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LA ROCHELLE : LES TENDANCES DU P.S. PILOTENT LE CONCLAVE.



Droit-devant, l’échéance du congrès de Reims se prépare...


samedi 30 août 2008
par Damien Djamel Bouch’Raf


Au prochain congrès du PS, de novembre à Reims, un nouveau premier responsable du parti va être désigné. Mais dès l’université d’été à la Rochelle, en cette fin d’août, les dés sont jetés et les pions sont avancés. Une fois les cartes dévoilées et les grosses pièces entrées en action, les français verront si l’opposition de gauche peut constituer et détenir le crédo d’une alternative à Nicolas Sarkozy.

Au non-voyants cet article est vocalisé, écouter en MP3 la version phonétique.

Les ténors du PS, à l’exception de Dominique Strauss-Kahn, se sont retrouvés à la Rochelle pour la 15ème université d’été. La sérénité a été peu ambiante et éclipsée, parce que les réunions des courants internes dès la première journée d’ouverture de cette retrouvaille ont été de premier ordre afin d’aiguiser les armes pour influencer l’ensemble et tout ce chantier. Plutôt une image pittoresque de quiétude, qu’une concordance de fond, a soumis les chefs et leurs suites, du fait des regards non seulement des français et de la classe politique en générale, tous deux épient cette rencontre comme un évènement majeur de la rentrée.

Martine Aubry tente, de toutes ses forces, de se distinguer :

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Les premiers voient à 61%, selon un sondage ViaVoice dans Libération, en les querelles intestines particulières du PS qui sont de réels antagonismes idéologiques menés en véritables duels d’éléphants en quête de guider le troupeau, les sources de toutes les déroutes électorales de la première organisation politique de l’opposition. Et la seconde, toutes tendances confondues, tentent de ramasser des dividendes surtout humaines, de toutes exaspérations qui poussent fréquemment nombreux socialistes et de tous les échelons à changer de camps comme ils le font de leurs chemises et des fois sans moindres discordances avec leurs partisans, selon l’opportunisme qu’ils ne croient jamais le posséder de long et de large. Mais c’est au prochain congrès, en début novembre à Reims, que ça va corser, s’attendent les observateurs.

L’atmosphère de la matinée du vendredi ne peut être autrement. Faute d’en exposer davantage les zizanies à l’opinion très à l’écoute de ce qui passe au sein de ce parti considéré comme une locomotive de l’alternative à un président de la république multipliant les initiatives pour ne laisser ni répit ni place au détracteurs. Tous les socialistes, outre les quelques 4000 participants de la Rochelle, s’en sont accordés à la discipline pourtant peu honorée. Mme Royal à qui la parole a été donnée en premier, du fait de sa région d’accueil, en a prévenu de s’en tenir à une convivialité qu’à un ordre que seule une cohérence des idées pourra définitivement instaurer.

Hollande, le partant dès le congrès de Novembre à Reims

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Candidate déclarée au poste de Premier secrétaire, elle a donné le ton (VOIR VIDEO - AFP- : "Aimez-vous les uns les autres ou disparaissez" et d’en rajouter "Personne ne peut se permettre de gâcher l’esprit studieux de nos rencontres et de nos échéances politiques".

Auparavant elle a échangé une bise devant les caméras et pris son « petit-déj » avec son ancien compagnon François Hollande, auteur d’une longévité de onze ans à la tête du parti, au restaurant de l’aquarium de La Rochelle. En soirée elle disparait pour aller festoyer à la grande kermesse du journal « l’Unità » du Parti démocrate italien.

La question de la direction individualisée du parti, pour laquelle on voit au premier plan une joute très disputée du duo Delanoë Royal, suscite d’autres candidatures, chacune tenant, d’une manière parallèle, les calculs les plus ardus. Carrément toutes les personnalités tendent de s’y mettre à diriger le parti. Et parmi le lot des prétendants, Martine Aubry, candidate encore attendue malgré ses gains de nouvelles alliances, n’a pas résisté au plaisir de tacler son ennemie jurée Ségolène Royal en réfutant son appel à l’amour. Sa mise au point est plus qu’éloquente : "Je me méfie toujours des valeurs de la compassion. Il faut faire appel à la raison d’abord, il faut convaincre", a riposté la maire de Lille.

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Elle a bien compté sur les segments réfractaires dont les "reconstructeurs" : coalition hétéroclite de tous ceux qui ne veulent pas des deux candidatures du maire de Paris de l’ex-candidate, pour enclencher ou consolider la toute relative sympathie que lui apportent des militants de plusieurs niveaux. La toute dernière qui lui est acquise vient f de l’ancien ministre de l’éducation Claude Allègre, absent et partant lui aussi dans « la mission européenne pour l’innovation » que lui a proposée le président Nicolas Sarkozy. Ce nouvel apprivoisé par l’ouverture du chef de l’Etat, voit la coalition de la dame lilloise avec Bertrand Delanoë comme la meilleure donne qui sauverait le PS de nouveaux échecs.

Martine Aubry n’arrive pas encore à regrouper des potentiels, par manque et à travers l’expression claire et entière de ses propositions, malgré la parution récente d’un livre –voir ci-bas- qui lui est consacré et coécrit. Présentement et d’ici le congrès, elle est la plus remarquée et la mieux placée pour représenter une 3ème voix. Elle aussi a glané, en soirée et grâce l’esprit de traduire une dynamique sortant de ce qui est préétabli et aller à l’inédit, les fidèles de l’actuel directeur du FMI dont l’absence n’a pas réveillé beaucoup de remous et a gardé l’homogénéité de son groupe.

Du fait de la pléthorique course à la direction du PS, un choix bien diversifié existe. Il donne des clefs propices aux rapprochements et aux manœuvres. Les premiers constituent un avancement et les seconds restent de traditionnelles tractations inscrites dans les emplettes de la pratique interne du PS.

Notre habitude de vous proposer des lectures avec chacun de nos sujets.

Mais avant, votez pour cet article La Rochelle, les tendances du PS pilotent le conclave.

Martine Aubry s’entretient ici avec Stéphane Paoli, journaliste, et Jean Viard, sociologue.

"Et si on se retrouvait..." 204 pages

• Editeur : Editions de l’Aube (21 août 2008)

• Collection : Monde en cours hors micro

• Langue : Français

• ISBN-10 : 2752604971

• ISBN-13 : 978-2752604972