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La voix de l’église Catholique du Congo-Kinshasa pour sauver le pays : « Ne dormons pas, la maison brûle ! »



L’ex.Zaïre, où l’église tente un ultime appel.


lundi 13 août 2007
par Don Claude


Face aux dangers qui guettent à nouveau la République Démocratique du Congo, les évêques invitent à rester éveiller pour sauver la maison d’un incendie international qui menace d’embrasement tout son patrimoine national. La situation d’insécurité qui se vit actuellement à l’Est du pays justifie l’appel à la mobilisation lancé aux hommes de bonne volonté et pris en compte par les dernières assises du Conseil de Sécurité. L’épiscopat du Sud-Kivu prend position et tranche : « Apparemment, tout est réuni pour qu’une nouvelle guerre éclate : infiltrations massives et systématiques depuis le Rwanda, retour de la haine ethnique dans les médias, carnages cruels à l’arme blanche... L’armée est incapable de nous défendre, des cadres de l’armée sont de vrais criminels connus pour leurs crimes, mais le gouvernement ne fait rien. »

Face aux dangers qui guettent à nouveau la République Démocratique du Congo, les évêques invitent à rester éveiller pour sauver la maison d’un incendie international qui menace d’embrasement tout son patrimoine national. La situation d’insécurité qui se vit actuellement à l’Est du pays justifie l’appel à la mobilisation lancé aux hommes de bonne volonté et pris en compte par les dernières assises du Conseil de Sécurité. L’épiscopat du Sud-Kivu prend position et tranche : « Apparemment, tout est réuni pour qu’une nouvelle guerre éclate : infiltrations massives et systématiques depuis le Rwanda, retour de la haine ethnique dans les médias, carnages cruels à l’arme blanche... L’armée est incapable de nous défendre, des cadres de l’armée sont de vrais criminels connus pour leurs crimes, mais le gouvernement ne fait rien. »

À l’occasion du 47e anniversaire de l’indépendance du pays, la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), vient d’adresser, à l’issue de sa 43e Assemblée plénière tenue à Kinshasa, du 03 au 07 juillet 2007, sa déclaration sous le titre « A vin nouveau, outres neuves ! » Un message pathétique, pourtant au-delà des mots laconiques, il est plein d’espoir si la détermination de tous réponde au rendez-vous. Un rendez-vous qui, de par sa conception, se veut un « message d’interpellation » pour les uns, mais aussi « un encouragement » pour les autres.

Ce message des évêques que je lis, non à partir de la multiplicité des influences dont il porte sensiblement la trace, mais à partir de ses grandes inflexions. Il est évidemment une interpellation pour les uns, une pensée d’espérance et d’encouragement pour les autres ! Si ceux qui ont en main la gestion de la « Res publica » doivent changer leur fusil d’épaule, ils doivent endosser la beauté d’une métamorphose d’esprit et de mentalité. Et ceux du reste de la nation, qui regretteraient à cause d’une gestion scabreuse de la chose publique et des velléités des « puissances du globe », ayant pour patrie la République Démocratique du Congo, ils doivent se sentir soutenus par la sollicitude pastorale du collège. Elle prend à cœur le triste sort du quotidien congolais depuis l’infiltration de ceux qui, hier, furent vus comme « artisans de la guerre civile. » Aujourd’hui, ils deviennent reconnus et identifiés comme légion d’« agresseurs du pays » ; par une infiltration qui a fait couler le sang. Ceux qui appartinrent jadis à ce collège des évêques ont dit non à la violence gratuite, aux viols physiques et psychologiques, à la saignée de l’intolérance et (non !) aux turpitudes de l’opinion internationale.

Les évêques établissent à travers leur vibrant appel d’espérance un diagnostic sur le présent malaise de la nation. Ils tracent l’histoire d’une pathologie qui se manifeste dans les attitudes d’un refus au changement. Un refus qui transparaît dans les sentiments de plus en plus enclins aux intérêts individuels qu’ils ne le sont vis-à-vis des intérêts communs. Une pathologie qui déplore, tant au niveau national qu’international, une justice sans justice, une intervention soi-disant humanitaire, mais favorisant l’insécurité et se mêlant de tout dans la complicité du grand silence des décideurs de ce monde. Contre ce désarroi, « A vin nouveau, outres neuves » se révèle comme un message prophétique, soucieux d’assumer avec courage et sérénité le chemin de la délivrance du peuple congolais meurtri par l’indifférence des uns et la trahison des autres.

Voilà pourquoi s’adressant à la Mission des Nations Unies au Congo, les évêques écrivent : « Nous demandons à la MONUC d’user de son nouveau mandat qui lui délivré pour assurer une protection effective (et non symbolique) de la population. Sinon, le peuple commencera à douter de l’opportunité de sa présence. Des événements récents signalés ici et là risquent de diminuer -hélas ! La confiance de la population dans ces soldats de la paix… »

Dans ce message de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo, il y a lieu de relever globalement trois points essentiels :

• Ne décevez pas les attentes de la nation ! Tous, dirigeants et dirigés, fils et filles du grand Congo sommes invités à assumer le contenu de ce message de la première personne du singulier à la troisième du pluriel, pour le rendre nôtre, afin que la situation sociopolitique de notre pays (insécurité toujours persistante, exploitation libre et désordonnée des ressources naturelles), déclenche une mobilisation générale. Autrement dit, du gouvernant au gouverné, du plus grand au plus petit, du haut gradé au moins gradé, du cadre au simple paysan, des hommes d’église aux sans confessions, nul n’a aucun droit de « décevoir les attentes d’une nation qui n’a que trop souffert ». « A vin nouveau, outres neuves ! »

• Soyez solidaires pour votre délivrance ! De l’avis des Évêques de la République Démocratique du Congo, le salut pour tous est au prix d’un engagement solidaire pour la restauration des mentalités, pour la vigilance et l’éveil des consciences. Autrement la maison qui brûle va se consumer. Sinon le pillage des ressources naturelles qui s’observe finira littéralement par saigner à blanc les greniers du Congo démocratique.

• Gouvernement, soyez responsables de votre gestion ! Un gouvernement responsable n’est pas un gouvernement de complaisance. Un gouvernement responsable, est un gouvernement capable de répondre courageusement de ses actes devant Dieu et devant la nation. Sinon le principe de l’intégrité et de l’intangibilité des frontières et du territoire national héritées de la colonisation volera en éclat.

Afin que l’espoir du peuple congolais ne s’évanouisse, j’aimerais conclure ma lecture du message en m’unissant à l’intention de prière du collège des évêques pour confier à leur suite « l’avenir de notre pays à Dieu pour qu’advienne un Congo nouveau, paisible et prospère. Que Marie, Notre Dame de l’Espérance, elle qui a cru aux promesses du Seigneur, nous soutienne dans le combat pour le changement de mentalité et la promotion des valeurs humaines authentiques. Que Dieu bénisse et protège la République Démocratique du Congo. » . LA GUERRE EN RDC : GUERRE OUBLIÉE OU GUERRE NÉGLIGÉE ? QUI DIT MIEUX ?