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Présidentielle 2011 : Me Houngbédji tourne en rond.




lundi 28 juin 2010
par Elias


A neuf mois de la prochaine présidentielle au Bénin, le temps use les stratégies de Me Houngbédji et de la coalition de l’Union fait la Nation. Depuis le 10 avril 2010 qu’il a été désigné pour être le candidat de l’opposition, il ne fait que suivre l’ombre de Boni Yayi qui a l’initiative sur le terrain. Dans ses conditions, des Béninois aussi bien à l’interne que sur le plan international se demandent s’il peut gagner la prochaine élection présidentielle ?

Un tour dans une petite localité dans la périphérie de Porto-Novo en occurrence Adjarra. Un mini périple dans certaines rédactions de la place. Quelques communiqués confus sur la Liste électorale permanente informatisée. Voilà le bilan peu flatteur de Me Adrien Houngbédji depuis bientôt trois mois qu’il a été désigné. Au moment où on constate le sommeil des glandes et le manque d’initiatives, dans le même temps, Boni Yayi rassure ses partisans en prenant un certain nombres de décisions courageuses qui déjouent toutes les manœuvres de ses adversaires politiques.

La dernière en date, c’est le recours aux ordonnances vendredi dernier pour ratifier deux accords de crédits rejetés par l’Assemblée nationale. En définitive, en dépit de l’activisme de la coalition de l’UN, Boni Yayi contrôle la situation. Cependant le roi Houngbédji couronné comme au Moyen âge par un groupe politique hétéroclite est dans l’illusion. Il pense que 2011 est bon pour lui comme c’est le cas des sacrés veinards.

Alors que ce que le temps apporte de plus en plus en expérience à Boni Yayi ne vaut pas ce qu’il emporte d’illusions pour Adrien Houngbédji, les Béninois doutent du savoir-faire de ce dernier. Dans le même temps, la situation commence même à préoccuper les autres ténors de l’UN qui regrettent déjà d’avoir fait ce choix, le choix de quelqu’un qui est enfermé dans les talons de ses souliers.

L’avantage de plus en plus remarquable de Boni Yayi est dû aux nombreuses défaillances que transpose la candidature de Houngbédji.

La première, c’est la grâce aux yeux. En effet, du fait que lors de la présidentielle de 2006, tous ceux qui ont aidé Boni Yayi à gagner au second tour sont dans l’actuelle coalition de l’UN, un aberrant calcul mental s’opère. Comme le président Yayi en son temps avait eu un gain substantiel de 40% pour faire la différence en sa défaveur en tant que challenger, Houngbédji croit que tout est permis. Pour cela, il jure prématurément pour la stupidité de l’usage des reports de voix. En réalité, Me Adrien Houngbédji ne fait que de petits faux calculs. Ce qui fait qu’il dort sur ses lauriers en croyant au miracle. A moins de changer de stratégie pour renverser la tendance.

En effet, il se fait que les réalités politiques ne seront pas les mêmes qu’en 2006. Il faut compter sur le travail de terrain que le président Yayi a fait depuis quatre ans. Tous les partis membres de l’UN ne contrôlent plus totalement les fiefs. Même dans le département de l’Ouémé resté fidèle à Me Adrien Houngbédji, le chef de l’Etat a fait des prises importantes. On peut citer les communes de Sèmè, d’Avrankou… qui sont désormais dans l’escarcelle de la majorité présidentielle.

L’autre chose qu’il ne faut pas sous estimer, c’est que notre compatriote Bio Tchané, le président de la Banque ouest africaine de développement est candidat. En dépit de ses qualités de grand financier, Me Houngbédji a une approche maladroite par rapport à cette candidature. Il pense que cette dernière ne peut être préjudiciable à celle de Yayi et non à la tienne. Erreur préjudiciable. En réalité, il se fait que le pouvoir de Boni Yayi est en contrat avec le peuple, contrat par lequel le chef de l’Etat béninois s’engage à rendre des grands services à sa Nation.

Et c’est ce qu’il fait d’ailleurs sur des chantiers innovants comme celui des microcrédits aux plus pauvres pour lequel il a pris une ordonnance vendredi dernier. Une décision courageuse pour contourner les stratégies insensées de l’opposition à l’Assemblée nationale qui a refusé de ratifier les accords de crédits. Comme on le voit, Me Adrien Houngbédji tourne en rond. En effet, par rapport au microcrédit, un dossier sur lequel Boni Yayi a commis quelques erreurs, il revient au candidat de l’UN de vite décliner ses propositions qui sont de nature à corriger les erreurs de Yayi et à susciter l’adhésion du peuple. Si Adrien Houngbédji n’arrive pas à susciter l’espoir, cela découle de la nature de l’homme.

Depuis 1990 qu’il a commencé sa carrière politique, l’homme est trop imbu de sa personne. Mieux, il n’a pas appris à travailler en groupe. Ces constats divers de mentalité dissemblable expliquent l’incapacité de Houngbédji à porter le groupe. En effet, le candidat de l’UN cherche la gloire alors qu’il se comporte comme quelqu’un qui a la science infuse. Il pense tout connaître et n’aime pas se remettre en cause. Quand on veut prendre le pouvoir, on ne peut seul se mettre à regarder de haut ses compatriotes.

Hormis cette approche de garnement, la difficulté du groupe de l’UN à commencer en trompe le travail, c’est la contrainte prolongée des autres ténors à travailler avec un chef d’orchestre qui ne croit qu’en lui-même à moins que les autres acceptent d’être manipulés à sa guise.

L’abnégation de ne croire qu’en son étoile n’est pas une vertu pour pouvoir gagner une présidentielle. Et comme Adrien Houngbédji ne veut pas le comprendre, il n’a pas en mesure de susciter l’espoir chez les Béninois. Boni Yayi garde et gardera la main sur le pouvoir en 2011.

Wilfrid KINTOSSOU