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LA JUSTICE TUNISIENNE DISSOUT LA "LPR", LA MILICE PRO-NAHDHA



Les ramifications, de l’islamisme virulent, entamées par l’interdiction.


mercredi 28 mai 2014
par Hugo Mastréo


Selon une dépêche de l’AFP, la justice tunisienne a dissout la "Ligue de Protection de la Révolution". Proche et initiée par les militants du parti islamiste Ennahdha, cette faction menait des agressions et appelait ouvertement à la violence, en vue d’imposer l’hégémonie du parti islamiste de Rashed Ghannouchi.

Voir en ligne : Notre dossier : Tunisie et transition démocratique

C’est suite à plusieurs plaintes de citoyens et particulièrement celles de l’UGTT (Union Générale des Travailleurs Tunisiens ), le puissant syndicat du pays qui est exemplaire, aussi bien en Afrique que dans le Monde Arabe, pour sa mobilisation unitaire de l’ensemble des salariés du pays, que cette décision de justice a été prononcée.

C’est un tribunal qui a convenu, en plein dimanche 25 mai, de dissoudre ce groupe accusé d’incitation à la violence. Au même moment, le chef de cette milice a été arrêté. Les services de la police tunisienne ont toujours considéré la LPR comme un service parallèle au leur, versé à réprimer la catégorie de Tunisiens hostiles aux islamistes.

L’instance judiciaire a jugé que la Ligue pour la protection de la révolution (LPR) «  a enfreint les lois sur l’organisation et la formation des associations, et décide de la dissoudre ainsi que toutes ses branches  », a déclaré le porte-parole du tribunal Soufiene Sliti.

La justice du pays a également déclaré que le tribunal a décidé d’interdire toutes les activités organisées par le groupe. Fondé en mai 2012, "LPR" agissait comme un prolongement d’Ennahdha par des islamistes zélés, qui ont fait alliance pour imposer le diktat islamiste et en conséquence l’application de l’horrible charia islamique.

Le chef de la LPR, Mounir Aroudji s’en est pris à ce qu’il a appelé une décision purement "politique" par le pouvoir judiciaire. S’exprimant sur les ondes de la radio "Chems", le leader de cette horde qui opérait comme une milice contrôlant, surtout les activités politiques des opposants aux islamistes, que la sentence judiciaire ne revient qu’à des magistrats minoritaires.

Or, la vérité est bien ailleurs et autrement. Le principal dirigeant de ce groupe, accusé d’être une milice pro-islamiste agissant avec brutalité, a été arrêté en 2012. Il a été condamné, avec la preuve d’une vidéo revenant aux syndicats policiers, pour avoir provoquer des accrochages, de ses partisans et les services d’ordre, près de Tunis.

Mais la LPR a été accusée à maintes reprises de recourir à la violence, afin d’intimider les critiques visant le pouvoir islamiste qui s’est installé à la tête de la Tunisie, dès la chute de Ben Ali. Elle a servi, pendant des mois, voire toutes les années suivantes, comme la main de fer, ouvertement liée au parti Ennahda.

Le parti islamiste qui a remis le pouvoir à la fin de Janvier 2014 à un gouvernement de technocrates, ne s’est jamais gêné des pratique de cette milice informelle, ayant souvent bénéficié du label ou statut d’association.

Les membres de la LPR sont soupçonnés d’avoir lynché un membre du parti laïque Nidaa Tounes dans la ville du sud de Tataouine en 2012. Acte pour lequel aucun auteur n’a pas été trouvé pour être poursuivi. La pire des actions de ce groupuscule qui n’a rien à le faire distinguer d’une "Katiba" de terroristes, est l’attaque du siège de l’UGTT lors de la même année.

L’UGTT et les opposants d’Ennahda ont depuis demandé la dissolution de la LPR. Un des dirigeants de la LPR, et c’est le seul cas connu à ce jour, Imed Dghij a été condamné à la fin de mars dernier, à 14 mois de prison, pour « incitation à la violence ». Peine qui a été réduite à trois mois en appel.

Populi-Scoop, d’après une dépêche de l’AFP.

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