POPULI-SCOOP : Info citoyenne & Actu critique

 


Egypte : armée, presse et opposition, un complot silencieux !



Tradition islamique face à modernité démocratique : l’islamisme momifie les libertés.


jeudi 6 décembre 2012
par Azouz Benhocine


Est-ce une cabale contre Morsi, les manifestations des non-islamistes ? Est-ce le contraire, le raïs impose la charia islamique en niant les minorités religieuses ? La contestation populaire qui perturbe le poids international acquis par cet inconnu, a fait gagner à l’opposition égyptienne son unité. La confrontation est passée aux bagarres de rues, 200 blessés après que l’assaut a été donné par les partisans du nouveau « pharaon ».

Oui ! On ne prononce pas encore la « démocratie » comme modèle éprouvé dans le monde arabe ! Le vrai projet qui combat avec rudesse celui des islamistes, n’ose pas s’identifier tel avec son attachement aux valeurs de toute l’humanité. Alors que les exclus économiques ne songent point au socialisme, une idéologie perdue, dans cette sphère secouée par le « Printemps Arabe », où les pauvres et les salariés devront bien faire de se débarrasser des rois !

L’homme a été salué comme un artisan de la paix par les Etats-Unis et Israël, une bénédiction contraire au réel but du Printemps arabe. Il est un sauveur aux yeux des Palestiniens et un homme d’Etat accompli par une grande partie du monde arabe. Paradoxalement, il est qualifié en oppresseur par une partie de la population égyptienne. Elle a démontré par sa foule, ses manifestations à travers l’ensemble du pays et sa mobilisation contre le tyran agrandi, lui-aussi en leader.

Ce qui se passe en Egypte avec la contestation de la nouvelle constitution, elle-même accompagnée d’un décret autocratique à plus d’un titre, démontre encore la dualité entre la modernité et la tradition. L’âpre et l’implacable mésentente, dite de la « Fitna » (discorde interne) chère aux uns et décriée pour les autres. Les « Frères Musulmans », la secte de Saïd Kotb et de Hacène El-Banaâ avait garanti l’arrivée à cette échéance. Allah gouvernera l’école, les arts, les femmes et même les autres religions.

Les généraux égyptiens ont fomenté ce coup, eux aussi ils veulent que le guide remballe ses décisions. Ils ont exfiltré le président de ses offices, un soir du 4 novembre 2012, quand il a été assiégé par les manifestants laïcs, chrétiens, athées et tout non-islamiste. Les généraux ont bien montré qu’ils sont en grève, comme les journalistes et la presse. Puis, il fallait ne pas lui croiser le peuple qui le contredit.

Le phénomène de la confrontation des institutions et des pouvoirs traditionnels, la presse et l’armée, contre les islamistes, est largement connu pour les régimes qui font vivre aux peuples à majorité musulmane le joug de la charia.

Aussi bien en Algérie, en Tunisie, en Turquie qu’en Iran, le parti pris de la presse et de l’armée n’est pas en accord avec les pouvoirs islamistes. Ces théocrates naissent suite à la légalisation de partis politiques manipulant la religion. Une laïcité quelconque se cache derrière cette opinion, que recèlent des personnes récalcitrantes à l’islamisme. Des manifestants mis en minorité lors d’élections et qui réagissent... péniblement devant la vérité des votes.

Il n’y a pas de pays où les islamistes grandissent en respect des autres opinions minoritaires, le violence est le credo pour mâter l’adversaire.

Plus de 200 journalistes ont été tués en Algérie, parmi quelques 6000 intellectuels de haut rang, pendant la décennie où le « Dhjeich » (l’armée) était, et l’est toujours, qualifiée simplement de « junte ».

En Tunisie, les agressions et les revendications de censure qui ont touché les chaînes de TV avec des Sit-in qui ont duré des semaines.

En Iran, on n’épargne ni les femmes, ni les journalistes et les militaires sont des "Mollahs".

Et en Turquie, c’est le record mondial des emprisonnements de journalistes et diffuseurs de presse, majoritairement sous accusation d’avoir aidé le PKK, ainsi que pour le délit d’opinion contre la religion.

Soeurs musulmanes d’Egypte soutenant Morsi

Dans la confrontation égyptienne, l’armée est considérée une institution dirigée par les têtes de l’ère Moubarak. Les islamistes assurés d’écraser leurs opposants dans les urnes, ne s’empêchent pas de les déloger des rues.

Et quand l’armée laisse faire, la confrontation entre égyptiens, n’est pas « la guerre civile », tant que la « Fitna » de jadis ne mette pas encore et définitivement le pays à feu et sang…