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Tunisie : consensus qui met fin aux reports de la transition



Un compromis aujourd’hui, le projet de société c’est pour l’avenir !


jeudi 9 janvier 2014
par Azouz Benhocine


La pression politique subie par le parti islamiste du pays le plus laïque du Monde Arabe, la Tunisie, est tellement offensive au point qu’il a concédé de faire, d’abord et surtout, transiter plus rapidement le processus politique. Ce qui est la principale chose à l’origine de la désespérance, fut soumise à plus d’un an et demi de retard, par rapport à la feuille de route des autorités qui ont succédé à Ben Ali, et à 3 ans après la chute de ce dernier…

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Un complot de monopole du pouvoir inavoué a été freiné. Après moult tergiversations des islamistes qui ont montré une lourdeur dans le dépassement de la crise institutionnelle transitoire conséquente de « la révolution du Jasmin », une constitution est bien en route. Ce n’est en fait, qu’un retour aux sentiers dûment tracés et imparables !

Et ce n’est qu’après que l’UGTT (principal syndicat de Tunisie) s’est impliquée dans la médiation, que le processus s’est débloqué. Les dirigeants, l’alliance islamiste-Marzouki, ont été lents. La démarche du pays de Bouguiba s’est revigorée, elle est enfin passée à une nouvelle et vitale étape. L’exigence d’une démission du gouvernement islamiste a buté à sa fin (Aujourd’hui), dès lors que le syndicat a conditionné sa présence dans les tractations, sur l’échéance du 9 janvier.

Ensuite le consensus obtenu actuellement, à travers l’étude et l’approbation du projet de constitution qui invoque « l’égalité entre hommes et femmes », a une formulation qui fait l’objet de plusieurs appréciations. Cette accélération de la transition ne s’est répercutée que grâce à la colère populaire qui a incessamment accablé le parti de Rached Ghannoushi, suite à son hésitation, ou incompétence, de traiter l’essentiel. Inacceptable que les islamistes, ou bien un autre parti, dépasse l’échéance de sa mission.

Femmes, syndicats et démocrates tunisiens ont accompagné les dangereux atermoiements des islamistes qui juraient de ne rien concéder de leurs desseins théocratiques. Comme premier parti, bernant les tunisiens avec l’Islam, apparu après la chute de la dictature, Ennahdha s’imaginait indétrônable. La complémentarité homme-femme, préconisée par le parti religieux l’été dernier, est maintenant écartée. Mais c’est l’avenir du rapport de force au sein de la société tunisienne qui définira quel programme sociétal est tracé à une population aspirant à la démocratie avant toutes autres considérations.

L’actuel gouvernement est appelé à remettre à un cabinet de transition, les affaires du pays, dont le principal pilote est déjà désigné en la personne de Mehdi Jomâa. Ce dernier ne fait guère unanimité, du fait qu’il a été ministre de l’industrie après le départ du 1er gouvernement formé par les islamistes, formé autour de Mr Laâryedh installé suite à l’assassinat de Chokri Belaïd.

Mais aussi, parce qu’il n’a aucun ancrage ou expérience parmi la classe politique, d’ailleurs ni son action en tant que ministre, ni ses positions n’ont servi à activer de solutions à la crise économique avec l’effet de nouveaux emplois ou bien, sur le plan plus général, à solutionner la crise politique.

Le préjugé négatif à l’égard d’Ennahdha s’est installé...

Par ailleurs, l’interprétation de la formule « l’égalité entre hommes et femmes » ramène aux faits de la vie quotidienne et à la conformité des lois à la matrice constitutionnelle, dont l’estimation ne peut être faite qu’à partir de la réalité. Même si la satisfaction règne de la part même des associations féminines tunisiennes, les législations qui traiteront à l’avenir plus de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou autre ne sont d’emblée expressément fixées.

Femmes tunisiennes L’encadrement du droit tunisien que la nouvelle constitution encore à l’étude jusqu’au 14 janvier, date anniversaire de la chute de l’ancien régime et de prise de fonctions d’un nouveau gouvernement, reste à faire. C’est l’heure d’un compromis global de faire passer la 1ère loi au 2/3 de l’assemblée constitution afin d’éviter de la soumettre au scrutin universel. Et également chaque amendement et chaque article ont fait l’objet d’âpres discussions, 44 de ces derniers sont déjà approuvés.

L’article premier de la nouvelle constitution établit, voire reprend ce qui était déjà en vigueur depuis 1959 en rajoutant la mention que sa révision est impossible, « un Etat libre, indépendant et souverain », dont « l’Islam est sa religion » ainsi que « l’arabe sa langue et la République son régime ». Or la place de la religion, comme il est encore question de sa conformité au modèle républicain moderne, reste à définir afin de ne pas congédier ce qui relève du domaine privé et individuel de l’évolution de la vie des citoyens tunisiens et des dérivations abusifs.

L’article 6 du projet s’étale sur la question de la religion. Il prévoit que l’Etat est garant de la religion et protecteur du champ sacré. De ce point de vue, il garantit donc les libertés de conscience, de culte et la neutralité des mosquées, qui en tant que lieu de rassemblement s’interdisent l’« instrumentalisation partisane ».

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