POPULI-SCOOP : Info citoyenne & Actu critique

 


Le groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne) signe, le Sénat américain décide



Tenants et aboutissants d’un accord de retenue à la guerre !


vendredi 4 septembre 2015
par Azouz Benhocine


Après 3 années de négociations, l’accord sur le nucléaire iranien, pourtant signé au nom de la communauté internationale, est resté dépendant de la décision du Sénat américain. Cela peut paraître invraisemblable. Mais aussi avec une lecture plus poussée, une intervention militaire des Etats-Unis ne peut être évitée en cas d’ambition d’enrichissement ayant des visées militaires. Pour 10 ans, l’embargo est levé, mais une certaine liberté d’action, pour les Mollahs, d’agir dans une région agitée...

Voir en ligne : Notre dossier : IRAN

Obama aurait obtenu le quorum des sénateurs approuvant l’accord avec l’Iran, après un marathon de lobbying pour qu’une autre politique étrangère, que celle de la guerre, soit prêtée aux Mollahs. Les Iraniens ont fêté l’autorisation des puissances mondiales pour que leur pays ait une technologie de nucléaire civile, et ce malgré pour les 10 prochaines années, une intervention du Pentagone est plus facilitée, selon le chef même de ce département de la Défense des États-Unis d’Amérique.

Nos articles de la même rubrique
- L’Iran contre l’EI (Etat Islamique) : politique de guerre sectaire en islam
- Angélique et diabolique diplomatie entre Iran et USA
- L’accord sur le nucléaire iranien : deal qui modifie le leadership au Moyen-Orient

Le constat dressé des accords est tellement paradoxal qu’aux Etats-Unis se joue la partie cachée où la communauté internationale. La stratégie de laisser l’Iran dans ses embranchements régionaux au Yémen, au Liban, en Syrie et en Irak, dérange des alliés américains comme Israël ou bien les monarchies arabes du Moyen-Orient. Le roi d’Arabie Saoudite, dernier à se rendre au bureau du président des Etats-Unis décidé à entériner l’accord et à la veille du vote du Sénat…

Mais la grandeur perse qui se dit avoir emporté une victoire, contraste aussi sur le plan régional, avec l’EI « Etat Islamique », le casse-tête qui recrute dans le Monde plus qu’il en perde dans les frappes qui durent depuis plus d’un an (juillet 2014). Dans une dépêche de l’AFP, le chef du Pentagone Ashton Carter a expliqué : « l’accord international sur le programme nucléaire iranien renforce la possibilité pour les Etats-Unis d’intervenir militairement si jamais Téhéran cherchait à se doter de la bombe atomique. »

Nous sommes au stade où les sénateurs américains, ne peuvent s’opposer au véto présidentiel. Il faut une majorité constitutionnelle des deux tiers au sein des deux chambres du Congrès, soit 67 voix sur 100 au Sénat. L’accord sur le nucléaire iranien a déjà reçu le soutien de 34 sénateurs, le Congrès, qui pourrait examiner l’accord mi-septembre, ne pourra donc pas le bloquer. Obama est comme même astreint d’adresser son véto suite à la désapprobation de la majorité absolue revenant aux républicains.

Après 17 jours de pourparlers, le 14 juillet, les représentants de l’Iran et des six grandes puissances ont finalement trouvé un compromis, les négociations se sont tenues à Vienne. La résolution de l’Onu sur l’Iran, valable pendant 10 ans, entrera en vigueur 90 jours après son officialisation par le Conseil de sécurité de l’Onu.

L’accord prévoit de lever les obstacles pour le commerce extérieur de l’Iran, tout en maintenant l’embargo sur les armes et les missiles à destination de ce pays. Les Mollahs, pour leur part, s’engagent ne pas élaborer de combustible nucléaire pendant 15 ans, à la limite de la pureté pour usage militaire.

Répondre à cet article