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Clientélisme et performances des gouvernements font voter les peuples arabes



Le printemps arabe, le pas manquant à certains peuples


mercredi 19 août 2015
par Rebel Kazimir


La dernière étude de l’ONU, du PNUD, concernant les processus et modes électoraux dans les pays dits arabes date d’une décennie, de 2002. C’était avant que la métamorphose révolutionnaire partie de Tunisie, appelée le « Printemps arabe » en 2011, censée réveiller un certain changement, ne pousse à la réflexion et au nouveau regard.

Voir en ligne : Notre dossier : Monde Arabe

La nouvelle analyse qui vient d’être divulguée apporte que les deux nouvelles apparitions de la décennie, l’islamisme et le clientélisme, sont encore et toujours en avancée. L’étude reflète aussi la même complexité de cette espace géographique où souvent il est difficile d’interpréter les tendances et de recueillir des données d’analyses.

Des expériences de votes.
- Zeroual contre un 4è mandat pour son successeur
- Boycott des élections du 3ème mandat de Bouteflika, seule solution des empêcheurs de tourner-en-rond.

Ce n’est toujours pas l’acte civique et la compétition entre les programmes des candidats qui détermine la participation aux votes. Mais bien les réussites économiques du gouvernement qui encourage à voter. Aussi les intérêts matériels qui peuvent en être tirés par le votant, qui le pousse à aller aux urnes, est une autre motivation.

Les taux de participation varient d’un pays à l’autre, avec en dernière position l’Algérie dont le nombre des votants tourne autour de 50% et 75% au premier rang pour les palestiniens. Le panel l’Algérie, Bahreïn, la Jordanie, le Liban, le Maroc, la Palestine et le Yémen comme des études de cas. Elle revient à 3 auteurs d’une étude, Caroline De Miguel de l’Université de Toronto, Jamal Amaney de Princeton et Mark Tessler de l’Université du Michigan qui tiennent des enquêtes d’opinion publique.

Depuis 2011, il y a la vertigineuse évolution comme en Tunisie, régression comme en Egypte mais rectifiée après le coup où le pays a failli connaître une déstabilisation islamiste et le blocage total comme en Syrie. La première recherche, malgré qu’elle émane d’institutions internationales auxquelles tous les pays adhèrent, a été contestée à l’époque par les dirigeants concernés.

Tous ces pays ont tenu des élections parlementaires régulières, peu compétitifs entre 2006 et 2009, qui a permis le travail comparatif avec les récentes qui ont montré les différences après 2011. Sans que dans aucun de ces pays une menace réelle à la décision des régimes ne soit complètement modifiée et les nouveaux votes, dans leur ensemble, ont eu peu de changement.

Une démobilisation quasi généralisée dans des régimes qui ne sont ni pleinement démocratiques, ni totalitaires. Généralement dans le monde entier les citoyens ne sont pas obligés de participer aux votes. Mais beaucoup se rendent aux urnes, malgré qu’ils ne soient déjà pas sûrs que les élections sont transparentes et sans truquages, et que leurs voix n’influencent guère le résultat final de l’élection.

Dans la réalité les choses, après une décennie, les votants qui se présentent sont considérés, par les deux études, comme satisfaits des résultats des politiques économiques de leurs dirigeants et ce qui ne signifie pas aussi que les abstentionnistes ne le sont pas en majorité.

Dans les pays arabes des liens sont utilisés pour gagner des intérêts via les réseaux clientélistes. En particulier ceux impliquant des agents du gouvernement en place, augmentent la probabilité que les personnes votent. Ceux qui ne gagnent rien des actions gouvernementales sont 63% à voter et 71% ceux qui obtiennent des intérêts : 8 points de différence, différence statistiquement significative.

Les personnes ayant des niveaux de revenus plus hauts votent plus. Parmi les citoyens à faible revenu, la propension à aller voter change dès qu’ils bénéficient directement de la gestion du gouvernement. Une explication médiane apparait, si les citoyens à revenu moyen ont de meilleures connexions aux politiciens et les bureaucrates. Donc elles sont plus susceptibles de se mobilisant pour voter, sans en avoir de bénéfices socio-économiques.

Ceci est cohérent avec l’idée que leur principale motivation pour voter est le gain matériel plutôt que de jugement sur la performance du régime.

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