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IRAK, L’ECHEC AMERICAIN NE FAIT PAS DE DOUTES



Depuis le mensonge des armes de destruction massive jusqu’à la finale de l’insécurité généralisée


vendredi 16 décembre 2011
par Gros Emile


La guerre américaine en Irak vient de prendre fin. L’opération « Operation Iraqi Freedom » a officiellement été clôturée et les soldats ont plié paquetages. Qu’en est-il des conséquences ? Plus d’écarts avec les USA, les lectures des autres peuples arabes sont encore plus sombres et aiguisent l’hostilité à l’égard même de tout l’occident. Les nouvelles haines sont plus systématiques, même si en Libye le même scénario a été reproduit avec la chute de Kadhafi…

Les irakiens se sentent soumis à la « domination » américaine bien que libérés de leur indécrottable dictateur. L’humiliation la plus morne qu’ils perçoivent est qu’on leur a subtilisé leur pétrole, la principale richesse. Ou du moins cette ressource a été détournée de partenaires, en évinçant certains pays comme la Chine ou la Russie, pour le mettre à la disposition exclusive des USA. Outre que l’ensemencement du terrorisme islamiste là où il n’existait pas, ou était latent, est largement visible.

En Algérie, pour citer un pays qui a connu les plus grands crimes de l’islamo-terrorisme, la vogue était au libéralisme et à l’apologie ouverte au capitalisme prédateur. Les algériens ont découvert les criminels économiques, comme Al-Kalifa, qui se faisaient passer pour des modèles de réussite et les hordes de tueurs qui se présentaient en gens pieux. Dans ce pays du Maghreb, loin des opérations de reconfiguration qui s’effectuent continuellement au Proche-Orient, l’idéologie américaine ne manquait pas d’indécence de se présenter comme celle des libertés, alors que nombreux cas dont la Palestine nous instruisent du contraire.

Lors de la cérémonie du départ des troupes américaines, aussi bien le président Talabani que son premier-ministre Nouri al-Maliki étaient absents, n’ont pas voulu remercier l’US-Army quand la population est déçue. Leurs sièges restés vides, ont été occupés par deux soldats afin de combler le creux dans la tribune. Malgré le discours optimiste d’Obama, c’est l’une des guerres marquée d’une grande animosité et qui traumatisent, pour longtemps, nombreuses générations de jeunes du Monde Arabe.

Les irakiens fêtent le départ des américains

Neuf années d’une atroce guerre ont laissé des traces. La disparition de Saddam Hussein qui végétait avec l’espoir de mettre en dynastie la république, avec les attentes que l’un de ses deux fils lui succède, comme en Libye ou en Syrie où déjà la succession est effective, a créé plus de vulnérabilité. Le terrorisme en est le symptôme et le fléau d’une déstabilisation qui engage bien la responsabilité historique des américains. Car cette guerre a été fondée sur le mensonge de détention du despote d’armes de destruction massive.

Le grand problème est la violence, bénéficiant de complaisance des populations musulmanes qui voient un crédo de résistance aux invasions étrangères, comme contre Israël plaqué, dans une région depuis la seconde, comme un corps étranger. Les musulmans gardent aussi leur inconséquence vis-à-vis de cet islamisme qui prône le châtiment barbare inspiré de la charia qui n’a de divin que l’injustice.

En Arabie Saoudite où la Charia est exécutée à la lettre et non loin de la tombe du prophète, pas moins de 73 personnes ont été décapitées jusqu’à la fin de novembre 2011 et leur majorité étaient parmi les déshéritées, les précaires, les émigrants et issus des pays pauvres.

1,5 million de soldats américains ont été dans les opérations en Irak, 4487 ont été tués. La société américaine consommera un autre Viêt-Nam, en l’assumant dans sa mythologie spectaculaire. Les traumatismes qu’Hollywood va mettre en films, sont justifiés y compris par le mensonge. L’autre résultat accablant de l’échec américain est que le gouvernement élu en Irak est plus proche de Téhéran que de Washington.

Les chiites irakiens sont considérés plus sympathiques, mais loin s’en faut, ils n’ont pris de position concernant les crimes contre l’humanité de Bashar Al-Assad. Outre qu’ils n’ont pas dénoncé l’Iran y compris son programme nucléaire ou bien ont fait allégeance à Israël qui était inscrit dans les objectifs de la guerre.