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Y’a bon awards, remet en place le socle républicain « liberté, égalité, fraternité ».




samedi 29 mai 2010
par Damien Djamel Bouch’Raf


En France, il est difficile de répliquer à certaines discriminations, car institutionnelles et leurs victimes sont considérées indéfendables. Pourtant des résistances à ces disparités ne sont pas indifférentes ou rares, mais demeurent loin de pouvoir modifier les choses. Donc ces réactions se contentent de dénoncer. Ainsi peut-on dire que s’inscrit la Bellevilloise.

Les désignations convaincantes des iniquités ne sont pas aussi officielles que les institutions, tels que la Halde et SOS-racisme. Les xénophiles eux-mêmes disposent des médias qui les relaient et même des places fortes du pouvoir pour se faire entendre. Alors que leurs oppositions se préservent du caractère de citoyenneté et du vivre-ensemble.

Face aux ségrégations quasi quotidiennes et largement propagées, les réponses se veulent inventives pour se frayer de l’écho dans les brouhahas de la honte. Elles associent la satire et l’observation pour canaliser un certain écœurement. Et seuls les cadres associatifs leur ouvrent cette possibilité de contribuer à la sociabilité et l’acceptation de l’existence différente du prochain qui partage la même patrie. Même les initiatives politiques, qui appartiennent aux partis comme le PCF, ne sont prises en considération quand elles réagissent. Des fois les discriminés constatent une divergence entre les déclarations des instances partisanes et les démarches individuelles des militants. Le cas de Georges Frêche et du PS est édifiant.

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La « bellevilloise » collectif didactique et pluridisciplinaire, malgré sa jeunesse est déjà mythique comme espace d’expression de la culture alternative, joue désormais pleinement son rôle dans le climat d’indifférence des approches de refoulement des populations de seconde zone. La portée de ses inspirations, dans le climat d’écartement de certaines populations françaises, est digne de figurer parmi les plus éloquents exploits contre des injustices. Ces dernières s’approfondissent de jour-en-jour par des exclusions perpétuées et indécrottables.

Le regard franco-français envers le colonialisme, d’ailleurs plus abjecte que politiquement ou historiquement décent, reste souscripteur des pires racismes du jour. Il y a du mécontentement en l’air et n’est pas écouté. L’emplacement qui accueille l’action atypique des activistes de la Bellevilloise, est aussi un respect au site historique qui a abrité les premiers pas de la décolonisation. Le rôle de la CGT, qui a vu le jour il plus de 2 siècles dans l’enceinte monumentale où réside actuellement la Bellevilloise, est encore inconnu dans la naissance des mouvements indépendantistes. Pourtant ce syndicat, vachement ancré à gauche, appartient bien à cette mémoire des libertés de l’oppression colonialiste.


Y'A BON AWARDS 2009 OFFICIEL - INTÉGRAL (réal. Maonghe)
envoyé par Maonghe. - L'info video en direct.

Belleville, un quartier parisien où toutes les communautés visibles ou invisibles se côtoient.

Les animateurs de la Bellevilloise s’agitent avec un inflexible attachement aux arts qui évincent les conformismes des traditions dévoyées. Ce qui donne un ton différent d’un certain Parisianisme snobinard. Et particulièrement un serment très avancé, au-delà de la tendance bobo qui s’y dégage au niveau de Belleville. La forme de culture underground prend, ici, en réalité la configuration assez poussée dans l’extravagance engagée et la critique sociale. Avec particulièrement son insolite et inaccoutumé volet intitulé « Y’a bon awards » qui s’évertue à relever, par la mise en indexe, les propos sectaires les plus en vue.

Cette année 2010, la 2ème édition des « Y’a bon awards », a donné, le jeudi 28 mai 2010, son palmarès comme un indicatif à ne pas nier dans le contexte du renoncement au socle républicain « Liberté, égalité, fraternité ». Il est prononcé après une vieille médiatique qui ne nie guère ce qui se passe dans le gotha politique qui se confond avec le people. Notons que Lilian Thuram, a été parrain de cette cérémonie, et était accompagné de Zinedine Soualem, Bruno Solo, Sonia Roland ou Marie-France Malonga.

En référence au slogan des boîtes de chocolat « Banania », où les noirs sont confondus avec cet ingrédient alimentaire, la banane d’Or est le plus haut trophée.

Eric Zemmour a obtenu en égalité avec Nicolas Sarkozy « la banane d’or ». Le premier pour moult buzz et raccourcis alimentant la basse haine de citoyens français, a le mérite aussi de trouver aussi ses défenseurs, toutes leurs hontes bues, qui osent manifester du maintien d’un diktat inqualifiable. Il n’y aurait qu’en France un plus puissant lauréat. Et le second, pour ses propos tenus sur les origines kabyles de Dany Boon, de la remise de la Légion d’Honneur. Comme si le geste habitait vraiment la république et à son plus haut niveau.

• Le journaliste Christophe Barbier, pour ses propos tenus lors des manifestations en Outre Mer, a été décoré de l’Antilles Award.

• Les députés UMP du Val d’Oise Claude Bodin et Yanick Paternotte ont été primés dans la catégorie les Zenvahisseurs pour leur demande d’interdiction du concert Maghreb United à Paris.

Brice Hortefeux, le ministre de l’Intérieur, et ex-ministre de l’Immigration, a remporté le prix "pour l’ensemble de son oeuvre". Déjà fourni du parcours de l’organisation xénophone « Occident » et récemment remarqué avec ("Quand il y en a un arabe ça va, mais nombreux c’est...")

Jacques Séguéla, auteur d’une remarque équivoque sur "l’homme africain", a obtenu le titre « Bruit et odeur »

• « Touche pas à mon pote » a été décerné à Fadela Amara, qui avait défendu "l’humour" de Brice Hortefeux. Mais c’est le dénigrement de la gente masculine, d’ailleurs issue comme elle des banlieues et de l’émigration, à travers l’association « Ni-putes Ni-soumises » dont l’explication des idées que véhicule cette organisation n’est pas assez indiqué comme le relai et l’écho de « racaille » utilisé par Sarkozy en direction des garçons…

André Valentin, maire UMP de Goussainville, a reçu le Y’A Bon du meilleur espoir, après avoir dit sur France 2 : « Il y en a déjà 10 millions, alors il faut bien y réfléchir. 10 millions que l’on paye à rien foutre ».

Pierre Bénichou et Yves Jégot ont été indiqués en bas de la parade.