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Tunisie : l’UGTT grève historique 13 décembre contre Ennahdha

Grossière agression des islamistes d’Annahdha conte le 1er syndicat du pays.

 

jeudi 6 décembre 2012, par Rebel Kazimir

Le lendemain de l’agression du siège du premier syndicat tunisien, l’UGTT, par une horde d’islamistes déchaînés. Cet attentat a eu lieu, le jour de commémoration de l’an 60 de la mort de Ferhat Hached, assassiné le 5 décembre 1952 près de Radès. Des grèves ont été observées, voire déclenchées, auprès de 4 fédérations régionales du pays, le jeudi. Puis le vendredi 7 décembre, le jour d’après, c’est Tozeur dans le sud qui débraye…

Une grève générale, à travers l’ensemble de la Tunisie, est prévue pour jeudi 13 décembre, sur appel de l’UGTT dont le nombre d’adhérents est estimé à un demi-million. L’appel intervient alors que le pays se débat dans une crise sociale et politique, où la violence islamiste s’installe avec ses lots de cruautés. L’UGTT est le seul rempart des travailleurs tunisiens.

Le gouvernement Ennahda a déjà boycotté le sommet social organisé par la centrale en septembre, rompant tout dialogue social dans le pays. Le parti théocratique au pouvoir accuse régulièrement la centrale de freiner le redressement du pays. L’UGTT, de son côté, dénonce les agressions contre ses membres, plusieurs de ses locaux aussi ont été vandalisés.

Quatre gouvernorats, de hauts lieux de la révolution, Sidi Bouzid et Kasserine entres autres, ont suivi le mot d’ordre du 6 décembre. Les grands bastions de la contestation sociale, dont Gafsa et son bassin minier, ainsi que Sfax, deuxième ville du pays et place forte du principal syndicat, l’UGTT ont ressenti cette grève ponctuelle localisée dans ces 4 régions.

L’UGTT, qui a montré son patriotisme en n’entravant que rarement l’effort économique de la nation tunisienne, dont les ressources naturelles sont moindres par rapport aux voisins (Algérie à l’est et Libye à l’ouest) blindés de ressources pétrolières, n’a appelé qu’à deux grèves de cette ampleur pendant plus d’un quart de siècle.

Les grandes actions de l’UGTT sont celle de 1978 et puis celle de deux heures seulement le 12 janvier 2011, qui a été un jalon de soutien aux jeunes tunisiens révoltés contre le régime de Ben Ali. La dictature mafieuse est tombée deux jours plus tard.

Cette fois, la violence que signent des politiciens religieusement croyants devient un réel danger contre la Tunisie. Les tunisiens désignent leurs islamistes virulents par tantôt « salafiste » tantôt « Wahabiste », ne tolèrent pas l’agression du siège du syndicat, qui est un acte attaquant à un valeureux symbole pour les travailleurs tunisiens.

La forte mobilisation de cette première mini-grève opérée le 6 décembre, a ébranlé la certitude du parti au pouvoir, incapable de sécuriser le pays face à des islamistes furieux et saccageurs.

La fête commémorative du décès de Ferhat Hached devait durer deux jours, quand des islamistes progouvernementaux sont venus y mettre fin. Les membres des Comités de protection de la révolution, des milices pro-Ennahda, ont pointé pour les saccages et la violence. L’accusation portée par les agresseurs, emportés dans leur fanatisme, est que le syndicat a versé dans l’opposition.

Avec cette attaque islamiste, contre le syndicat qui a toujours maintenu son autonomie par rapport aux partis politiques, est une clarification qui s’effectue pour la Tunisie exposée aux troubles islamo-terroristes. Le parti islamiste au pouvoir encourage souvent « salafistes » ou « Wahabistes » peu importe la désignation donnée aux islamistes, en leur promettant des lendemains radieux.

Le cabinet du premier ministre, Hamadi Jebali, a sommé les fonctionnaires à reprendre le travail. Et le leader d’Ennahda, Rached Ghannouchi, a accusé l’UGTT d’être en « opposition radicale ». Rajoutant « Une grève générale ne fera pas changer le gouvernement ».

Cinq jours avant cette grève partielle du 6 novembre, un arrêt de travail a touché toute la ville de Siliana. Une autre action anti-Ennahdha qui s’est soldée par le départ du gouverneur. L’UGTT représente une force d’opposition de 500.000 adhérents, qui avait joué un rôle majeur durant la révolution de 2011. Le syndicat vient de faire une démonstration auprès des quatre gouvernorats, comme un prélude pour le 13 décembre.

Le départ du gouverneur de Siliana était sans conteste bien motivé. Les habitants de cette ville de province reprochaient notamment au responsable régional de ne pas agir pour le développement de la région. Il faut le dire aussi, il roulait d’une manière assez visible pour Ennahdha.

Comme pour les autres gouvernorats tunisiens, il avait été placé là par le parti de Ghannouchi. La colère se fait de plus en plus grande dans les régions où l’incompétence des cadres affidés aux islamistes est constatée.

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De notre rédacteur : T O U R E T.

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