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La Rumeur disculpée pour la 5ème fois, après 8 ans d’harcèlements judiciaires !



Hamé, MC (maître de cérémonie) du groupe de rap « La Rumeur », encore une fois relaxé…


mardi 29 juin 2010
par N.E. Tatem


Les propos déliés du poète, plutôt des délits versifiés, peu conciliants sont ceux que la morale admet toujours. D’ailleurs quelle justice peut se targuer d’être impartiale sans cette éthique élémentaire, de laisser libre-parole aux troubadours ? L’épreuve de la censure étant la seule qui donne à l’artiste le statut du porteur d’idées subversives !

Ce sont souvent de simples opinions en avance sur leur époque, menaçant de véracité les doxas qui disposent, à leur guise et service, de systèmes d’injustices entre les humains d’abord.

Huit longues années de poursuites judiciaires qui se soldent à chaque fois par relaxation, telle est l’épreuve du parcours de nombreux « rappeurs » (chanteur rap). Des disculpations prononcées une suivant l’autre. Mais point de certification au droit de cité de l’art non-conformiste. Comme instance butoir, la cour de cassation tranche en leur faveur. Elle a donné ce mois de juin 2010, finalement et encore une fois qui sera peut-être la dernière, raison à Hamé, la tête pensante du groupe « La Rumeur », contre l’ex-Ministre de l’Intérieur.

L’affaire a commencé quand Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur, engagea les poursuites pour « diffamation, atteinte à l’honneur et la considération de la police nationale ». Pour ne pas nuire à l’art musical, souvent imprenable, aucune chanson n’est visée par la plainte, mais l’article publié dans un fanzine, le prospectus qui accompagne très souvent les œuvres du rap, la sortie en 2002 de leur album intitulé « L’ombre sur la mesure ».

Donnant ce titre à son texte : « Insécurité sous la plume d’un barbare » , Hamé a étayé des constats comme le ferait quiconque connaissant son mode de vie. « … les rapports du ministère de l’intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu’aucun des assassins n’ait été inquiété. » Poursuivant « … vivre aujourd’hui dans nos quartiers c’est avoir plus de chance de vivre des situations d’abandon économique, de fragilisation psychologique, de discrimination à l’embauche, de précarité du logement, d’humiliations policières régulières… »

Et l’Histoire (avec un grand H), après moult vérifications et combats entre des antagonismes dont l’un serait inéluctablement peu légal, se remet à sa droiture foncièrement juste et inébranlable. Elle replace les éléments à leurs endroits, de doter chaque poste de son occupant naturel pour combler l’horreur du néant. Comme souvent la parole du poète a valeur de prophétie, ayant plus de mérite que toutes autres émanant d’autres sphères comme la politique, elle renvoie les harmonies en les substituant aux vices.

Ce cas édifiant, du groupe rap «  la rumeur », est désormais un repère dans les annales de la justice française et dans la perception institutionnelle des dires poétique. Mais les déboires du rap sont encore loin d’être tus… Les ingérences sont d’ailleurs aux aguets pour s’attaquer aux arts. Y compris le cinéma

Nous ne trouvons plus, hélas !, de dramaturgies susceptibles d’être censurées. Le théâtre semble être le canal officiel des bouffons, par fidélisation, qui font les comiques sans être des humoristes. Quand il s’agit de véritables persécutions judiciaires, il y a donc des populations et leurs arts qui importunent le palais et autres lieus du prince. Le 4ème art n’ayant point les trippes de Molière et encore moins ceux de Brecht. C’est la poésie qui dérange.

Mais aussi il est devenu l’exemple type, ce cas de la rumeur, du moins pour les cercles avisés, des suppliciés par les modes et méthodes officielles. Et dont sont victimes certaines personnes d’une France habitée de disparités comme on n’en fait plus, et nulle part ailleurs, dans plusieurs contrées du monde.

La rumeur - L’ombre sur la mesure

A ses débuts le groupe avait pour nom Ultime Coalition. Il s’est rebaptisé « La Rumeur » en 1995 avec l’arrivée de Hamé. Ce dernier né en 1975, de son vrai nom Mohamed Bourokba, a carrément été pris dans un imbroglio judiciaire qui a duré une décennie. Quand en matière de discrimination, les universitaires s’y trouvent plus exposés avec la difficulté d’accéder à un travail en adéquation avec leur formation.

La position d’accablé ! A laquelle s’est trouvé exposé ce français est comparable, à celle dont fait l’objet Zizou ou bien Albert Camus. Que ce dernier cas agace les têtes bloquées des 2 rives, il est d’origine algérienne comme Hamé.

Ce dernier est titulaire d’un DEA de Cinéma et de sociologie des médias et a récemment étudié à l’université de New York Tisch School of the Arts pendant 1 an. La justice n’a pas été assez rapide, pour le juger dans l’impartialité.

Quand a débarqué dans la région parisienne à l’âge, il n’avait que 17 ans. C’était dans le cadre de ses études, il venait de Perpignan. Depuis, il s’est installé dans une zone urbaine dite « difficile », comme un poisson dans sa belle eau. Il participe depuis aux groupes versés dans un rap à forte identité immigrée. Un identité toute assumée.

Vidéo de Médiapart, petit film de Hamé : LA DISETTE DU CORBEAU