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Barakat-Algérie : vertu de décantation et panacée d’autocritique.



L’épreuve de réflexion pour le maintien des valeurs d’un mouvement citoyen


jeudi 29 mai 2014
par N.E. Tatem


Quand le mouvement Barakat a repris du service à la veille de la présidentielle algérienne du 17 avril 2014, les nouveaux arrivants ne se sont pas demandé si le collectif derrière ce mouvement citoyen, qui a appelé à une action, avait des antécédents ? Est-ce vraiment un assemblage récent, ou bien une plus ancienne fédération ? Nous avons repéré une ligne de conduite datant de 2011, trouvée sur Facebook qui détermine l’âge de Barakat…

Voir en ligne : Notre dossier : TOUS NOS ARTICLES sur Barakat

Nous éviterons de citer des noms des membres Barakat, à l’heure de polémique interne. Barakat est la poursuite d’une ébauche qui s’est exprimée dans un mouvement similaire et récent : BEZZEF !, c’est même l’esprit de « ça suffit » qui est repris en 2014...

Voici un écrit sur un mur de facebook et son adresse : …

A cette question, de l’identité ou même de la sécularisation de Barakat, reviendrait inéluctablement le destin aussi du groupe agitateur ainsi des forces juvéniles qu’il a séduit lors de la cruciale opération administrative de reconduction d’un raïs entré dans le cycle de l’âge avancé !

Les novices recherchaient un cadre pour se liguer afin de riposter au 4ème mandat que s’arrogeait outrancièrement le président Bouteflika. Sans remonter la genèse ou bien le parcours des personnes avec lesquelles ils se sont rencontrés, les activistes qui, en 2014, se sont ligués avec une abnégation, indifférence et plaisir, disons-le, ne sont pas eux aussi tombés ou germés avec ou après la dernière pluie. Au même titre que Barakat, d’ailleurs.

Passé, le vote duquel le raïs, au physique complètement avachi, est sorti victorieux, un émiettement ou une démobilisation s’en est suivie. A la campagne de dénigrement menée en règle par les apparatchiks du régime en plein campagne électorale, et amplifiée par les cortèges qui leur sont affidés, pour frapper Barakat de moult médisances, ont obéi les ripostes policières pour empêcher les Algériens de manifester sous ce label.

Reprenant de vieilles jérémiades d’une pseudo-main étrangère qui se serait mobilisée à déstabiliser l’Algérie, à travers BHL, CIA, Mossad, François Hollande et même le philanthrope, Soros qui a fait fortune en bourse et est injustement diabolisé en la circonstance. Ces ennemis, sortis du conspirationnisme de basse échelle, sont parrains de Barakat. Le groupe d’Algériens, qui font Barakat, a eu écho chez les médias, du fait que sa composition est bouillonnante de journalisme, et ce n’est pas une première. Un collectif qui a poussé à une protestation à la légitimité incassable !

Après 17 avril, l’autocritique et le savoir continuer.

Le refroidissement de certains membres qui étaient mobilisés pour obstruer le passage de Bouteflika à une 4ème mandature, a été provoqué par le déchaînement d’une agressivité de tribuns, liant leurs discours, prononcés telles des prophétie, aux affres et cruautés où a été plongé le « Printemps Arabe », après 2011. Certains membres de Barakat ont cru bon de rester en retrait, et la réélection de Bouteflika a été le signal de l’échec devant les grands outils déployés pour le maintien d’un statuquo, faute de mener le pays à la dislocation.

Le vote présidentiel passé, Barakat a tenu une AG, d’après les déclarations certains membres. Où il été décidé de mener des discussions avec les partis de l’opposition. D’autres participants aux protestations de 2014, quelque disparus à l’heure d’une riposte, où les discussions devaient continuer, ne se reconnaissent pas dans la démarche de contacter des opposants, qui n’ayant déjà jamais rien fourni, depuis (octobre 1988) un quart de siècle d’existence comme formations politiques.

La première catégorie, des animateurs de Barakat, qui s’est engagée à ne pas désolidariser de l’opposition, est maintenant en clivage et controverse avec la seconde. Cette dernière voit, dans la classe politique désarmée pour enclencher l’alternance démocratique, le dialogue qui s’est ouvert, une manœuvre d’adhésion au système politique désarticulé qui préside le sort de l’Algérie. Ces premiers proposent une vision pouvant se targuer, si faiseur de politique peut exister dans une société quelconque, tactique et stratégique à la fois.

Les seconds, jaloux de la vitrine « Barakat », n’assimilent pas qu’ils doivent proposer une démarche qui se démarquent de l’immobilité. Cependant, la présence d’islamistes parmi les contacts déjà effectués par l’autre collectif, a suscité une vraie dénonciation du rapport de Barakat à l’islam ?

Ainsi, les désespérances qui ont maintes fois refroidi les plus doués, honnêtes et audacieux des Algériens quêtant un projet sociétal idéal, tel que l’expose ce mouvement citoyen, pour que le pays accède à sa meilleure et optimale gouvernance, se sont rétablies dès le 18 avril… Le lendemain du vote intronisant une 4ème fois Bouteflika, l’ambiance morne a repris le dessus. La victoire du pouvoir en place a refroidi les ardeurs, le mouvement Barakat perd des plumes, l’hirondelle pourra-t-elle encore voler ?

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