POPULI-SCOOP : Info citoyenne & Actu critique

 


Les Africains passent par le Maroc vers l’Europe, on embarque aussi avec la caravane

Le Makhzen et son gouvernement islamiste exploitent, comme la Turquie, la misère des migrants...

mercredi 7 novembre 2018
par Azouz Benhocine


Avec des conditions sociales déplorables pour une majorité de Marocains qui héritent la misère de leurs parents, il y a une forte répression généralement prononcée par des tribunaux qui, sous prétexte de préserver la paix, s’aveuglent dans les injustices. Encore mineurs, ils quittent le pays du nord ouest africain. Ils deviennent plus nombreux quand l’Espagne, désormais gouvernée par la gauche, a montré de l’accueil humanitaire aux embarcations de fortune qui traversent, du sud vers le nord, la méditerranée. Le phénomène touche aussi les autres pays du Maghreb, en Algérie on les appelle les "haragas".

Voir en ligne : Notre dossier Maroc

Des générations de jeunes, particulièrement les garçons, sont obsédés par l’idée de quitter leur pays où manquent les perspectives sociales. La Turquie a montré qu’elle peut faire pression sur les pays européens avec les migrants, quand la vague syrienne, suite à la guerre civile débutée en 2011 contre Bashar El-Assad et son régime dynastique. Ankara a encaissé 7 milliards d’€ pour entretenir des camps bloquant les déplacements de population sur son sol.

- Nawal Benaissa, égérie du mouvement Hirak au Maroc harcelée par la justice 18 octobre 2018

Le Maroc a déjà obtenu 150 millions de $, afin de pouvoir, dans un un 1er temps, gérer le flux migratoire qui est considéré africain. Ce dernier s’est détourné du périple par la Libye, devenu insoutenable avec l’insécurité au pays de feu Kadhafi. La voie par le nord-ouest africain est devenu attractif, mais ce sont aussi à de nombreux Marocains qui trouvent ainsi issue à leur sort de population qui n’a pas accès aux fastes de la classe aisée que le "Makhzen" (la couronne alaouite) entretient pour préserver son régime.

Les gens sont obligés d’émigrer pour les mêmes raisons sociales et économiques que celles de leurs ancêtres. Se révolter au Maroc, coûte très cher. Les emprisonnements atteignent les militants politiques, comme les socialistes accusés d’atteinte au roi. Mais le gouvernement islamiste encourage actuellement la migration en tant que soupape de sécurité sociale et en tant que moyen de faire pression sur l’Europe pour obtenir de l’argent. L’expérience est largement faite, d’ailleurs l’esprit parasitaire au Maroc est plus ancré politiquement chez les dirigeants qui accèdent au pouvoir...

Les entrées de migrants africains vis le Maroc ont explosé dès lors que l’Aquarius, le bateau de sauvetage de naufragés, a été accueilli en Catalogne lors du mois d’août dernier. Mais des milliers de jeunes Marocains quittent leur pays et certains subissent aussi la reconduite après leur arrivée. L’expulsion de 116 migrants clandestins ressortissants de la monarchie d’Afrique du nord a marqué les esprits et réveillé un intéressement aux départs de ce pays.

- Lourdes peines d’emprisonnement pour les contestataires d’Al-Hoceima au Maroc 29 juin 2018

Une information datant du vendredi 5 octobre provenant du ministère espagnol de l’Intérieur, révèle que Madrid et Rabat sont sur le point d’enclencher des négociations pour rapatrier des milliers de jeunes marocains entrés illégalement, sans leurs familles, en Espagne. Sans des tuteurs légaux, cela veut dire qu’ils sont mineurs, alors qu’aucun document d’identité ne permet de connaître leurs âges ni leurs villes d’origine.

Les autorités espagnoles, auxquelles on attribue le statistique de 13 000 migrants marocains arrivés en août, n’ont pas réagi au chiffre "sans précédent", pourtant colporté par plusieurs médias. Ils seraient actuellement quelques 10 000 à errer, sans espoir de pouvoir continuer leur périple vers d’autres pays européens, ni d’être régularisés.

Selon des ONG, des deux rives, c’est de Tétouan que partent la plupart des bateaux de migrants, notamment ceux embarquant nombreux marocains. De grandes manifestations dans les villes de Tétouan et Agadir, d’où sont partis 2 jeunes qui ont été, l’un abattu et l’autre blessé, traqués à coup de feu par la marine marocaine. Hayat Bellcacem, âgé de 19 ans, originaire le 1ère a été tué.

Répondre à cet article