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Les irakiennes protestent, 8 mars, contre le mariage dès 9 ans



Une loi d’inspiration chiite approuvée par le gouvernement


lundi 10 mars 2014
par Azouz Benhocine


Dans le climat de grande insécurité que traverse l’Irak, la journée internationale de la femme a été vécue avec une protestation d’un groupe de 40 à 50 femmes, contre le mariage dès 9 ans que le parti chiite Fadila vient de proposer. Cette manifestation s’est déroulée, une semaine après que le cabinet gouvernemental a étudié ce nouveau projet de loi rabaissant l’âge du mariage, modifiant les règles de divorce et de succession.

Voir en ligne : Notre dossier : Irak, situation explosive

La nouvelle loi est basée sur la jurisprudence islamique chiite, qui permettrait au clergé de présider des mariages, des divorces et statuer pour les successions. Le projet sera soumis prochainement au Parlement.

Avec les attentas de grande ampleur quasi quotidiens, «  En ce jour de la femme, les femmes d’Irak sont en deuil  », ont crié les manifestantes. Ce texte décrit filles en puberté dès neuf ans, ce qui les rend aptes pour le mariage. Il fait aussi du père le seul tuteur des enfants, comme il tolère le droit du mari à avoir des relations sexuelles avec sa femme, de cet âge, quand il le souhaite.

Le projet a été présenté par le ministre de la Justice Hassan al-Shimari, un membre du parti islamiste chiite Fadila. Il a été approuvé par le Cabinet ministériel le 25 Février. Il doit maintenant être examiné par le parlement, mais le projet pourrait très bien s’essouffler. Le résultat des élections nationales prévues le 30 Avril peuvent le bloquer, alors qu’une vive opposition parmi les laïcs s’est déclenchée depuis qu’il a été rendu public.

Appelée la loi Jaafari, du nom du sixième imam chiite Jaafar al-Sadiq, qui a fondé sa propre école de jurisprudence. Ce projet de loi est au cœur des divisions en Irak depuis le renversement de Saddam Hussein en 2003. Les chiites islamistes, arrivés à la tête du gouvernement, cherchent à imposer leurs valeurs religieuses sur la société en général. Or les réalités de pluralité religieuse et au sein de l’islam sont différentes.

Elles étaient environ 3 à douzaines de femmes irakiennes à participer à cette démonstration, samedi 8 mars à Bagdad, qui n’est dénuée d’intérêt. Le projet de loi approuvé par le cabinet gouvernemental irakien permettrait le mariage dès neuf ans, aux filles et il induit automatiquement d’accorder la garde des enfants aux pères.

Hanaa Eduar, éminente militant irakienne des droits de l’homme a fait cette déclaration lors de la manifestation « Nous croyons qu’il s’agit d’un crime contre l’humanité. » Rajoutant ce commentaire en direction de l’enfance « Ce serait priver une fille de son droit de vivre une enfance normale » . De son côté, le représentant de l’ONU en Irak, Nickolay Mladenov, a également condamné ce projet de la législation. S’exprimant sur Twitter POPULI-SCOOP dit-il «  Ce sont de grands risques contre les droits des femmes et en contradiction avec l’engagement international que doit protéger la Constitution  ».

D’après l’agence Reuters, les partis religieux chiites ont d’abord tenté de passer une version de la loi en 2003 alors que la pays était sous occupation américaine. Ce qui suscité la colère des Irakiens laïques et a soulevé les protestations des organisations humanitaires locales. Depuis lors, au milieu de la tourmente une confrontation a éclaté entre les laïcs et islamistes de l’Irak.

Actuellement, ce qui est en vigueur, c’est la loi sur le statut personnel en Irak consacre les droits des femmes en matière de mariage, d’héritage et de garde des enfants. Elle est considérée très souvent, et même citée en exemple, comme la plus progressiste au Moyen-Orient. Les défenseurs de la nouvelle loi à l’état de proposition, mais approuvée par le gouvernement chiite. Elles soutiennent concernant le statut personnel que ce texte viole la loi religieuse, soit la charia islamique.

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