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Le prince récuse ses cavaliers : en Algérie le DRS cède à la réforme.



Bouteflika neutralise les services secrets, leur endossant l’échec dans l’insécurité.


lundi 7 septembre 2015
par Damien Djamel Bouch’Raf


Les services secrets algériens sont dans la tourmente. Un ancien responsable de la lutte antiterroriste au grade, qui fait la pléiade des dirigeants de l’ombre, de général est sous les verrous. Puis la garde de Bouteflika, irrévérencieuse envers son service selon une première histoire de pétarades à Zéralda, est décapitée de ses chefs. A ces faits internes, se rajoute le Maroc qui, selon le quotidien français « Libération », accuse l’Algérie d’être derrière le coup des deux journalistes ayant monnayé la sortie d’un livre sur les frasques du roi du cannabis…

A l’affaire d’une colonisation illégale du Sahara occidental qui a exilé plus de 100 000 sahraouis en Algérie, se rajoute au palmarès illégal de la monarchie, alaouite d’Afrique du Nord, d’être le premier fournisseur de l’Europe et même du Monde en cannabis. Pour le voisin ouest à l’Algérie l’échec est diplomatique. L’ONU a publié ses rapports sans pouvoir appliquer ses décisions. Elles ne peuvent rien devant les colonisations, comme Israël, qui sont rigides. Et le fardeau des réfugiés accueillis au fin-fond de l’ouest du Sahara, à Tindouf, constitue le point d’achoppement dans ce conflit, entre les deux voisins du Maghreb.

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La fin de la puissante police militaire, le DRS, n’est en rien un fait anodin. L’acceptation d’un pouvoir à la légitimité fort douteuse, après le 4ème mandat, devait neutraliser l’appareil habitué à souscrire aux audits, pour que les coups d’états soient enclenchés, en changeant de régime et en destituant la tête du système de gouvernance en place.

Depuis la maladie de Bouteflika en 2013, la halte infligée à Toufik par le président qui, comme Boumediene, sort des dessous du burnous du MALG, est constitutionnelle. L’ancêtre de la sécurité militaire qui est précurseur des pratiques occultes, ayant un effet sur la direction des affaires politiques du pays, a pour affilié le civil natif d’Oujda Boutef… L’actuel président a été toujours incontrôlable par l’armée...

Après le retour du président de Val-de-Grâce en 2013, pendant des deux dernières années, l’armée était devenue plus menaçante pour Bouteflika. Lui a réussi, contre ça, à manœuvrer pour perpétuer son règne. L’institution militaire, habituellement hardie à éviter une déstabilisation à l’Algérie, intervient, généralement dans l’urgence, pour ajuster la direction des affaires. Rendre le DRS une coquille vide, a coïncidé avec l’ambition du dernier mandat au raïs, que les politiciens algériens se sont trouvés impotents pour le décrédibiliser.

S’il est vrai que le sujet est délicat pour les analystes, le gratin des expertises sort des officiers de l’armée, particulièrement ceux à la retraite qui osent s’exprimer. Cependant s’ils reconnaissent un grand chamboulement, très rares révèlent les raisons ou le lient au règne de Bouteflika. Quand il est établi que le raïs est derrière une restructuration semblable à celle de 1965 sous Boumediene, de 1970 sous Chadli et de 1990 préconisée face à l’islamo-terrorisme qui reste encore à éradiquer.

La dernière purge et l’arrestation l’ex-patron de l’antiterrorisme, du général Hassan (Abdelkader Ait Ouarab), questions de l’opinion algérienne.

Même les interventions qui voient plus une réforme des services secrets algériens, qu’une mainmise, s’avèrent être en 2 camps. D’un côté, celui qui défend les islamistes, constitués de traîtres qui sont des transfuges résidants à l’étranger et se livrant à des accusations de supérieurs, dont le staff des généraux qui coiffent le ministère de la défense. Et de l’autre, le clan du nationalisme (FLN-RND), des tuteurs historiques qui se trouvent à soutenir le président, en le passant en dessus de toutes les têtes. Leur soutien au pouvoir conforte politiquement la maîtrise initiée par Bouteflika envers les militaires.

La mission première des services secrets algériens est le terrorisme, quoi que pensent les protagonistes des intrigues de la recomposition humaine. Ce département (des services secrets) de l’armée a la mission de protection des décisions considérées stratégiques, comme la prise en main potentiellement des centres de décisions politiques comme les coups d’Etat. C’est l’ensemble de l’état-major de l’armée, adoptant la sentence d’intervenir, qui en est la source. C’était le passé. Ce qui s’est déjà décidé, se déroule maintenant et n’a aucun témoin.

En effet les spéculations médiatiques ont un audimat, de lecteurs qui se différencient, selon le niveau de chacune d’elles. Les Algériens en parlent aussi, sans vraiment croire que quelqu’un détient la vérité. Même les militaires ne se soulagent pas de l’échec devant le terrorisme qui reste rémanent. Et ne satisfassent pas aussi du récurrent président, dont l’aphasie ramène à toute l’image du pays qui est écornée.

Quand il s’agit des services secrets, les choses sont d’une délicatesse à ne pouvoir dénouer l’écheveau. Et les agents de l’armée algérienne ne sont pas aussi impénétrables, pour se déclarer battus par les organisations islamistes armées. Ayant servi Bouteflika, au projet réservé aux services secrets sert à maculer l’armée dans une neutralité, qui elle complique le destin de l’Algérie... Le prince est bien machiavel !

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