POPULI-SCOOP : Info citoyenne & Actu critique

 


Syrie : l’Iran rencontre l’opposition, les USA tergiversent.

La Russie, la Chine et l’Iran constatent la légitimité des révoltés syriens.

jeudi 15 novembre 2012
par Azouz Benhocine


Le pouvoir du « baâth » de Bashar Al-Assad tire à sa fin et ses alliés commencent à concéder des regards moins méprisants à l’opposition. Depuis la réunion tenue du 5 au 11 novembre à Doha au Qatar, les hésitations internationales envers les rebelles syriens ont reculé. La France s’est empressée de reconnaitre la « Coalition nationale des Forces de la Révolution et de l’Opposition syrienne ».

Voir en ligne : Notre dernier sujet concernant la Syrie : une autorité parallèle se dessine

Couronnée de la faveur qui a fait passer la main du CNS (Conseil Nationale Syrien) qui était généralement composé de gens en exil, la rencontre a accouché d’une coalition élargie aux combattants de l’intérieur. La « Coalition nationale des Forces de la Révolution et de l’Opposition syrienne » trouve son importance aux yeux du Monde.

Sans exception de part tous les Etats de la Terre, un nouveau regard. Aussi bien les pays neutres dans la crise syrienne, que ceux du côté du régime contesté par son peuple de même que ceux aidant la révolte « populaire », comme les pays occidentaux, appréhendent avec de passivité, voire avec satisfaction, cette évolution et leurs réactions commencent à se manifester.

Nous avons annoncé sur POPULI-SCOOP que les pays qui soutenaient la dictature étaient déjà gagnés par le doute. Parmi les premiers amis du régime, étonnement c’est l’Iran qui fait le pas de s’intéresser à l’opposition. Car le début et dans le mouvement qui a balayé les dictatures multi-décennales du Monde Arabe, les syriens avaient donné un esprit de révolution toute légitime. Notamment les jeunes qui se sont armés, ont montré une volonté inébranlable.

PDF - 94.9 ko

Analyse - en Langue Arabe - de Salama Kila (écrivain et penseur) sur la situation en Syrie. POURQUOI les GAUCHES sont en retard : Analyse Salama Kila - en Langue Arabe- sur situation en Syrie.

POUR TRADUIRE :

De son côté la communauté internationale distante géographiquement, de ce conflit syrien et de toute la région du Proche-Orient qui couve un colonialisme illégal, ressentent un certain soulagement. Notamment les pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine qui étaient très sceptiques à l’égard des anonymes jeunes rebelles, ont maintenant une vision pus limpide.

La révolution des jeunes syriens est due aux pratiques du népotisme, quasi familiales, entretenues par les castes régnantes sur les relents économiques. Peu d’informations parvenaient des quelques 10 000 jeunes, et leurs opinions directs étaient cloîtrés dans une solitude indéchiffrable. Les citoyens syriens qui ont eu, de l’étranger, des armes combattaient pour détruire la dictature qui a signé des tueries, sont locaux et peu d’étrangers ont été trouvés parmi les tués et les emprisonnés...

Inexactement il a été annoncé en France, après lé réunion de Doha, le président américain fraîchement réélu, a prévenu qu’il n’était pas prêt à reconnaître l’opposition officialisée au Qatar. Ce qui paradoxal par rapport à l’Iran. Voici les propos de Barack Obama au sujet de la Syrie, lors de sa première conférence de presse de la seconde mandature. Étonnamment les américains qui maintenant tergiversent.

Voici les propos d’Obama : "Je suis encouragé par le fait que l’opposition syrienne a créé un groupe dont la cohésion pourrait être plus grande que par le passé. Nous leur parlerons .../... Toutefois, nous ne sommes pas prêts à les reconnaître comme une sorte de gouvernement en exil, mais nous pensons que c’est un groupe représentatif"

Le rapprochement des rebelles avec l’Iran, pays qui un non-moindre appui à la caste qui monopolise, sans partage, les ressources économiques du pays, a bien eu lieu selon un journaliste du Figaro dont les sources restent obscures. Cependant les « Frères Musulmans » syriens proches de la secte égyptienne à qui ils faisaient un prolongement consolidé par le voisinage sont ceux qui, effectivement, ont rencontré à plusieurs reprises les officiels iraniens et dès le début de la rébellion.

