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Syrie : l’aube de la démocratie



L’épisode ultime du Printemps Arabe, la fin du baâth syrien !


mercredi 25 juillet 2012
par Azouz Benhocine


La spirale ascendante prise par Bashar Al-Assad est commune à ses prédécesseurs et dictateurs arabes. Il avait son clan familial axé sur l’économie, un parti nationaliste agglutinant pendant 42ans les rentiers et une armée. Composée de vrais professionnels dont les défections de généraux ont fait échos. Les hommes qui la composent redoutent un lendemain incertain...

A suivre :

Syrie : base de rebelles en Turquie.

La tyrannie du Baâth a obligé les jeunes syriens à s’armer par tous les moyens !


Les difficultés avec lesquelles a évolué et se fait apprécier l’insurrection révolutionnaire du peuple syrien contre le baâth, premier régime arabe à avoir initié la reprise dynastique du pouvoir par un rejeton du dirigeant décédé, ne sont pas prêtes à se dissiper. Une grande inquiétude planche désormais sur l’après-Bashar, dont le départ est éminent ! En effet quel lendemain pour ce pays au cœur de la région explosive du Proche-Orient ?

Les rebelles ont bénéficié des aides, de financements et d’armements, des trois principaux alliés des USA dans la région : L’Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie. L’inquiétude de Washington, qui (avec Barack Obama, il faut le noter) s’engage pour les changements du Printemps Arabe, sans envoyer ses hommes, est grande encore une fois.

Les Etats-Unis redoutent l’autonomisation existante des groupes sectaires islamistes qui ne sont pas exclues des rangs des rebelles. Voire la prise du pouvoir après Bashar, pour les anticipateurs politiques, par des islamistes est aussi une évidence, à l’instar du principal voisin l’Egypte.

Ils seront encore de la trempe de Morsi, le nouveau président égyptien qui vient de faire tomber la frontière avec la Palestine occupée et principalement le cloître imposé à 1 million et demi de palestiniens à Gaza. Du fait de la frontière commune avec la prison à ciel ouvert imposée à un peuple spolié de sa terre !

Cette option, de l’arrivée d’islamistes mettant en danger Israël, le pion principal dans l’échiquier impérialiste, s’est déjà établie partout. Et même en Irak, le gouvernement chiite actuel est soutenu, par la bête noire, l’Iran.

En Irak qui vient de vivre le pire 1er jour du Ramadan, celui de 2012, avec 225 morts dans avec plusieurs attentats qui ont fait plus de 1000 blessés, l’insécurité n’a que le nom du terrorisme… Peu importe qu’Al Qaeda ou un autre !

Burhan Ghalioun, responsable du Centre des études arabes à l’Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3, engagé dans l’opposition dès les années 1970, connu dans son pays avec surtout sa publication du « Manifeste pour la démocratie », ouvrage qui ébranlé le président Hafez el-Assad, fut parmi le fondateur et le premier dirigeant de la structure politique, le CNS "Conseil National Syrien" de l’opposition politique syrienne.

Ce penseur syrien est l’auteur de nombreux essais inspirant largement le Printemps Arabe, s’est retiré de la direction du CNS (Conseil National Syrien). Il a été été critiqué d’avoir laissé, d’ailleurs faussement, les Frères musulmans prendre une place trop importante au sein l’instance qu’il dirigeait. Car il ne convenait aux saoudiens et aux qataris !

Mais aujourd’hui à la barbe des soutiens, c’est une pléthore « d’islamo-djihadistes » qui a fait la défiance dans la nouvelle, et décisive, bataille de Damas. Les islamistes adhèrent massivement au combat pour la chute de l’héritier Assad.

Cette ultime présence de rebelles dans la capitale ouvre largement les rangs à de nouveaux recrutements. Elle a débuté avec plus une opération de services secrets, qu’un attentat qui aurait décoiffé l’armée syrienne de son ministre. Alep, bercail du président et poumon économique du pays, quant à elle est un front symbolique !

L’attentat, de Damas, a coûté la vie au ministre syrien de la Défense Dawoud Rajha, au vice-ministre de la Défense Assef Chaoukat, beau-frère de Bachar al Assad, au chef des services de renseignement Hicham Bekhtyar ainsi qu’au général Hassan Tourkmani, ancien ministre de la Défense.

Une quinzaine de jours, après ce coup, deux versions se partagent la parenté ? L’une avance un kamikaze qui s’est fait explosé aux côtés du ministre. Et la seconde dit que c’est une bombe, posée au plafond d’une salle de réunion. Et c’est cette dernière qui semble avoir eu lieu ? A l’arrivée, des autres régions du pays, des rebelles dans la capitale, ils ont été hébergés et nourris par nombreux opposants.

Le passage américain en Afghanistan qui tire à sa fin, n’a rien réglé, depuis qu’il a été entamé pendant les années 80 avec la collaboration des islamistes, a suffisamment averti de la fourniture d’armes aux groupes rebelles. C’est en Afghanistan que les grands détournements d’armes ont bénéficié aux Talibans, cela date de l’époque où le projet de déloger les communistes du pays des pachtouns.

Et des militaires étrangers notamment occidentaux, s’adonnent depuis des années à la vente d’arsenaux entiers, certains équipements détournés sont dans les marchés (souks) du pays… du fait que localement le marché des armes à feu existait depuis des siècles.

L’expérience, entendre la révolution, libyenne où les islamistes ont finalement été épinglés du pouvoir, est finalement la plus proche, idéologiquement, de celle de la Syrie. En reconnaissant le CNS comme seul représentant du peuple syrien, notamment à l’ONU –au niveau du conseil de sécurité- où les vétos russo-chinois jouent leur blocage, le CNT libyen a ouvertement annoncé l’envoi de volontaires et d’armements.

La spirale ascendante prise par Bashar Al-Assad est commune à ses prédécesseurs et dictateurs arabes. Il avait son clan familial axé sur l’économie, un parti nationaliste agglutinant les rentiers et une armée dont l’avenir composé de vrais professionnels dont les défections de généraux ont fait de grands échos.

A suivre :

Syrie : base de rebelles en Turquie.

La tyrannie du Baâth a obligé les jeunes syriens à s’armer par tous les moyens !