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Livre “Les Arabes, les femmes, la liberté”, de Sophie Bessis




dimanche 10 janvier 2010
par Hakim Arabdiou


Ce livre a été écrit à la gloire de la femme et des féminsites progressistes arabes." Sophie Bessis

Sophie Bessis rappelle d’abord le combat dès le XIXe siècle des libéraux musulmans pour l’amélioration radicale de la condition féminine dans le monde arabe.


Elle cite les propos de l’Egyptien, Kacem Amin (1863-1908), qui écrit entre autres à propos du hidjab : “C’est quand même étonnant ! Pourquoi ne demande-t-on pas aux hommes de porter le voile ou de dérober leur visage aux regards des femmes s’ils craignent tant de les séduire ? La volonté masculine serait-elle inférieure à celle des femmes ?” Son autre compatriote, Mansour Fahmy, (1886-1959), [qui fut disciple de Levy Bruhl, à Paris, et qui a écrit en 1913, l’excellent la Condition de la femme dans l’islam, et pour lequel il avait été renvoyé pendant plusieurs années de l’université du Caire, dans les années 1920, et subi les campagnes de calomnies des conservateurs d’Al-Azhar et des islamistes, qui existaient avant qu’ils ne se constitue en Frères musulmans], ou du Tunisien, Tahar Haddad (1898-1935), théologien à la Zeitouna, qui compare le hidjab ” à la muselière qu’on met au chien pour les empêcher de mordre”.

Le livre de Sophie Bessis

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Il a lui aussi subi les foudres des gardiens du Temple. Elle cite également Manoubia Ouertani (Tunisienne) et l’Egyptienne Huda Sha’araoui qui condamnèrent publiquement le hidjab durant cette période, et évoque le combat des féministes arabes qui avaient réclamé, dès le milieu des années 1920, l’abolition de nombreuses dispositions de la chari’a (de la répudiation, la polygamie, etc.) et l’égalité des sexes.

Elle y dénonce ensuite l’obession de l’identité chez les Arabes, dont sont victimes les femmes arabes avant tout, identité largement instrumentalisée par les islamistes, aussi bien les salafises que ceux dits modérés, dans les pays arabes et en Europe, avec la complicité passive et/ou active des régimes répressifs et corrompus en place, et en Occident.

Ancien Féministe du monde arabe

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Elle montre aussi l’avancée contradictoire, mais inexorable, de la modernité et de la sécularisation des sociétés arabes et parmi les populations arabes immigrées d’Europe, et son corollaire, le recul des islamistes, y compris dans leurs propres rangs (notamment parmi les féministes islamistes), devant un certain nombre d’acquis de la modernité et de la sécularisation, qu’ils sont obligés d’accepter, du moins les plus intelligents politiquement (les islamistes dits modérés) d’entre eux de crainte de tout perdre. Elle n’a bien évidemment pas oublié le combat des féministes progressistes arabe contemporaines.

Je conseille de lire cet ouvrage, car ils donnent une image assez fidèle des thèmes cités plus haut, pourchasse les interstices dans lesquels s’incrustent la droite, l’extrême droite et les fascistes musulmans pour tromper l’opinion publique et manipuler une fraction de la gauche en Europe, et aussi pour le fait qu’il soit écrit dans un style fluide, qui se laisse lire d’une traite.

Kacim Amine a écrit en 1897, Ta’ahrir el mar’a (l’Emancipation de la femme), et en 1900, El Mar’a el djadida (la Nouvelle Femme).

Tahar Haddad a écrit en 1930, Notre femme, la législation islamique et la société.

Sophie Bessas, historienne et spécialiste des femmes du Maghreb, et elle-même Française d’origine tunisienne.