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Anti-beur : réflexes chauvins d’exclusion !



Aussi bien Zizou que Dati, ils sont visés par des frappes d’une discrmination qui associe médias et l’édition littéraire.


mardi 2 décembre 2008
par N.E. Tatem


« Demander publiquement pardon aux juges sanctionnés par la ministre » , telle est l’exigence de 600 magistrats français à Rachida Dati. Si une telle doléance a pu être formulée, médiatisée et mise en exergue… Elle est une onde à l’encontre de celle assujettie de se plier, comme une parvenue tombée avec la dernière averse, à la volonté des juges...

La nécessité de réformer l’appareil judiciaire semble non seulement une nécessité mais une urgence à déléguer, à la mieux placée : la ministre, pour la réaliser.


Une beurette chargée de l’une des réformes les plus significatives que connaît la France. Voilà qui s’interprète en un VIOL, au pays où officie Rachida Dati. Le bougnoule s’intègre, comme un haïssable pirate, au regard des pseudo-révélations au sujet de la première descendante de l’immigration à occuper une telle fonction. Et surtout les doléances qui lui sont adressées et autres contestations qui la visent, via le système médiatique, les auteurs émettent et signent publiquement ainsi qu’en concert, la demande de son écartement. Combien de fois on l’a vue partante avant l’heure : la sorcière à prendre en chasse ?

Son « bébé de trop » a longtemps tenu, sans être encore né, les unes de la presse people. Une relève ne collant pas à la société xénophobe. Alors que l’éventuel père continue d’alimenter le monde merveilleux, qu’alimentent les succès et vies privées des personnalités publiques, une admiration à l’affût d’esclandres.

La voisine de votre palier, allergique au petit-écran est éprise de lecture des romans de ce qui est la « littérature rose », me répète et avec l’éblouissement subjuguant des historiettes de ses livres préférés : combien je rêve que ma vie soit comme celle de l’héroïne du dernier paru : « Un amour en diamants » ?

Tel est l’attrait de la presse paparazzi. Mais le profil adoré est réservé, comme le disent-ils, aux bons teints. Et quand on y tient la "Une", des titres actuellement bien vendus et à fort tirages, par la force des choses qui ne vous oublient pas, le ton réservé à l’indésirable reste pourfendeur.

On a caché sa bague aux diamants ! vendent bien les journaux. Mais pour qu’elle, seule, en bave. Le prestigieux quotidien « Le Figaro » s’est publiquement excusé d’un manque de déontologie qui a échappé aux correcteurs. Ah ! Un stagiaire dans sa lancée !

Si on s’imagine qu’une ministre ose demander à un titre qu’on cache ses étincelants bijoux, on se demanderait chez le lecteur : avec quelle presse vit-on ?

L’Express vous propose un dossier sur le cas Dati, en mettant une suspicion sur les immérités diplômes. L’autodidacte aux nuits blanches pour s’en sortir, on s’en fout. Le temps où ce grand hebdo donnait une image quelque peu idyllique, de la guerre d’Algérie, du beur est loin.

Dernière des sorties dans ce milieu qui mêle littérature de gare et presse spécialisée « Zidane, une vie secrète ». L’éditeur sur ce fructueux filon dit : « Cette enquête, menée dans toute l’Europe pendant plus d’un an et demi, n’a pas été sans difficultés, comme on sait, puisque deux détenteurs du manuscrit se sont fait cambrioler tour à tour. » Un tel résumé mais résonne comme une dénonciation. Du moins, il interpelle juges et flics à la fois.

Zizou est un mystère, une proie des plus désirées, pour les arcanes de la plume parfumée de scandales. La fiction semble absente quand on aperçoit la réalité, pourtant impure ? C’est aussi l’intrus, dans le paysage public réservé aux français de bonne souche, qu’il faut mâter. Le mec issu de l’immigration algérienne, exemple à ses semblables, fait le contraire de Dati en se tenant loin des flashs. L’auteur de l’ouvrage est Besma Lahouri, journaliste indépendante. Habituée aux enquêtes sensibles, avec L’Express où elle a taillé déjà des costumes, dans le segment de l’apparence trop médiatique des individus dans la société : la vie des personnalités.

« Demander publiquement pardon aux juges sanctionnés par la ministre » , telle est l’exigence de 600 magistrats français à Rachida Dati. Si une telle doléance a pu être formulée, médiatisée et mise en exergue… La nécessité de réformer l’appareil judiciaire semble non seulement une nécessité, mais une urgence dont il faut charger, au mieux placé MME LA MINISTRE, pour la réaliser.

Pour l’arrestation, en fin de novembre 2008, pour ne citer que le dernier événement, de Vittorio de Filippis, journaliste économique et ancien directeur de la publication du journal « Libération » qui n’a répondu à convocation de magistrat instructeur, c’est elle qui répond. Certainement comme représentante de l’exécutif gouvernemental, devant les élus du peuple. Alors que c’est une intervention de policiers, à laquelle sa collègue du ministère de l’Intérieur, qui n’a pas été silencieuse à ce sujet, doit répondre. A se demander si elle sera entendue au-delà de l’hémicycle, là où le public est à l’écoute ? Si on avait regardé d’abord la prérogative du juge qui a ordonné la procédure, ainsi que le dédain du journaliste pour une convocation de l’autorité publique ?

« Affaire de Filippis-Libération : Rachida Dati est-elle digne de sa fonction ? »

Voici le titre de ce jour, le 2 décembre, où nous mettons en ligne cet article, d’un confrère qui a trouvé la parade d’être un journal en ligne et d’être le people en vue. Une profession de foi digne mais indigne de « la semaine De l’égalité » (du 1er au 7 décembre) où sont retenues les 170 initiatives locales contre les discriminations pour combattre quelques 18 critères discriminants auxquels s’intéresse la loi. Et la loi a pour gardienne une Dati justement.