Les iraniens se montrent plus réactifs et préoccupés des actes revanchards que risque de commettre les révoltés. Notamment la destruction de l’armé syrienne qui a, jusqu’à là, obéit à Bashar. Les Russes ont constaté, selon le premier ministre Medvedev, que l’exclusion, de la nouvelle Coalition, de l’opposition qui refuse les ingérences d’où qu’elles viennent dont celles du Qatar et de la Turquie.

Contrairement à ce qui est dit suite au véto qui bloque à l’ONU une intervention légale et armée de la communauté internationale, la Chine (dont nous avons rapporté la position) et la Russie disaient que c’est aune affaire interne à un pays et ne soutenaient ni les rebelles, ni Bashar même si ce dernier s’exprimait à partir des médias basés à Moscou.

Les principales figures de l’opposition syrienne.

Cheikh Ahmad Moaz Al-Khatib  : élu dimanche soir à Doha président de la nouvelle Coalition nationale regroupant la plupart des composantes de l’opposition syrienne. Religieux et ancien Imam, connu pour ses positions modérées sur le plan spirituel, il est originaire de Damas et a quitté la Syrie en juin dernier, après avoir été arrêté à deux reprises depuis le déclenchement du soulèvement contre le régime du président Bachar Al-Assad en mars 2011.

 

Il est secondé par les deux vice-présidents :

 

 

Riad Seif : Ancien député et ancien membre du Conseil du peuple. Il à l’origine de l’initiative d’unification de l’opposition. Outre d’être un dissident politique, c’est un homme d’affaires syrien, qui a démontré la prédation économique des castes du régime. Il a été arrêté plusieurs fois et dernièrement dans le cadre des protestations syriennes de 2011.

 

 

Souheir Atassi : L’une des rares femmes, activiste de premier ordre des droits de l’homme et de l’opposition. Arrêtée à plusieurs reprises par le passé, et fréquemment harcelée par le régime du président Bachar al-Assad. Elle boycotté à Paris la manipulation de BHL "Bernard Henry-Lévy" organisée dans une salle de cinéma le lundi 4 Juillet 2011 à Saint-Germain France. De sa position, toute l’opposition contactée par BHL s’est abstenue de participer à cette rencontre. Elle a joué un rôle déterminant dans la coordination du soulèvement à l’intérieur de la Syrie.

 

 

Georges Sabra : Président du CNS et visage de proue de l’opposition et l’un des plus réticents à l’ingérence du Qatar.

Membre du Parti communiste syrien depuis 1970. Faisant l’objet de poursuites en 1984, il vit trois ans dans la clandestinité. Arrêté en 1987 puis condamné à huit ans de prison. Après sa libération en 1995, il continue de militer pour la chute du régime. Il est désigné par le PC en 2000 pour le représenter au sein du Rassemblement national démocratique (une coalition de partis politiques refusant d’adhérer au Front national progressiste pro-gouvernemental).

Le CNS « Conseil National Syrien » : composé de 400 membres, a été créé le 15 septembre 2011 et a été révélé publiquement le 1er et 2 octobre 2011 à Istanbul, en Turquie. Il a coordonné quasiment tous les opposants qui mènent des opérations contre le régime de Bachar El-Assad, aussi bien en Syrie que dans des pays tiers. Dominé par les sunnites, il réunit plus de 30 groupes d’opposition dont les Frères musulmans (qui y sont majoritaires), des libéraux mais aussi des partis kurdes et assyriens.

Georges Sabra, de la communauté grecque-orthodoxe, est un homme politique syrien né à Qatana le 11 juillet 1947. Il est président du Conseil national syrien depuis le 9 novembre 2012. Pédagogue il a réalisé, de 1970-1980, nombreux programmes éducatifs télévisés, et pionnier de ce domaine en Syrie. Auteur de nombreux articles et études en animation pédagogique, ainsi que de récits et contes pour enfants.

Documents joints