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Offensive au sol des Houthis, après les drones, déroute des alliées de l’Arabie Saoudite



La guerre interposée, via le Yémen, de l’Iran pénètre le territoire saoudien


dimanche 29 septembre 2019
par Azouz Benhocine


Ecouter l’article. Les Houthis déclarent avoir capturé des milliers de soldats ennemis, dont plusieurs officiers de l’armée saoudienne, dans la région de Najran au sud-ouest saoudien. Un porte-parole officiel s’est exprimé devant les médias pour annoncer que trois "brigades militaires ennemies étaient tombées" dans une vaste embuscade, couvrant un large champ de bataille. Elle aurait duré 72 heures et fait aussi des centaines de victimes...

Voir en ligne : Notre dossier : Arabie Saoudite & Yémen

Ce qui est pour l’ONU la pire crise humanitaire dans le monde en 2019, ce sont les conséquences de la guerre du Yémen. L’Arabie Saoudite, soutenant un président élu, compte plier ses ennemis en semant le chaos. Mais les revers qu’elle subit avec les frappes de drones sur ses installations pétrolières changent les plans menés avec toute une alliance de plusieurs nations.

Depuis les dernières attaques sur les installations de production de pétrole en Arabie Saoudite, impactant même les prix de l’énergie dans le Monde, le royaume a préparé une offensive. Incriminant l’Iran et en mobilisant des troupes locales qui lui sont affidées au Yémen, les saoudiens n’ont pas eu le temps de placer leurs troupes qu’elles sont frappées.

- Golfe d’Aden, enjeu d’une nouvelle guerre au Yémen lundi 6 avril 2015

Dimanche 29 octobre, la donne de la guerre est complètement au détriment de Ryad. L’Arabie saoudite n’a pas encore répliqué à la prétention des Houthis, étayée avec moult images et séquences vidéos. Selon laquelle plusieurs centaines d’hommes auraient été tuées ou blessées, ainsi que bien plus d’un millier a été fait prisonnier lors d’une attaque d’envergure. Des centaines de véhicules blindés détruits ou récupérés.

C’est en 2014 que les Houthis ont engagé une offensive contre le gouvernement yéménite, après une élection présidentielle contestée sur des bases sectaires et religieuses. Près de 100 000 soldats endurcis au combat, qualités qu’ils ont démontré leur puissance sur le terrain et cette fois plus que lors des 5 dernières années.

D’une organisation armée, politique et théologique zaïdite, une faction des Houthis, dont l’apparition dans le gouvernorat de Sa’dah et le nord-ouest du Yémen, dans tout le pays, date de 1992 au sein de ce qui est le Forum des jeunes croyants, organisation religieuse et culturelle.

Leur dernière offensive, largement couverte par les reporters de guerre de la chaîne Aljazeera, s’insère dans la stratégie d’occupation de terrain. Faire reculer les guerriers pro-saoudiens à l’intérieur et renforcer la frontière méridionale concernée par les intrusions terrestres depuis le voisin.

- Quand les Mollahs chassent la CIA du Yémen jeudi 12 février 2015

Le 21 septembre dernier a été le 5ème anniversaire de la prise par les Houthis de la capitale du pays, Sanaâ. Depuis mars 2015, une coalition ramassée de bric et de broc, au gré de l’aval donnée à l’appel saoudien, qui la dirige pour commettre une ingérence chez le voisin. Elle est soutenue par les puissances occidentales, qui entretiennent leur business des armes, dans une guerre atroce.

Le conflit au Yémen a tué des dizaines de milliers de personnes et laissé des millions de personnes au bord de la famine. Souvent qualifiée de guerre civile, parce que d’autres Yéménites prennent les armes contre les Houthis, le conflit a vraiment les caractéristiques d’une guerre impliquant des protagonistes étatiques et des moyens aux fonctions ainsi qu’aux objectifs dévastateurs.

Les déclarations du Yémen ne manquent pas en la circonstance. Ces attaques pourraient montrer que les Houthis sont capables d’infliger des torts à leur ennemi. Alors que la coalition dirigée par l’Arabie saoudite n’a pas répondu à une offre de paix faite la semaine dernière.

Le 20 septembre, des responsables houthis ont annoncé qu’ils arrêteraient les attaques de missiles et de drones, mais à condition d’une déclaration de défaite de l’alliance. Mais en guerre, c’est l’affaire des grandes puissances à vouloir garder ouverts des hostilités ! Le marché des armes oblige.

- Le trésor des câbles de Wikileaks sur l’Arabie Saoudite dimanche 21 juin 2015

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