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ALGERIE : De l’historicité du 5 Octobre 1988.



Pour nos nombreux lecteurs d’Algérie...


mercredi 10 septembre 2008
par Azouz Benhocine


La misère guette toujours, voire de s’amplifier pour l’éternité. La crise ne s’estompe pas et le pays ne décolle toujours pas. Une angoisse pernicieuse et omniprésente questionne chaque moment quant au sort commun du peuple algérien... Et de ses amis et observateurs qui s’en préoccupent.

Un lecteur algérien nous a communiqué l’adresse d’un groupe de discussion et que nous avons décidé de diffuser, PARTICIPER au PACTE POUR UNE REVOLUTION DEMOCRATIQUE EN ALGERIE —>

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Il y a 20 ans, les jeunes algériens sont sortis dans les rues, pour revendiquer, oui manifester paisiblement, la démocratie. Le contexte mondial s’y prêtait. Et la situation catastrophique interne aussi. Vite devenue une révolte qui a cogné aux portes du prince cloîtré dans sa criarde impopularité et son son squatt du palais. La sédition a été payée de sacrifices... et la torture macabre ressuscite des mémoires sombres. Chadli était, de part la durée de son règne : 10 ans, le président qui a connu le plus d’intrigues de palais ainsi que de révoltes exprimées sur le macadam.

Depuis décembre 1990, après l’éviction de ce bidasse à la tête de choux blanc, les têtes au sommet du jeune Etat algérien se succèdent. Aucun des successeurs n’a apporté l’orientation qui lie le pays au rêve qui tient à cœur ses citoyens. Le black-out s’est perpétué, aucun changement n’a rayonner de la lueur du destin radieux auquel aspire toujours la population.


JT 10 Oct 88 sur l'Algerie par moko21

L’islamisme préconisé, c’est-à-dire soutenu dans son importation d’orient, en l’arlésienne qui laverait le nationalisme de toutes ses dérivations de la guerre de libération et de son dirigisme hégémonique, dépouille définitivement la sensibilité musulmane, de la majorité des algériens, du caractère privé de l’islam. Il engendre la résultante, tant redoutée, la faillite. Sans relâche il convoite le pouvoir, d’une part avec les armes sanguinaires, et d’autre selon le passage par les urnes qui explosent sous le poids des scrutins qu’il lui engrange à chaque vote du succès. Mais c’est la méthode violente qui l’attire davantage, parce qu’il réfuterait de se soumettre à l’alternance ! Le jour où il accède à la direction du pays, il annihilera la démocratie. La voie des urnes lui est une simple formalité pour instaurer définitivement une théocratie indécrottable.

Les autres perspectives démocratiques sont toutes mises en échec, entravées par moult manœuvres. L’avenir devient Imperfectible, tout projet de société rationnel est occulté. Une propagande mortifiante le traite la démocratie d’exogène à la personnalité algérienne. La bourgeoisie, traditionnelle qui n’a pas trouvé sa place espérée d’auxiliaire du colonialisme, s’est illustrée par l’accaparement des institutions... Faire main basse sur les richesses, y va de toutes ses armes pour handicaper toutes formes de démocratie imaginable. Dans le « tourner-en-rond » où elle endigue le pays, on ne fait pas de pire de part le monde entier.

Cette alternance renvoyée aux oubliettes depuis l’indépendance, laisse place à ce tourner-en-rond. Le système refuse de se renouveler lui-même ou de céder aux générations montantes. Mobiliser des catégories éclairées est tellement lointain, les forces vives somnolent à jamais sous les anesthésies qu’on lui a appliquées par des castrations de ses compétences qui subissent à jamais. Toute forme de contrepouvoir crédible est : soi criblée par les balles assassines, soi égorgée par les « khinjars ». Sinon sommée de s’exiler au Québec ou sous d’autres cieux plus cléments. Intellectuels, médias, artistes, créateurs et autres empêcheurs de tourner-en-rond ne figurent plus dans le répertoire des remises en cause. Bien sûr sauf ceux qui se sont casés dans le giron régnant s’accommodent et se nourrissent à satiété du poison destructeur du pays.

La presse autonome où beaucoup d’espoirs ont été placés, et pouvant influencer l’amélioration née après OCTOBRE 88, date à l’origine du pluralisme, s’est endiguée dans la sauvegarde des acquis qu’elle a décrochés. Elle est devenue un appareil farouchement ancré à droite, en termes d’entreprises privées lancées dans l’accumulation des capitaux sans se préoccuper de sa mission morale d’éclairage. Parmi cette presse, sans être l’organe officiel des communistes, Alger Républicain qui depuis sa naissance en 1937 entre les mains des socialistes puis acquis par les communistes d’Algérie, a survécu dans les aléas de son aventure intellectuelle « de confection, d’écriture et de diffusion » à la sauvette. Du fait qu’il a été suspendu à plusieurs reprises et pendant de longues périodes de son existence... Durant sa longue marche, il n’a jamais été une entreprise commerciale au sens où se voient aujourd’hui les journaux relevant du secteur public et privé. Sa ligne éditoriale basée sur une approche militante de l’information, ne lui confère pas les moyens et les influences pouvant offrir une place au soleil.

