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Décryptage d’un nouveau mouvement antiraciste en France



Les violences policières modulées par un conservatisme contagieux


mardi 3 novembre 2015
par Hugo Mastréo


La marche pour la dignité du 31 octobre 2015, à Paris, a laissé une indélébile marque, d’une différence philosophique, dans les milieux intellectuels et des médias français. Cette manifestation est décryptée de plusieurs manières, selon les diverses tables de lecture : la composante humaine du jour « j », les slogans déclamés ou affichés, les sources d’appels qui l’ont initié ou bien celles qui l’ont soutenue ainsi que les échos qu’elle a suscités.

Voir en ligne : Notre dossier : Les BEURS en France

"Le racisme anti-blancs, ça n'existe pas"

"Le racisme anti-blancs à l'embauche, ça n'existe pas, le racisme anti-blancs, pour l'accès au logement, ça n'existe pas, le racisme anti-blancs pour l'accès à un prêt bancaire, ça n'existe pas.Il y a une imposture intellectuelle sur le fait de mettre sur le meme plan les deux phénomènes"

Posté par Les décolonisé-e-s sur dimanche 1 novembre 2015

Angéla Davis a soutenu cette marche, quand elle a entendu Amal Bentounsi, la porte-parole de la Marche des femmes pour la dignité (Mafed), raconter son histoire. Cette dernière est celle d’un frère tué par la police d’une balle dans le dos. Elle est très bien racontée dans ce poste de Facebook.

"Contre qui je me bats ? Entretien avec Amal Bentounsi.Je me bats contre l’invisible qui est en fait le système qui a...

Posté par Parti des Indigènes de la République sur mardi 3 novembre 2015

Angela Davis à l'université d'Alberta en 2006.
Travail personnel. Sous licence CC BY 2.5 via Wikimedia Commons Angela Davis Moscow 1972 cropped.jpgAngela Davis Moscow 1972 Sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons

Notre dernier sujet de même thème, 12 octobre 2015.
- S’il a un travail en France, le beur est maltraité pour préjugé religieux

C’est autour d’un groupe de filles que cette action s’est construite et qu’une voix féminine s’est révoltée contre les violences policières. Une pratique qui fait rage aux Etats-Unis et nombreux pays du Monde et envers des personnes de communautés toutes désignées. Elle est qualifiée ainsi, dans l’appel pour cette marche : «  Le crime policier est l’expression achevée du racisme d’État.  »

Dans la conjoncture des couacs idéologiques locaux, cette marche qui s’est terminée en prises de paroles et en musique à place de la bastille, a résonné l’embarras de l’adversité proscrivant, dans certaines localités, le Kebab, à titre d’exemples. Ou bien, elle a dénoncé une France de 2015, de plus de 60 millions d’âmes bouillonnante, sinon fracturée par un malaise des zones urbaines où résident des ressortissants...

Immigration et banlieue : un public français concerné par le malaise des discriminations...

Ce pays est à l’épreuve de la présence de l’islam dans les mœurs sociales et impliquant son refoulant radicalisme. Delà, toute la masse des 5 millions de musulmans, s’en prend l’islamophobie de certains écrivains, artistes et personnages, dits de souche, représentant le gotha faiseur d’opinion.

L’indifférence à l’ambiance de traque du Kebab ou bien de la cause palestinienne, désignent une population, d’une part. Quand, d’autre part, est prescrite l’insistance sur une France blanche et de tradition chrétienne. En effet, le fait politique, de cette marche, a la forme de refus d’un racisme entre classes sociales aussi et de spécificité timorée et assourdie...

Revendiquant aussi bien la trajectoire de la marche des beurs de 1983, que la ligne de révolte des quartiers dits « sensibles », lors de la mort en 2005 de deux adolescents, c’est le code « immigration-banlieue » qui unit pour une cause d’indigénat. Cette autre fois aussi, une nouvelle génération de beurs a repris la revendication profonde des discriminations.

Sur la marche des beurs de 1983.
- Il y a 30 ans, une manifestation de plus 40 jours en France

10 à 20 000 personnes ont inondé le mythique quartier de Barbès où trônent, sur sa place abritée par le métro en extérieur, une grande enseigne du commerce parisien et la salle « Louxor », un prodige de la rénovation urbaine. Les beurs et Barbès, c’est un vieux symbole. Cette fois, avec l’ADN moderne qui dément les préjugés, sont en force et aux premiers rangs les filles qui ont la politesse, le romantisme et la force de proposition.

Un fait peu anodin et qui a effet d’exprimer une différence, a été suscité par un journaliste de Beur-FM. En se déclarant « Ilan Halimi », le jeune juif persécuté à mort par le gang des barbares, la magie de l’intelligence a vraiment gagné sur l’obscurantisme. Cette histoire de dénonciation d’un banditisme aveugle dans la banlieue, est aussi une empreinte éclairante dans le sentier des droits citoyens.

Une lutte pour le féminisme, pour la Palestine, pour les droits des migrants et contre l’antisémitisme, est depuis longtemps engagée par les jeunes beurs qui renouvellent un même mouvement. Il revient...

Tati, en face en diagonale au Louxor.

Les photos de la marche de la dignité et contre le racisme

Le débat prépartif à MediaPart

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