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La CGT grippée au sommet : le rouge est mis !



Un syndicat en quête de modèle de démocratie interne qui convient aux travailleurs français.


mardi 7 août 2012
par jaco


Si la CGT a réussi merveilleusement son détachement, entendre une autonomie dont l’acquisition ne pouvait être que délicate et peu aisée, du PCF, elle tarde aussi de repenser l’harmonie organique ou la démocratie interne. Car dans le débat, qui logiquement ne devait pas avoir lieu tel qu’il est exposé par les commentateurs, de la succession de Bernard Thibault, ressort que les rouages ne sont pas si bien limpides et fonctionnels.

Avec le découplage, entre parti / syndicat, des années 2000, dès lors toutes les lignes ont inéluctablement bougé. Pour dire exact, la branche CGT de la fourche devait voler de ses propres ailes depuis.

Si cet écart pris d’un parti qui déclinait sous l’effet de l’ouverture du livre noir du stalinisme pendant les années 80, devait être effectif, il aurait aussi influencé sur la stratégie syndicale d’une manière générale. Une nouvelle identité pour le syndicat surtout, détachée de la structure politico-sociale de jadis. La démarche commune transformée, il reste à jamais inimaginable que cette mutation entraînerait un divorce avec la gauche française. Ce qui est sauvé pour une même famille.

Le secrétaire, Bernard Thibault, du premier syndicat français qui a largement présidé à cette distanciation entre la centrale et le PCF, a souhaité que son successeur soit une femme en la personne de Nadine Prigent, une ancienne infirmière de 54 ans, qui a longtemps dirigé la Fédération de la santé.

Mais ce passage de témoin n’a pas été validé, en recueillant 304 voix contre et 255 pour, lors de la réunion du Conseil Confédéral National (CCN) de mai 2012. Le prochain, en plein rentrée sociale, sortira avec des candidatures pour l’élection par le congrès, de 2013, du nouveau secrétaire.

Auparavant le PCF procédait à la désignation, toute naturelle, du premier responsable de la CGT. Dès l’affranchissement du syndicat est acquis de ses géniteurs, la forme organisationnelle ancienne a disparu. De même que l’apprentissage de la démocratie n’avait pas aussi et au préalable établi qu’une alternance homme-femme devait permettre au secrétaire d’avoir tenter (voire oser) une candidature dûment choisie…

L’enjeu de la crise actuelle incite à imaginer, non pas de simples transferts, entre personnes de même affinités ou sensibilité, d’appareil de management syndical. Mais de véritables projets théoriques à la hauteur des dures réalités qui ont prise sur le présent !

Aux dernières élections prudhommales la CGT est largement plébiscitée. Les espoirs que mettent les travailleurs français dans la structure syndicale engluée ou presque décapitée en cette rentrée sociale 2012/2013, où en France le PS a déjà les pieds sur le tapis dérapant de la crise…

Les attentes ouvrières plus qu’angoissantes en temps de récession, ne sont pas des tracas conjoncturels !

Descriptif des structures de direction de la CGT

Le bureau confédéral est le gouvernement de la CGT. Il a été largement renouvelé au dernier congrès et comprend 8 membres, dont Bernard Thibault.

Ses membres sont choisis au sein de la commission exécutive (CE), elle-même élue lors des congrès. La CE est le bureau politique de la CGT, sa direction élargie. Elle compte 54 membres.

Le comité confédéral national (CCN) est le parlement de la CGT. C’est le cœur de son appareil et l’instance souveraine, au pouvoir décisionnel. Il est constitué des 127 principaux dirigeants de fédération (une trentaine) et d’union départementale (une centaine), qui disposent des mandats de vote. 87 autres membres y siègent sans voter.