Aucun autre média, d’un autre genre : radio, télé..., n’a vu le jour malgré la floraison de la presse écrite. Y compris ceux du Web où sont dégagées les segments d’une certaine liberté d’action, un déficit de la liberté d’expression devenue primaire, sur la surface de la Terre, avec le 3ème millianire. En septembre 2007, selon une statistique officielle quelques 5000 sites Internet sont algériens, très loin après le Maroc et la Tunisie, deux voisins... Cette fracture numérique dit long sur les retards en matière médiatique.

Aussi bien les observateurs dont certains se sont faits une spécialité qu’on désigne par « l’algériologie » que les algériens eux-mêmes se fient à croire en une malédiction qui frappe ce pays pourtant pourvu d’énormes atouts. La conjoncture transitive imparable et admise en théorie, dans le processus d’évolution, mais pratiquement elle plonge le pays dans une latence dangereuse à l’origine d’un énorme retard qui épuise la confiance et n’offre aucunes visions de triomphe. La richesse énergétique, pouvant permettre au pays d’être parmi les entités étatiques économiquement émergeantes, est inopérante et crée une impotence des efforts humains. Une rente comme une malédiction...

L’Algérie stagne, décevant sa population et éclairant les « algériologues » que la gestion se fait dans une incurie, impunément signée par presque tous les gouvernants qui se relèvent les uns après les autres. Sans réussir la sérénité qui améliore les conditions sociales de la population, et en dépit des considérables ressources humaines dont dispose le pays pour assurer son avenir et assagir son présent, le pays traîne.

Le terrorisme qui menace ou s’attaque à plusieurs contrées du globe, sévit de manière à ne pas démentir ce « tourner-en-rond » fatidique et interminable, qui devient le propre à l’Algérie. Pareillement à l’Arabie Saoudite, où les connivences avec ce fléau laissent entendre des verbiages sans envergures qui confortent les exactions. L’islamisme est une option idéologique idoine à ces types pouvoirs arabes où l’algérien s’illustre d’être le premier des nationalismes, de postindépendance, des plus réactionnaires. L’entretien de l’islam politique, ou la politisation de la religion musulmane, offre des garanties à une longue liste de régimes arabes et musulmans qui se ressemblent.

Le nationalisme algérien impardonnable dans son aliénation, désire se régénérer sous cette matrice idéologique impopulaire de l’islamisme. Contrairement aux enclavements, en Tunisie et au Maroc pour citer le parcours de ses principaux voisins avec lesquels il partage de probantes similitudes sociologiques, des islamistes, en Algérie c’est ouvertement l’entreprise politique des véreux embusqués sus le sigle glorieux FLN. La monarchie d’Arabie, gardienne des lieux saints de l’islam, trouve ses comptes sous cet auspice, de mêler avec la même manière le sentiment privé et individuel de la divinité comme une inspiration à la conduite de l’autorité, plaçant donc ses sujets sous la « Chariaâ » des plus féodales et archaïques modèles. Pourtant là aussi, en Arabie Saoudite, se réveillent des changements.

Des éléments des autorités algériennes ont utilisé les mots « jeunes égarés », pour parler des terroristes, avant les saoudiens qui l’ont adopté officiellement. Cette ambiguïté contradictoire laisse dire aux décideurs de ces deux exemples de pays arabes parmi beaucoup d’autres, qu’ils sont à la tête de régimes islamistes. Donc ils préfèrent désigner ce que toutes les terminologies appellent terrorisme islamiste : criminalité politique. Là, le discours du commanditaire se confond à celui du tueur, l’un et l’autre sont d’appartenance commune. Cette médiocrité instruit, comme une directive, au juge qui traite le méfait de porter atteinte à autrui n’est qu’une erreur. Le terrorisme n’est pas un égarement, pardi !

La population répond aux normes et discours qui lui sont inculqués. La jeunesse adopte la dérogation de rêver du paradis divin. Elle lui est miroitée par les sataniques orientations qui continuent de lui distinguer que l’islam est religion d’Etat, l’obligeant ainsi à commettre le pire. La citoyenneté religieuse prime sur toutes autres considérations. La république islamique qui préside l’enfer sur la communauté nationale. L’Algérie encaisse des retards immenses dans la course qu’effectuent les autres peuples réunis dans des cadres étatiques. L’islamisme sous ses deux versions, électoraliste et paramilitaire (terroriste) tronque tout effort de mettre au devant une idéologie qui peut être réellement à l’origine du pacte social de l’harmonie. Un pacte républicain !

La reconsidération du projet national, pour le mettre en phase avec les conditions matérielles qui lui ont données d’avoir avec une rente pétrolifère, est aujourd’hui en questionnement ? La rupture avec l’islamisme est de plus belle, elle avance... au devant des idées de chaque algérien.

Seule la gente du pouvoir continue à faire exister le legs nationaliste dans une variante confessionnelle qui n’a jamais existé dans l’histoire du pays. Le terrorisme y trouve son terreau, comme la vie d’un virus dans une cellule. Et c’est le 5 octobre qui a donné le ton pour la liberté, celle de rompre avec ce que les algériens désigne "le système".