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Quand le Printemps Arabe vire à l’imposture verte

Du journalisme au temps de la peste et du choléra…

lundi 24 décembre 2012
par N.E. Tatem


Les islamistes au pouvoir en Turquie, sont pris pour modèle par d’autres islamistes dans le monde. Ces derniers accédant à diriger les pays, qui ne peuvent être que majoritairement musulmans, où ils sont élus, rejoignent inéluctablement les usages anti-démocratiques que souvent ils les promettent préalablement, avant qu’on les élise. Hitler a été élu sur des promesses de mettre au pas l’avancée allemande vers l’avant…

Les islamistes ne croient pas aux valeurs universelles, jugées, selon leurs prêcheurs, occidentalisées. Une fois au pouvoir bien installés, leur oppression est octroyée de l’appareil institutionnel, qui a pour nom « la justice » et la « police, déjà en place. Ils frappent avec l’outil répressif traditionnel massivement et aveuglement leurs opposants. Ils s’adonnent, parallèlement à un discours mielleux et sage ainsi qu’avec des positions anti-impérialistes, aux pires réprimandes contre les récalcitrants à leur régime dont la sacralité fait l’impunité.

Et ils réservent aux journalistes comme à la gente féminine un traitement aussi indigne que contraire aux critères démocratiques primaires. Pour le cas de la Turquie, les organisations kurdes dénoncent plus de 1000 arrestations pendant le mois de novembre 2012 dont plus 230 mineurs… Une communauté auparavant en quête de ses libertés et en lutte pour la préservation de son identité, avec les islamistes c’est la dictature qui a sa double légitimité : élue et divine à la fois.

Plus de 300 officiers de l’armée turque ont été jugés ensemble, pendant le mois de septembre 2011, sous l’accusation d’avoir comploté contre le gouvernement. Le 50ème journaliste turc vient d’être mis en prison le 13 décembre 2012, il s’agit de Sadiye Eser, correspondant du quotidien Evrensel. Quand l’affaire de la jeune étudiante franco-turque, Sevil Sevimli accusée de terrorisme, reste parmi les exemples à bien méditer…

Ce modèle de théocratie, qui ne peut être universelle du fait de son inspiration de l’islam, fait l’argument aux islamistes qui raflent les fruits des révoltes des peuples des pays arabes déclenchées pendant l’année 2011. Et aucune élection dans les pays à forte communauté musulmane, où la politique est autorisée au nom d’Allah, n’est épargnée de la victoire envahissante, avec ses pratiques obscurantistes, de la théocratie qui règne en Iran.

LES JOURNALISTES : LES CAS SE MULTIPLIENT

Aussi bien en Turquie, en Egypte qu’en Tunisie, les islamistes font perdurer les procédés des dictatures qui les ont précédées, afin d’asseoir leur emprise sur des bases et moyens institutionnels hérités. Et que les populations ont contesté auparavant pour leur corruption, leur manque d’éthique et leur injustice. Au lieu d’ajouter de nouveaux cas à la liste déjà longue des journalistes outrageusement mis derrière les barreaux, la Turquie devait se concentrer sur la réforme de son système juridique profondément vicié.

Manifestation en Turquie, liberté de la presse

En Turquie, Eser a été arrêté le 10 Décembre, lors d’une opération antiterroriste menée par la police turque. Avec Zozan, un autre journaliste, qui a également été arrêté et libéré pour les mêmes chefs d’accusation. NOUS AVONS publié sur POPULI-SCOOP, la lettre écrite de prison par le directeur OLDTV.

A Eser des questions ont été posées, comme : «  Pourquoi avez-vous assisté aux manifestations World Peace Day organisé par parti pro-kurde ?  »,«  Pourquoi avez-vous suivi les protestations contre l’interdiction du gouvernement pour le leader du PKK à rencontrer ses avocats ?  »,«  Pourquoi avez-vous assister aux célébrations l’Équinoxe de Printemps ?  ». Ils lui ont également posé des questions sur les notes qu’elle a prises, selon un communiqué de l’Union des Journalistes de Turquie.

De triste mémoire l’hécatombe qui a visé la corporation des médias et de la presse en Algérie, elle fut une démonstration de l’islamisme qui promettait de faire de ce pays le sanctuaire de la « charia » islamique. C’est aussi en Algérie que la justice a rapidement viré côté islamiste, en imposant un statut rétrograde aux femmes, en condamnant à tort des journalistes avides de liberté d’expression et en libérant même des terroristes. Ces derniers, y compris certains réhabilités avec la concorde de Bouteflika, une fois relaxés ils se remettent aux attentats et aux autres crimes. L’armée algérienne s’est trouvée contrainte de les liquider, puisqu’il s’attaquaient à ses soldats…

En Egypte, une grande peur s’est installée chez les artistes et les créateurs culturels. Les femmes sont déjà quotidiennement ciblées par des milices des frères musulmans. Et la presse et les médias s’attendent aux pires exactions…

Sami Fehri Directeur de Tunisia TV

En Tunisie, le patron de la chaîne tunisienne Ettounsiya TV, Sami Fehri, en grève de la faim depuis mardi pour obtenir sa libération. Ecroué fin août dans le cadre d’une affaire de corruption sous le règne de Ben Ali, M. Fehri réclame la mise en oeuvre d’un arrêt de la Cour de cassation qui avait ordonné sa libération fin novembre. Le parquet a cependant empêché à deux reprises sa remise en liberté. Selon son épouse, il a refusé de discuter de la ligne éditoriale de sa chaîne avec les nouvelles autorités islamistes d’Ennahdha. Il a été contacté dans sa cellule par une avocate, qui est l’épouse du ministre de la Justice, il devait faire l’apologie de l’islamisme.