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La représentante des FARC arrêtée en Espagne, libérée.



Le nouveau ministre des affaires étrangères de Colombie, le 29 Juillet 08, à Paris


mardi 29 juillet 2008
par Damien Djamel Bouch’Raf


La largesse accordée au membre des Farc par le magistrat espagnol, renommé pour sa rigueur et son professionnalisme, ainsi que cette seule et première arrestation connue dans ce pays pourtant très fréquenté par les sud-américains de tous bords, sème un trouble. Un tracas dans l’opinion droitier mondial et européen qui lient, sans vraiment en apporter des arguments et des preuves, la guérilla marxiste colombienne au trafic de la cocaïne et le qualifie d’un terrorisme sanguinaire.

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A l’étonnement de tous, la dame "membre des FARC" arrêtée le samedi 26 juillet, à San Lorenzo Del Escorial (nord-ouest de Madrid) en Espagne a été libérée le lendemain, dimanche 27 juillet 2008, par le juge Baltasar Garzon, le spécialiste du pays en la matière. Outre que la caution n’a pas été remise à l’avance au service du trésor comme il est généralement pratiqué, un délai de sept jours a été accordé à madame Maria Remedios Garcia Albert pour payer la garantie.

Maria Remedios Garcia Albert

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Ce traitement de faveur envers une personne que certains médias relayant des politiciens se sont empressés à la qualifier de tous les noms, comme aussi la modicité presque insignifiante, 12000€, de la caution apportent de nouveaux éclairages quant à l’image et à la perception qu’ont des pays, qu’on peut qualifier bien avisés, sur la question et le rang des Farc. Contrairement à l’administration américaine et beaucoup de responsables politiques européens campant sur leurs perceptions étriquées, les Forces armées Révolutionnaires de Colombie jouissent d’un crédit de sympathie au sein des mouvements de gauche dans le monde et quelques officiels, de par le monde, lucides quant aux conditions réelles de ce pays. Les relations avec Hugo Chavez, le président vénézuélien entre autres innombrables des plus affichés, ne sont pas une exclusivité. Bien d’autres plus crédibles et de confiance, comme avec Daniel Ortega, sont considérés réalistes aux yeux des connaisseurs du contexte sud-américain.

Le président Nicolas Sarkozy s’adressant directement au chef des Farc

La France, côté des officiels et non versant médias mais pas tous, a toujours eu un comportement ouvert et même des échanges officieux. Les deux personnalités suisse et française Noël Saez et Jean-Pierre Gontard, sous poursuites et procédures d’investigation du parquet colombien, accusés d’être des porteurs de valises pour le compte des Farc montrent à quel point des cercles progressistes entretiennent un respect relatif à l’égard de la rébellion. Ainsi l’envoi en juillet 2003 d’un avion à Manaus au nord du Brésil, sur initiative et suivi de Mr. Dominique de Villepin pour récupérer l’otage Franco-Colombienne Betancourt, explique aussi l’appréciation relationnelle, informelle et différente de celle propagée dans l’opinion générale. Alors que nous diffusons aujourd’hui 29 juillet ce sujet, le nouveau ministre des affaires étrangères de Bogota est en visite à Paris. Le président français maintient toujours et sans concession l’idée d’accueillir des membres des Farc que les autorités colombiennes ne lui réfutent pas entièrement.

La largesse accordée au membre des Farc par le magistrat espagnol, renommé pour sa rigueur et son professionnalisme, ainsi que cette seule et première arrestation connue dans ce pays pourtant très fréquenté par les sud-américains de tous bords, sème un trouble. Un tracas dans l’opinion droitier mondial et européen qui lient, sans vraiment en apporter des arguments et des preuves, la guérilla marxiste colombienne au trafic de la cocaïne et ne se prive pas de le qualifier d’un terrorisme sanguinaire.

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Pour la première accusation aucun narcotrafiquant, arrêté à ce jour tant avec quelques grammes qu’avec des grosses quantités, n’a été vraiment démontré membre des FARC. C’est reconnaître aussi que les vérités ne s’établiront certainement jamais du fait de la générale opacité qui préside ce trafic. Et pour le second reproche, l’activité politique des FARC qui assume plus une démarche révolutionnaire guévariste à la limite du sans-reproche du fait du recours aux kidnappings, trouve un semblant d’authenticité. Y compris madame Ingrid Betancourt n’a pas apporté des données de violences extrêmes ou de traitement inhumains comme le font, par exemple, les fanatiques de l’islamisme à travers plusieurs pays et continents du monde.

Parodie diffusée par les FARC à propos de la libération de Betancourt

Pourtant poursuivie pour «  collaboration et appartenance à une organisation » par le magistrat de l’Audience nationale, la dame doit payer sous peine d’être placée en détention provisoire. Le premier responsable de la plus haute juridiction pénale a affirmé que la dame avait « des relations avec les FARC et les chefs de l’organisation ». « Un contact continu, au travers de courriels et notamment avec le dirigeant Luis Edgar Devia Silva, alias Raul Reyes ».

Les documents récupérés lors de l’opération effectuée par l’armée colombienne le 1è mars en territoire équatorien, qui s’est soldé par la mort de Raul Reyes, renferment beaucoup d’informations utiles aux enquêteurs. Particulièrement les fichiers de l’ordinateur de l’ex-numéro deux de la guérilla Raul Reyes, servent beaucoup. Madame Maria Remedios Garcia Albert aurait reçu en 2006, Selon le même juge espagnol : « Des mains de Raul Reyes 6000 dollars qu’elle devait remettre à Lucas Gualdron, le représentant des FARC en Europe ».

Mieux Connaître les Farc, des révolutionnaires au-dessus de tous soupçons.

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