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L’entrave aux médias critiques en Algérie et...



… Opposition à recomposer, son logiciel mouline en vain !


mardi 24 juin 2014
par Damien Djamel Bouch’Raf


C’est la charte du média qui définit sa vocation, du moins c’est l’expression de son modèle ou son concept de communication. La répartie qu’il doit accomplir au sein de la société obéit à cette éthique de déclarer sa responsabilité pour une ligne éditoriale : sa charte. En Algérie, la frustration est grande quand la gestion du secteur des médias est le porte-voix du club de Bouteflika. Sans charte et avec un monopole sur le service public… payé par les ressources collectives ou les impôts...

Voir en ligne : Notre dossier : Algérie et regard sur sa presse, ses médias et journalistes

La télé privée algérienne qui a été fermée à la veille de la dernière campagne du vote (17 avril), est le cas qui rappelle l’affaire du journal LE Matin, qui a été censuré et son directeur emprisonné, bien avant la transition périlleuse du « printemps arabe ». Les autorités algériennes ont ordonné mercredi, 11 mars 2014, la cessation d’émission de la chaîne de télévision satellitaire privée algérienne, Al Atlas TV. Elle était jugée très critique envers le gouvernement.

Ni la presse et aucun autre média n’est capable de prendre en charge cette notion de critiquer, même de discuter au conditionnel, sans réveiller les sbires de la gendarmerie combinés à ceux de la DRS. La logique est claire, il faut être élu, en démocratie, pour disposer d’un média public. Mais s’attaquer de la sorte à un canal, parce qu’il relève du statut juridique privé, définit l’essentiel de la situation du travail du journaliste « critique » en Algérie.

Ce destin collégial est morose et il n’est pas tellement soutenu par le lourd débat des libertés. La corporation des journalistes est fractionnée entre employés du public et du privé. Des chaînes TV existent et elles ne font pas du tout ce que proposait Atlas-TV. Un mal jugé dangereux pour les décideurs que devait distiller cette chaîne. Les opposants politiques avaient perdu une tribune, mais ils n’ont rien vu.

L’opposition qui néglige son autocritique, méprise obligatoirement ce qui lui est dit d’acerbe et de correctif : son retard.

25 ans (depuis 1988) que cette opposition bassine les Algériens, et pour rien. En réalité, c’est en 90/91 que la faillite de cette classe politique a fermé boutique, du fait de l’échec du changement raté. Parce que le pays allait se taper la théocratie criminelle à sa tête. Mais on continue de mouliner, comme un logiciel qui ne répond pas et vous fait poireauter dans un bug interminable…

La recherche d’une nouvelle génération est entamée. Il est vrai que c’est difficile, avec le détournement du printemps par les fanatiques. Oublier ces opposants et les escrocs de la religion politisée, permet d’aider les nouvelles générations...

Dernièrement, les opposants sont allés dans les bras des ennemis de la démocratie, cela suffit pour les comprendre. L’islamisme est un enjeu, il est même permis de rappeler que les terroristes s’y revendiquent de cette théologie.

Comme il est impensable qu’un média critique puisse exister, sans réduire ou enlever la crédibilité de nombreux qui ont des opinions décidées et écoutés, dans un climat où Atlas-TV a été perquisitionnée. Et quand l’ordre est prononcé par le procureur de la République du tribunal de Sidi M’hamed à Alger, dans le cadre d’une enquête dont le motif n’a pas été dévoilé ou précisé… L’argument est sans retour d’échos.

La critique constructive s’est solidarisée avec le pouvoir, tant que d’autres chaînes existent sans choquer la doxa qui gère l’Algérie ! Et ceux tolérés ont simplifié leur opinion au choix de s’autocensurer ! Sinon comment expliquer le code d’endormir la critique qui s’est établi.

Internet reste dans sa vérité, loin d’avoir de l’impact et du changement. La presse en ligne est sur son élan. L’avenir inexorablement, est encore loin et laborieux pour que surgissent des voix qui font différence. Les médias critiques ne peuvent bien s’exprimer quand l’opposition n’a aucune idéologie pour se parler ! Et semble vivre sur une autre planète et dans une autre époque.

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