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Jarabulus, la fausse bataille turque contre #ISIS ou IE (Etat Islamique).



Ankara continue son indésirable soutien au terrorisme islamiste


jeudi 25 août 2016
par Azouz Benhocine


Contrairement à ce qui est amplement diffusé, aucun combat n’a eu lieu le mercredi 23 août à Jarabulus, la petite bourgade située à l’ouest de l’Euphrate et au nord de la Syrie. Encore une fois, le régime islamo-conservateur d’Ankara, allié stratégique du terrorisme qui sévit aussi bien en Irak qu’en Syrie, a frappé un coup médiatique largement relayé par les organes corporatifs et hégémoniques dans l’opinion mondiale. Comme il a porté un cuisant blocage des forces démocratiques réellement présentes sur le front de la guerre contre #ISIS en Syrie, que conduisent les kurdes avec les FDS, dont nous avons présentés leur importante utilité dans cet article.

L’incursion des tanks turcs a plus servi à sauver l’EI (Etat Islamique) que de l’attaquer. Lequel était vraiment sur le point d’être vaincu par l’alliance FDS. Vraisemblablement aucun coup de feu ou obus n’a été tiré et pas la moindre résistance, alors que les médias corporatifs affidés aux pays occidentaux disent que les soldats d’Ankara ont battu les terroristes du Daesh.

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Ville de quelques 12 000 habitants, située à la frontière Turque, Jarabulus est chef-lieu d’un canton du gouvernorat d’Alep. En 2011 à l’orée du déclenchement de la révolte contre le régime du baâth, un collectif de jeunes armés et équipés par le Qatar et l’Arabie Saoudite, via la frontière turque qui se situe à 2 km, s’est déclaré prenant part à l’insurrection. L’armée régulière a tenté de chasser ce groupe d’insurgés, mais le 20 juillet 2012, elle fut complètement battue.

A la fin de la même année, les islamistes de la région ont contraint ces jeunes rebelles d’être du Front Al-Nosra en massacrant les récalcitrants, dont nombreux kurdes qui ont rejoint dans leur fuite les forces du PYD (Partiya Yekîtiya Demokrat = Parti de l’union démocratique). Ce dernier, non reconnu en Syrie même après la nouvelle constitution de 2012, est considéré affilié au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Sa branche armée est connue sous le nom d’Unités de protection du peuple, qui mène la vie dure aux éléments terroristes sévissant dans la région à cheval entre l’Irak et la Syrie.


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Puis en 2013, l’adhésion massive à l’État islamique (EI) a continué l’évolution du contrôle auquel était soumis Jarabulus, avec principalement la cristallisation des forces de frappe en Syrie et en Irak dans le sillage et suite à l’annonce du premier Etat terroriste. La proclamation de « région fédérale » le 17 mars 2016 par le PYD cherchant à unifier le territoire, d’Afrine en le joignant au gouvernorat d’Hassaké à majorité kurde. (Voir carte en fin de ce sujet)

La dernière opération turque à Jarabulus cible principalement les forces kurdes, qui ont récemment saisi Manbij, à environ 20 miles (quelques 33 km) au sud. Nous avons publié sur Populi-Scoop un récent article sur l’enjeu de cette dernière localité dans le dénouement de la bataille d’Alep, lire ICI. Même si les autorités turques ont mis l’accent sur leur objectif de briser les milices kurdes, les médias occidentaux présentaient cette violation du territoire syrien comme une bataille contre Daesh.


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Les Etats-Unis se sont empressés d’envoyer Joe Biden, le lendemain de l’incursion à Jarabulus, puisque les Kurdes de Syrie sont des alliés clés des USA dans la lutte contre l’État islamique. Mais il s’est contenté de faire un show diplomatique sur le coup d’état raté du 15 juillet et de tenter de réparer leurs relations, étant donné que le rapprochement d’Erdogan avec l’Iran et la Russie constitue un véritable changement géostratégique au Moyen-Orient au détriment des américains qui ont toujours eu une emprise majeure dans cette zone du Monde.

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