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Quelle priorité pour un Etat détourné, comme l’Algérie ?



Chekib et Rebrab les 2 faces d’une nation qui songe à la succession à Bouteflika.


vendredi 20 mai 2016
par Damien Djamel Bouch’Raf


Les deux affaires, Khelil et Rebrab, ont secoué profondément l’Algérie. Elles positionnent un parallélisme de deux histoires distinctes, mais elles sont de même nature et les circonstances les coïncident. Deux élites antagoniques, entre valeurs sacralisées et principes de modernité, s’expriment dans la guéguerre Rebrab contre Ennahar. L’Algérie vit ouvertement une rivalité entre les progressistes et les conservateurs, entre société aspirant à la citoyenneté et celle livrée aux manœuvres débridées, mais cohérentes avec la haine autoritaire.

Voir en ligne : Notre dossier : Algérie

VIVEMENT QUE CE MOUVEMENT DE BOYCOTT DE CETTE PRESSE DEVIENNE NATIONAL. C’est même vital pour l’avenir démocratique de l’Algérie.

L’enjeu du régime ou du pouvoir, dont le comportement le place aux côtés d’Ennahar-TV, est affreusement vide. Avec Enahar, la détermination du journal El-Moudjahid est la clarté du lien entre Bouteflika et la chaîne. Le système politique algérien fut le 1er à légaliser l’islam politique en 1989, l’année où la “déclaration nationale contre l’intolérance”, l’une des premières actions citoyenne par la société civile après 1988, s’exprima sur la théologie partisane. Cette dernière a épargné la chute de « la famille des tuteurs historiques » qui ont alors un lourd dû, envers ceux qui ont aussi dernièrement soutenu l’usurpation d’un 4ème mandat par Bouteflika.

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D’emblée, une dispute linguistique est exposée à travers ce combat de coqs, où gagne finalement celui qui criera plus fort. Aussi bien derrière le premier milliardaire du pays que les alliés du raïs, il y a deux tendances qui s’affrontent dans un cloisonnement linguistique hermétique. Entre arabophones d’un côté et de l’autre berbérophone et francophones réunis. Sous l’effet même des langages utilisés, deux composantes s’adonnent à une intense communication sociétale qui, manifestement, structure deux catégories d’auditoires. Un message en langue arabe et presque son contraire en français.

Il va sans dire, que le berbère et francophone reviennent à Rebrab, tandis que le canal médiatique qui appartient à Anis Rahmani, est l’une des officines qui promeut “l’arabisation”. Alors que la nouvelle version de la constitution algérienne a renversé le monopole de l’utilisation de la langue nationale unique.

D’où aussi le déchaînement de la haine incendiaire contre la ministre, Mme Benghebrit, chargée de retirer le sinistre qui noie l’école algérienne et où la langue arabe vit ses derniers soupirs… Le bréviaire de la langue arabe est, qu’on le veuille ou pas, désarmé devant les sciences modernes. Et la langue dans son ensemble, passe en idiome de civilisation mauresque devant la complexité des concepts de la vie actuelle.

Pseudo-technocrate et véritable entrepreneur !

Dans cette confrontation médiatique, il y a surtout la bataille épique entre les progressistes et les traditionnalistes, comme une décantation qui s’opère derrière les façades. Mémorable conflit principalement culturel, Chekib-Rebrab sont deux profils du dernier choc à préséance idéologique. Il ramène à la source « tradition contre modernité », qui fait que la société algérienne n’arrive pas à se déterminer sans les faux repères comme le régionalisme. D’autres blocages soustraient l’alliance du progrès dans le mental collectif pour changer la réalité. Ce qui efface les enjeux déterminants.


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Qui succède à Boutef, si un tel choix n’est pas pervers ? C’est un statut que l’opposition n’a pas pu aboutir, en désignant un prétendant consensuel. Très clairement, en face Khelil, pour le sentiment islamo-arabe qui rejette les francophones (hizb França) et l’expression berbère. Pour les « Amazyghs », le MAK (Mouvement Autonomie de Kabylie) propose la partition de l’Algérie. Le conservatisme qui végète dans le circuit de « l’intolérance » aide le commandement qui dirige le pays, avec la sphère des élus « Khbozistes » d’un Etat détourné.

Rebrab se trouve attaqué pour la région, la Kabylie, dont il est originaire. Il n’y a que les hypocrites et les cyniques qui ne voient cette dimension de ce personnage qui est aussi un opérateur économique international. Que cela agace, la cabale fomentée contre cet entrepreneur, est une priorité aux citoyens algériens pour qui Chekib Khelil représente un morveux technocrate à l’ambition pernicieuse.

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