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Abdou B, journaliste et réformateur



Algérie : un talentueux communicateur quitte le pays qui a en besoin de sa présence.


samedi 31 décembre 2011
par N.E. Tatem


En réalité Abdou Bouziane est un journaliste algérien qui dépasse d’une tête ses collègues et confrères. Spécialiste des médias, des arts et de communication, il a marqué d’une empreinte indélébile les changements en Algérie. Loin des cercles du clientélisme, il se faisait sollicité que... Lui à aller solliciter... Une vraie machine à briser les tabous, à réduire à néant la merde gluante des MACHINES ou MOULINS à paroles...

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Né en août 1944, homme d’une originalité caustique et chaleureuse, ABDOU B triait la bonne graine de l’ivraie. Dernièrement il était chroniqueur au Quotidien d’Oran et à la Tribune. Après avoir traversé les sphères des médias algériens avec une audace comparable à celle des algériens libérateurs, des personnes conséquentes et intelligentes ainsi que des humbles du peuple algérien épris de progrès...

Des plumes algériennes d’une élégance irrésistible, comme Benchicou (Le Matin), Mekbel Saïd, le raseur des murs par clandestinité, Sifaoui (investigateur en islamisme), Belhouchet (El-Watan), Benzine (Alger-Républicain)... Il était de ceux qui ont autre chose à souligner... ceux, de la légendaire résistance, habitués à quitter la vie sur la pointe des pieds...

... Autres que ceux qui rapportaient comment (pendant les années 80 dans des circonstances de Hogra -HUMILIATION et persécution) l’article 120 se faisait appliquer dans les Mouhafadhas (commissariats police et du FLN - le parti dirigiste ET non le mouvement LIBERATEUR-) comme une capitulation au diktat de la dictature et de la censure...

Il a commencé sa carrière, en 1967 avec la revue de l’armée "El Djeich". Ceux qui la lisaient connaissent sa valeur, ses pertinents articles et sa fidélité à une Algérie éprise d’édification et d’évolution. « Dans cette revue, je suis resté dix ans. Là j’ai appris le métier et je suis parti avec le grade de rédacteur en chef adjoint » , a-t-il raconté un jour au quotidien Horizons. Mais moi je l’ai croisé ailleurs et m’a marqué de part ses intéressements...

Il m’a adressé une parole (missive) où il me disait que j’étais le localier (correspondant de presse locale) qu’il ne s’en passait point de rater mes articles de Bord-Bou-Arréridj d’où je collaborais avec Alger-Rep, El-Watan et Liberté. Puis je l’ai croisé, plus tard une fois par hasard, et une seconde occasion parce qu’il m’a reconnu quand je pensais qu’il m’avait oublié...

Fondateur et directeur de la revue de cinéma "Les Deux Ecrans" dans les années 1970 et 1980, Abdou B est nommé directeur de la télévision algérienne (ENTV) en 1990 sous le gouvernement de Mouloud Hamrouche, à la faveur de l’ouverture démocratique née de la révolte d’octobre 1988.

Ce fut un vrai professionnel qui a donné une pure bouffée d’oxygène pour cette chaîne unique décriée par les téléspectateurs algériens. Il sera débarqué de son poste en juillet 1991, puis il y reviendra deux plus tard, avant de claquer la porte en 1994. "La médiocratie" a pris les dessus !

Pendant cette légère et courte transition, il a mis sur rampe une pléiade de talents parmi lesquels Smaïl Yefsah (tué par les islamo-terroristes) qui a montré tant un travail d’investigation que celui de la liaison avec l’Algérie profonde : Chebine, Khadidja Bengana, Sekkar, Hamraoui Habib Chawki, A. Bekhouche, Benmessaoud, Nassereddine Laloui.

Même sans moyens financiers, car l’Algérie était soumise à un pétrole à 6,50 dollars, la télévision a connu ses heures de gloire. Je précise que l’homme est un pirate, un autodidacte talentueux. période spéciale, riche durant laquelle les initiatives étaient nombreuses, parfois maladroites mais toujours sincères.

Pour savoir ce qui est primordial pour cet homme d’une valeur incalculable, les émissions qui pouvaient contrarier le pouvoir politique n’étaient jamais bloquées ! Etonnant, son courage était une défiance. Il exigeait comme un vrai pirate introduit dans les rouages, l’envoi ou la diffusion se faisait en direct à la barbe de Hamrouche qui tolérait et tenait à être, aussi, un réformateur conséquent. Les appareils existaient. Ce n’est pas cher, c’était spontané et chaud qui réchauffe les cœurs !

Je ne suis pas vraiment un professionnel de la presse algérienne, même après 30 ans d’exercice sans relâche. Pourtant j’ai croisé avec amitié et une humilité qui m’a marqué de grands noms. Dont cet Abdou B (que je lisais) et que je respectai malgré les oppositions dans mon entourage... Un frère qui dédaignait l’amitié mais parlait de fraternité !

Je viens d’apprendre la mort de grand nom : ABDOU B. Je le considère, puisqu’il m’a fait la remarque, comme un concepteur du journalisme sincère, indifférent et d’une grandeur audacieuse...

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