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Double détournements au livret A.



L’épargne populaire précipité dans la déroute du capital frappé de récession...


jeudi 2 octobre 2008
par Damien Djamel Bouch’Raf


Orienté vers un autre usage que celui originel, l’épargne populaire est sous les feux de la rampe pour ces taux, sa libéralisation et sutout les fonds qu’il a accumulés, bien avant la crise pour que des mains impromptues viennent les happer. Comme une bouée de sauvetage en période de carence du capitalisme en effondrement, le livret A est livré en pâture à l’imprévu... L’effort des populations fragiles, exposé aux convoitises, va être une douleur sous l’esprit du message passe-partout de l’effort national…

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Alors que la crise financière colporte une récession économique visiblement à l’échelle de l’ancien monde capitaliste uniquement, même si les experts la considère plus étendue au niveau planétaire, le chef du gouvernement français a déclaré au premier jour d’octobre que des capitaux font être puisés des épargnes du « livret A ». Afin de répondre, soutient Mr. Fillon, aux besoins des PME en matière d’investissement.

En cette période de disette, pour la spéculation boursière qui enclave dangereusement l’économie de pays vulnérables, car prenant justement les bourses en décideurs potentiels des valeurs qui sont en réalité les richesses industrielles, la nouvelle résonne comme un coup de canon dans une paisible clairière. Des plumes se sont volatilisées en réaction à une décision qui a provoqué vite un tapage de l’opposition, de syndicats et d’associations concernées dont celui « Touche-pas à mon livret A », qui, ces derniers ont mis en ligne une pétition.. Signez la pétition –Ici-. C’est que le climat est vraiment tendu, à propos de finances, et quand on touche à une plaie au saignement encore suintant…

Les banques prises dans la bourrasque, de voir leurs fonds en monnaie entre les mains de traders à la limite de connaissances en appréciation des produits mis sur le marché mondial. Parce qu’ils se contentent de suivre et de miser sur les marques avant de vraiment déceler les réelles opportunités qui naissent quotidiennement avec la forte poussée des pays émergeants. Les banquiers, sans ripostes, vivent cette crise en regardant se vider à grande vitesse leurs trésoreries.

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Ces dernières sont déjà moins fournies par cette récession, pas d’argent frais. Dans le sens de perte de compétitivité des entreprises, leur clientèle potentielle, n’ayant plus des bénéfices à garder sur leurs comptes, les véritables économies qui alimentent les banques.

Récession du capitalisme mercantile le plus primaire qui a donné le nouveau visage aux plus irréductibles libéraux, comme Mr. Sarkozy et Bush, à suggérer la régulation et l’interventionnisme pratiqué publiquement par les pays communistes avec l’interventionnisme étatique. Le capitalisme royalement présidé par les boursicotages inopinés car peu regardant vers l’évolution des productions participatives à satisfaire les besoins des humains, reste encore autiste face l’éruption de nouveaux réflexes de productions initiés par de jeunes territoires aux dents longues et bien acérées en matière d’efforts économiques.

Ces guichets financiers voient aussi les personnes privées se rabattre sur leurs pécules épargnés, en vidant les caisses. D’abord pour une raison de récession, en termes simples : les gens dépensent leurs économies parce que leur pouvoir d’achat est carrément ruiné ! Et par manque de confiance, qui non seulement advient de la tourmente de crise, mais surtout pour avoir constaté que l’emprunt est devenu pour eux un parcours du combattant truffé de formalisme bureaucratique débouchant sur un « persona-non-grata » vexatoire.

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Le client des banques bute surtout que son argent ne peut générer un emprunt dont il a besoin pour sa consommation. De quoi laisser croire au simple citoyen à qui la banque refuse sa doléance de crédit qu’il n’est pas solvable, ce qui entame grandement son espérance. A la fois et d’abord à l’égard de son partenaire gestionnaire de son capital puis, en second lieu, dans son argent-même qui devait être fructifié, alors qu’il devient, du moins c’est un sentiment généralisé, exposé au risque de ne pas être récupéré.

On ne peut pas donner ce qu’on n’a pas.

Les banques traditionnelles ne peuvent se permettre de financer les PME, déjà qu’aux simples déposants notamment les plus petits, elles n’acquiescent pas. Alors que les petites et moyennes entités économiques, au dynamisme généralement idoine au contexte actuel où évolue l’économie mondiale, la visibilté est quotidiennement rivée sur le péril du système capitalisme où végètent ces modestes créateurs de richesses.

Le chef du gouvernement a donc préconisé le recours à l’argent se trouvant auprès de l’épargne populaire. Le fameux livret A dont les deux principaux opérateurs étaient, par monopole décrété, la poste et une caisse d’épargne accréditée parmi le réseau banquier. En effet les estimations donnent le chiffre de 300 milliards d’euros disponibles au niveau de cette formule d’épargne réservée aux revenus modestes et d’où l’Etat faisait le bon usage, dans l’intérêt collectif, de construire les logements sociaux.

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Déjà balancé dans le champ implacable de la concurrence, en permettant à toutes les banques de mettre en place cette offre, les décideurs français épris un élan effréné de réformes, se sont conformés et même applaudis à une décision de l’instance continentale de l’UE. En déplacement à Vandoeuvre-lès-Nancy, Nicolas Sarkozy se déclare favorable sous conditions à l’élargissement de la distribution du livret A, histoire de multiplier par X l’avis des eurocrates. Une mesure au libéralisme mené à tâtons, le gouvernement a adopté la libéralisation, comme pour déréglementer, depuis cet été, mais complètement effective dès janvier 2009. C’est-à-dire la disponibilité du livret A auprès de toutes les banques, sans vraiment mesurer les effets.

Les taux de rémunération de cette épargne ont augmenté depuis l’autorisation de la France et l’injonction de l’E.U. D’abord parce qu’il y a cette concurrence, comme une course entre les banques pour qu’elles appâtent le plus de clients, mais aussi grâce à la stabilité des capitaux qu’engrange le livret A. Malgré que le compte individuel ne puisse pas excéder 16 000 € (en moyenne 15 300), cette épargne brasse des fonds appréciables.

C’est cette assiette équilibrée, devenue actuellement sous pression du fait de l’ouverture de son marché… Et qui va être avalée. Les réactions pour cette sortie de Mr. Fillon n’ont pas amorcé un débat et restent sans échos. La libéralité qui engendre un éparpillement des capitaux par la multiplication des opérateurs, tel est aussi l’imprévisible en ces heures de perturbations des finances.

Des offres de plus en plus alléchantes de 4 à 8 % sont mises sur le marché actuellement pour le livret A. Les appels des portefeuilles des banques sont formulés dirait-on des assauts… Certaines banques préconisent d’atteindre le seuil symbolique des 10 % d’intérêt, des 7 % font légion. Notons qu’à 4 %, le revenu annuel des intérêts n’est pas imposable, auprès l’unanimité des banques à la limite des 16 000 €. Au delà, d’autres épargnes mais à la rente plus réduite.

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