POPULI-SCOOP : Info citoyenne & Actu critique

 


Des trafics associant policiers turcs et chefs d’#Isis



Des enregistrements trouvés lors d’enquêtes sur des turcs partis rejoindre #Daesh


jeudi 25 février 2016
par Azouz Benhocine


Des documents ultrasecrets fuités par le journal « Cumhuriyet » (fondé en 1924 et considéré de référence pour ses scoops) révèle que la police des frontières est en grande complicité avec de hauts responsables de l’Etat islamique dans moult trafic. Ils proviennent du dossier judiciaire remontant les cas de citoyens turcs qui ont rejoint Daesh. Une enquête de journaliste a démontré la collusion entre terroristes, trafiquants et militaires turcs.

Voir en ligne : Notre dossier : Turquie


2015 G-20 Antalya Erdogan avec Obama, Putin... par Populi-Scoop

Au même moment de sortie de ces informations, la remise en liberté des journalistes Can Dündar et Erdem Gül, a été ordonnée ce jeudi 25 février 2016, par la Cour constitutionnelle. Le premier est le premier est le rédacteur en chef de l’organe, dit de tendance Kémaliste, qui a exploité des indications détenues par des sources vérifiées. (A consulter ICI)


- Réélection d’Erdogan et chantage des réfugiés...
- Le pétrole irakien siphonné par l’alliance sacrée : ISIS-Turquie

Ce journal proche du Parti républicain du peuple centre-gauche), est très critique vis-à-vis du gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan. Ils défend les droits sociaux et l’héritage laïque d’Atatürk.

Cumhuriyet est connu pour son usage de l’öztürkçe, langue aux néologismes fondés sur des racines turques, en opposition tant aux anglicismes de Radikal qu’au vocabulaire d’origine arabe, préféré dans un journal islamisant comme Tercüman.

Cette relaxation annule la triple accusation de divulgation de secrets d’Etat à des fins d’espionnage, tentative de renverser le gouvernement et assistance à une organisation terroriste. La Turquie qui postule à rejoindre l’Europe, a ses prisons pleines de travailleurs de la presse. Alors que les preuves de l’implication des rouages sous les ordres des islamistes, avec le terrorisme, ne cessent de mettre à nue l’arnaque de l’islamisme soft de l’AKP.

Une enquête en cours, à Ankara, sur des citoyens turcs considérés appartenir à l’Etat islamique, est arrivée sur une histoire nouvelle. Elle est bien plus prouvée. Elle montre avec des documents à l’appui, sous forme d’enregistrements, contenant la retranscription de conversations téléphoniques. Ces échanges vocaux se déroulent entre des soldats turcs et un certain Mustafa Demir.

Ce dernier est présenté comme un membre de Daech chargé de l’acheminement de bombes depuis la Syrie vers la Turquie. L’inverse, vers la Syrie, c’est déjà les pratiques déjà rapportés. Le même journal a déjà publié, au printemps 2015, un sujet sur des camions de l’armée turque livrant du matériel aux combattants chez le voisin syrien.

Cette fois, l’affaire implique des contrebandiers, des éléments du Daesh et des policiers turcs, dans des transferts certainement d’armements vers la Turquie. Parmi les conversations où l’homme d’#Isis, dit « … c’est là où j’ai donné une voiture au lieutenant Burak ? » .


- Double-jeu de la Turquie envers le Daesh !
- Tué en Turquie : Activiste médiatique et artiste témoin, Naji Jerf lanceur d’alertes !

Dans une solitude invivable, les médias turcs sont sous le joug d’une justice islamiste. C’est aussi le cas pour l’Iran. L’islamisme est hermétique à la transparence, qui elle a pour essence la liberté d’expression qui s’élargit aux arts, l’autre sujet d’inquisition. Les régimes obscurantistes, tel que l’Arabie Saoudite, ont des vérités cachées à l’opinion locale et internationale.

Ankara emprisonne plusieurs dizaines d’intervenants critiques, alors que le dossier du terrorisme sans frontières s’ouvre sur le Monde, via le Bosphore. L’analyse de ce dialogue, pour le journal, montre un partage, probablement de butins, entre plusieurs éléments de l’armée et les trafiquants. Actuellement les militaires sont en train, dans une enquête, de remonter les réseaux transversaux liés à ce trafic dans les deux sens : Turquie/Syrie…

Le premier numéro de Charlie Hebdo composé par les rédacteurs et dessinateurs survivants de l’attentat du 7 janvier 2015 est diffusé pour la Turquie par Cumhuriyet. Il s’agit de la seule proposition, avec celle du quotidien italien il Fatto Quotidiano, acceptée par l’équipe de Charlie Hebdo qui a souhaité assurer elle-même la diffusion du journal dans les autres pays.

Can Dündar prix RSF Strasbourg 17 novembre 2015.jpg
Par Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons - cc-by-sa-3.0, CC BY-SA 3.0

Can Dündar : rédacteur en chef de Cumhuriyet (prononcé [ ʤumhuɾijɛt], en turc : La République)

Répondre à cet article