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Insolite vote en Tunisie, prétendant à la magistrature suprême derrière les barreaux



Législatives et présidentielle dans le pays précurseur du Printemps Arabe : de succulents débats.


vendredi 27 septembre 2019
par Azouz Benhocine


Ecouter l’article. Interdits lors de cette période, à la veille du second tour de la présidentielle anticipée en Tunisie, les sondages persistent à proclamer Nabil Karoui gagnant. Afin d’élucider la surprise de Kaïs Saïed, c’est l’antisystème et la guerre aux élites, dites à l’instar d’autres contrées défaillantes, qui a sa victoire, comme toutes les médiocrités droitières. Le climat de l’érosion de l’autorité publique est aussi habité de la faillite de la gauche dont même le modernisme s’absente.

Voir en ligne : Notre dossier TUNISIE

L’emprisonnement du plus-en-vue par l’opinion nationale continue. Contrairement à la rumeur qui a circulé, tel un feu de paille, Mr Karoui est encore interné. La dernière demande de libération des avocats a été examinée le 25 septembre par la chambre d’accusation de la Cour d’appel de Tunis. Elle s’est soldée par le délibéré de report au mercredi 2 octobre, selon l’AFP citant l’avocat, Me Kamel Ben Messoud.

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En Tunisie se tiennent 2 votes. Des élections législatives pour 217 sièges dont 18 pour la communauté tunisienne l’étranger se tiendront le du 6 octobre. Alors que la présidentielle anticipée reste problématique à ce jour, du fait de l’emprisonnement de l’un des deux candidats présents au second tour. Le scrutin aura probablement qui tranchera aura lieu le 13 octobre, selon une dépêche du jour diffusée par l’agence officielle TAP.

Donc c’est l’un des mystères qui semble être élucidé, sans grande certitude d’ailleurs. Alors que celui de la manière concourt Nabil Karoui au suffrage en cours, alors qu’il peut être déjà défavorisé par rapport à son rival. Kais Saied ne cogite pas et ne s’enthousiasme guère de son éventuelle victoire. Elle était l’inattendue du 1er tour et a maintenant un bel avantage quand l’adversaire est claquemuré.

Le vote pour l’Assemblée des représentants du peuple pour un mandat de cinq ans, que sont les législatives, sont en 2019 un vrai challenge pour tous. Les islamistes d’Ennahdha, ainsi que toutes les autres formations politiques, ne plus assurés de s’accaparer la majorité, alors qu’ils continuent d’alimenter une méfiance de leur expérience amère de 2014.

Le bouleversement de la vieille classe politique tunisienne, lors de la révolution des jasmins en 2011 reste un indélébile modèle de transition de la dictature à la démocratie. En dépit et sous la menace des forces de l’archaïsme tentées de ruiner l’inexorable petite nation qui a marqué l’Histoire de la région avec sa laïcité et les droits modernes de la femme.

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Mais dans les circonstances d’élections, ce sont les sujets profonds qui ont la côte dans les débats. Outre un besoin de développement urgent, pour juguler les désespoirs notamment des catégories juvéniles de la population, les Tunisiens appréhendent plus les thèmes ineffaçables des discussions. Celui de la pauvreté répandue à de larges franges de la population et la corruption qui tient plus des paroles fréquentes des populistes comme les islamistes.

Image inimaginable de la communication de cette insolite compagne électorale. Dans le cas présent, avec le candidat pronostiqué pour présider le pays et qui serait encore en détention provisoire, la chaîne de télévision publique tunisienne, s’engage à lui donner parole de derrière les barreaux. S’il accepte de participer à un débat pour le second tour de la présidentielle, ce canal s’est déclaré à ce qu’il couvre depuis la prison les interventions de Nabil Karoui.

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