de Kadhafi sur le point de rendre des comptes.

samedi 28 avril 2012
par Azouz Benhocine


Opération d’essai pour la crédibilité du nouveau régime libyen, telle est l’épreuve qui va montrer si la transition dans ce pays maghrébin va développer un Etat démocratique et performant. La justice est le créneau que la population locale, avec l’opinion mondiale, suivent pour constater la démonstration que la Libye, qui vit des déchirements entre tribus et milices, va sur la bonne gouvernance et la stabilité.

Voir en ligne : NOTRE GRAND DOSSIER : Libye & Kadhafi

En effet la justice, est le premier poste à suivre de près dans l’ère post-Kadhafi. Le Conseil national de transition (CNT), qui sera prochainement remplacé par un gouvernement permanent et des institutions élues au cours des prochains mois, est particulièrement soucieux de démontrer l’impartialité du système de justice. A la veille des procès qui jugeront les hauts fonctionnaires et dignitaires de l’ancien régime, y compris Saif El-Islam (qui est aussi exposé à la justice de la CPI "COUR PENALE INTERNATIONALE", qui a été détenu dans Zintan depuis l’année dernière, des sentences et arbitrages se déroulent dans les tribunaux.

Ils sont quelques centaines à croupir dans les prisons libyennes de l’ère post-Kadhafi. Pour avoir été arrêtés par les rebelles que représente le CNT, comme recrus du dictateur déchu dans le but de mater la révolte. Si nombreux ont été les nationaux à avoir été clients et privilégiés du régime. Les étrangers qui vivaient dans diverses régions du pays, doivent justifier leur présence.

Faute de ne pas avoir directement pris une position de soutien aux rebelles, ils sont donc soupçonnés d’avoir été en accointance avec le despote et sa dynastie. Diverses nationalités, dont nombreuses africaines, y sont représentées parmi les détenus. Et certains internés ne cessent de tenter de justifier leur innocence quant à l’accusation d’avoir été mercenaires du dictateur. En vain, leur présence devait être expliquée par un quelconque motif.

Quelques pays se préoccupent de leurs ressortissants, dont l’Ukraine qui a 24 de ses citoyens officiellement détenus en Libye depuis décembre 2011. Toutes les démarches pour les libérer sont restées infructueuses, alors que pour d’autres nationalités aucune information n’a filtré à ce jour. Même les nouvelles autorités libyennes n’ont pas donné d’indications concernant les chiffres et les pays concernés.

Depuis le début d’Avril, un procès se tient à Tripoli au sein d’une juridiction militaire considérée transitoire en attendant que des nouvelles institutions soient créées et soient opérationnelles. La troisième séance de ce jugement a eu lieu le 16 avril, où seuls deux hommes ont été identifiés selon leur nationalité. Considérés russes, ils sont ukrainiens. Trois, de ces derniers, Maxim et Olga Schadrov et Oleg Gerasimov - ont été libérés et renvoyés à Kiev, peu avant le commencement de ce jugement. Deux autres sont considérés de la Biélorussie.

Au total 24 autres prisonniers ukrainiens sont encore accusés par les autorités libyennes d’avoir fourni un soutien technique aux troupes d’élite de Kadhafi. Cependant les diplomates Russes et ukrainiens qui n’ont jamais quitté la Libye, jugent ces accusations inexactes. Plus insistante la position officielle de Kiev (Ukraine) affirme que les Ukrainiens sont emprisonnés à tort. Et qu’ils sont des ingénieurs pétroliers arrivés dans le pays à l’été 2011, ils avaient été arrêtés puis détenus à tort.

La prochaine audience aura lieu le 1er mai, alors que la justice libyenne, encore fragile, n’arrive à déterminer si les personnes en arrestation ont effectivement prise part aux combats et du côté de la dictature. En effet plusieurs points de l’accusation restent obscurs, quant la participation de ces prisonniers aux combats. Rien ne vient étayer les faits qui leur sont reprochés. Le CNT, qui va céder la direction des affaires du pays à des institutions élues, est fixé à l’idée qu’ils ont été des tireurs d’élite placés sur le front.

L’autre question, assez troublante aussi, est comment à la veille de la chute du régime ces étrangers se sont aventurés dans un territoire en guerre ? Pourquoi la Russie et l’Ukraine ont autorisé leurs citoyens à se déplacer en Lybie. L’Ukraine a tenté diplomatiquement d’obtenir la libération de ses ressortissants. Ayant même sollicité l’aide de la France, l’Italie et l’Egypte, sans résultats.