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Mali, la France précipitée à l’intervention



Est-ce l’éradication du terrorisme ou simplement un sauvetage du régime malien ?


samedi 12 janvier 2013
par N.E. Tatem


La France, répondant à une demande du président malien Traoré, qui sera auditionné devant l’assemblée française à ce sujet, a commencé une intervention dans la soirée du vendredi 11 janvier. Cette dernière a été décidée dans l’urgence, suite à la marche des islamo-terroristes basés au nord du pays, vers le sud visant la prise de la capitale Bamako. L’offensive des terroristes datait de deux jours et devenait plus menaçante.

Voir en ligne : Notre dossier : islamo-terrorisme au Mali et Sahel

Au total 3 résolutions de l’ONU (la dernière date de la veille), sans aucune opposition au conseil de sécurité, permettaient à la communauté internationale et aux acteurs directement impliqués, de part leurs otages ou leurs frontières, d’intervenir au Mali. Celle du 20 décembre, la résolution 2085, donne à la force africaine de la CEDEAO autorisation de nettoyer ce pays de terroristes venus du monde entier et équipés des achats d’armes détournées de Libye.

Le même jour en soirée, un assaut a été mené sur un bastion des mêmes criminels en Somalie pour libérer un agent de la DGSE, détenu depuis 3 ans et demi -enlevé en juillet 2009 quand il s’est fait passé pour un journaliste, connu avec le pseudo Allex Denis. Cette opération de nuit, a été certainement initiée après que le lieu de détention de l’otage français, parmi 9 au total entre les mains des terroristes, a été repéré.

Mopti, 2ème ville du Mali

Ce n’est pas le cas des 8 autres dont on ne sait rien de leur positionnement. Mais aux dernières nouvelles, l’agent français n’y était pas sur le lieu visé. Il serait encore vivant, alors que l’information qu’il a été abattu par ses ravisseurs circule… D’après des sources officielles françaises, un autre soldat blessé, lors de cette intervention en Somalie, a été capturé par les terroristes.

L’armée malienne a lancé dès jeudi une contre-offensive avec une assistance de la France, et d’autres pays européens dont les moyens arriveront plus tard. Pour reprendre aux islamistes la ville Konna, dans le centre du pays proche de Mopti seconde ville malienne (après Bamako). Cette dernière est une véritable porte du Nord désertique, située à 50 km de la 1ère, conquise la veille par les islamistes. Et de laquelle les islamo-terroristes fonçaient sur Sévaré, un autre point stratégique pour les opérations militaires à venir.

L’appui aérien des forces françaises, a permis la reprise de cette localité (Konna) stratégique d’où ils menaçaient de continuer leur poussée vers les zones contrôlées par le gouvernement de Bamako.

Les Etats-Unis soutiennent la France dans cet engagement militaire au Mali contre des islamistes. Ils présument apporter un appui "logistique" dont le déploiement des drones de surveillance, à partir des bases aériennes les plus proches qui sont en Italie et en Espagne. Une déclaration samedi 12 janvier à l’AFP d’un responsable américain, assure que la Maison Blanche disant "partager l’objectif" antiterroriste de Paris.

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Otages français au Mali
Otages français au Mali, détenus par les terroristes de l’AQMI

Les responsables restent inquiets du fait de la présence du plus grand nombre des otages dans cette zone du Sahel. La France se met ainsi en première ligne dans un conflit susceptible de déstabiliser tout le Sahel, avec des conséquences graves dans la région et des répercussions dangereuses en Europe. Où à ce jour, sur le vieux continent, très peu de soutiens ont été identifiés proches des terroristes installés au Mali, avec une surveillance des islamistes.

La CEDEAO dont les 3000 soldats africains seront dépêchés dès le début de la semaine prochaine, lundi, alors que leur mission originelle devait être menée dès l’été 2013. A ce jour, il n’est encore défini s’il s’agit d’une éradication définitive de l’islamo-terrorisme au Mali, ou simplement d’une opération pour sauver le régime malien.

Ce qui est obscur aussi, l’avis et l’opinion algérienne qui reste inaudible. Nous avons rapporté l’ambiguïté algérienne, qui se manifeste par son absence dans les opérations du Sahel. Ainsi que l’inexplicable position de sa diplomatie, alors que le monde entier sait que les dirigeants de l’AQMI sont des ressortissants algériens et des otages algériens, au nombre de 8 car des fonctionnaires puisque les citoyens communs enlevés ne sont jamais recensés, croupissent entre les mains des islamistes du Nord-Mali...