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Normalisation entre Algérie & Maroc par où la liquidation du dernier colonialisme en Afrique

Les réfugiés du conflit du Sahara Occidental sur les bras de l’Algérie qui, pour ça, refuse d’être partie

jeudi 15 novembre 2018
par Hugo Mastréo


La manœuvre du roi du Maroc Mohammed-6, consistant à montrer l’Algérie comme le fautif qui refuse un quelconque rapprochement, est le signe d’un certain malaise régional où les subterfuges sont monnaie courante. Inviter le voisin au dialogue, c’est un peu le désigner comme le responsable de l’absence des échanges entre les 2 pays. Ou du moins, le supposer comme un empêchement aux rapports d’ampleur à permettre aux populations de bénéficier des conforts et échanges locaux.

Voir en ligne : Notre dossier ALGÉRIE & MAROC

Côté algérien, un quelconque rapprochement ne peut se faire avec l’inondation du pays de l’est, avec le cannabis marocain. Et encore moins, la remise en ordre des rapports ne peut se réaliser au détriment des quelques 80 000 âmes de Sahraouis réfugiés au sud-ouest du plus vaste pays d’Afrique. Une telle spéculation diplomatique est irrecevable à Alger.

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Elle est perçue en tentative de jeter l’opprobre, avec la manière démagogique brandissant le bon voisinage, alors que la complication vient de l’ambition marocaine d’expansion distillée depuis des décennies. La guerre des sables qui a duré 5 mois, lire ICI, survenue après la longue nuit coloniale, n’est pas encore effacée de la mémoire collective algérienne.

Les nombreux analystes qui pensent que l’épilogue du conflit Sahraoui peut prendre une nouvelle tournure, avec un envoyé de l’ONU plus décidé et intransigeant. Le discours du roi marocain le 6 octobre dernier, le jour de l’invasion du Sahara par ce qui la "marche verte", est un nouveau brouillard et une entrave aux efforts onusiens de terminer avec ce problème. L’occasion de cette date, pour accuser l’Algérie qui n’a rien à voir avec le conflit au sud de ses frontières de l’ouest, est bien choisie.

Le passage à un référendum tel que le préconise aussi la légalité internationale, doit être la pire des choses à laquelle s’attend et redoute le Maroc. Les pourparlers, bloqués depuis 2012, sont sur le point d’être relancés. L’envoyé onusien pour le Sahara occidental, Horst Koehler, a convié les différentes parties impliquées (le Polisario, le Maroc, l’Algérie et la Mauritanie) à une réunion à Genève les 5 et 6 décembre. Il ne cesse pas de souligner que l’autodétermination du peuple sahraoui est la seule solution juste.

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Le Maroc se montre insistant pour la démarche de la couronne appelée communément le « Makhzen » d’exprimer une volonté de normaliser les relations avec l’Algérie. Mais cette dernière reste de marbre, pour la stupéfiante conduite du palais alaouite qui tente d’engager une ouverture des frontières avec un voisin réticent. Et sans donner clairement les contours de sa proposition qui reste indéfinie, le palais cherche à faire oublier l’essentiel…

Pour détourner l’opinion du sujet crucial qui mine la stabilité de la région d’Afrique du nord, le Maroc mobilise des réactions autour de ce discours du 6 octobre 2018 du roi. Si la classe politique intérieure vit avec l’affabulation d’agrandir les territoires du royaume, la convoitise d’écho à l’appel du roi est aussi très recherchée dans le Monde. Deux cas justement ont montré de l’intéressement à l’idée de favoriser de nouvelles relations entre les 2 pays...

D’abord il y a eu en Afrique, par la voix du président de la Commission de l’UA, Faki Mahamet qui dit être pour le dialogue entre le Maroc et l’Algérie. Avec le discours de la promotion de la coopération régionale, l’organisation africaine fait son "apriori". Le continent africain a vécu le conflit de l’invasion marocaine du Sahara occidental avec l’absence de la représentation du Royaume au sein de l’organisation.

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Ensuite la monarchie hachémite de Jordanie qui avec un prologue de son chef de la diplomatie, Ayman Safadi, s’est montrée chaude pour contourner les problèmes régionaux de décolonisation en Afrique du nord. Instaurer une fausse accalmie pour une population d’un demi-million d’âmes spoliées de leur terre, ne résout les difficultés que déjà les résolutions de l’ONU n’ont pas tenu avec la volonté du Maroc de s’accaparer le Sahara Occidental.

Et enfin sur le plan intérieur au Maroc, l’entretien de la confusion vient des 2 pays. Les Algériens ne croient pas à la sincérité de Mohammed-6, les expériences leur ont toujours démontrés que l’expansion colonialiste guette à l’ouest. Côté marocain, le parti au pouvoir au Maroc, le PJD islamiste modéré, se dit prêt à envoyer une délégation en Algérie pour contribuer à l’amélioration des relations.

Effectivement les rapports entre le Maroc et l’Algérie souffrent du glacis dû à une liquidation du dernier colonialisme sur le continent africain. Les islamistes de la majorité au Maroc visent atteindre des partis politiques de l’opposition algérienne. Parmi ces derniers la traîtrise commencée avec l’omission des règles basiques de la démocratie, va à la connivence avec le régime basé sur la corruption et au détournement de l’intérêt collectif par des programmes obscurs et inintelligible dont la ligne de conduite est l’opportunisme.

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