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L’Espagne, entre fébrilité et solidité




mercredi 30 mars 2011
par Jérôme COLLIN


C’était le 11 juillet 2010. Pour la première fois de son histoire, l’Espagne remportait le titre suprème, la Coupe du Monde, confirmant ainsi son sacre européen de 2008. Depuis, les Espagnols sont plus inconstants et semblent avoir des concurrents beaucoup plus armés. Nous avons décidé d’analyser l’évolution de la Roja depuis son succès au Mondial sud-africain.

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Des éliminatoires bien gérés

L’Espagne, en tant que tête de série, a le privilège d’affronter des équipes dans une poule largement à sa portée. Les Ibères n’ont pas vraiment à forcer leur football et peuvent s’appuyer sur leur ossature habituelle pour empiler les buts et les victoires. Succès après succès, les Espagnols se rapprochent un peu plus de l’Euro 2012 et la possibilité de défendre leur titre.

Quid des matchs amicaux ?

Faut-il accorder de l’importance aux résultats des derniers matchs amicaux de l’Espagne ? Ses fervents supporters répondront que non, tandis que ses détracteurs y verront le début d’un déclin. Toujours est-il que les deux confrontations contre le Portugal et l’Argentine se sont soldés par deux défaites lourdes, tant sur le score (4-0 à chaque fois) que sur la manière. S’agit-il de deux rappels à l’ordre par excès de confiance, ou bien une simple erreur de parcours ?

Il est encore difficile de le dire...

Un jeu qui s’étiole

Il est indéniable que la Roja balbutie son football depuis quelques temps déjà. Il est intéressant de constater qu’il y a une corrélation entre les prestations en demi-teinte actuelles du Barça et celles de l’Espagne qui sont loin de satisfaire les amoureux du beau jeu. Cette irrésistible suprématie des Espagnols s’est volatilisé depuis l’obtention du titre mondial, laissant place à un jeu plus lent, moins construit et moins efficace devant, et ce notamment ces derniers temps. Les rampes de lancement que sont Iniesta et Xavi subissent un contre-coup physique en ce moment. Même l’assise défensive, pourtant irréprochable avant, n’est plus aussi symbole de maîtrise. Cette équipe devient plus perméable, et elle réussit à surnager grâce au buteur barcelonais David Villa.

La concurrence s’organise

Avec ces phases éliminatoires de l’Euro 2012, on peut observer le comportement des équipes performantes. Ainsi, il semble que l’Allemagne soit la nation la mieux préparée, la mieux armée pour régner sur le toit de l’Europe, en attendant la Coupe du Monde brésilienne. Joachim Löw a été affirmatif : l’Allemagne veut renouer avec son passé glorieux en remportant un titre prestigieux. Cette farouche volonté de vaincre est décuplée par le fait que l’Espagne, par deux fois, a barré la route à la Mannschaft pour l’obtention d’un titre (défaite 1-0 en finale de l’Euro 2008 et défaite 1-0 lors de la demi-finale de la Coupe du Monde 2010). Les Allemands pratiquent un football bel et bien séduisants et l’émergence de jeunes pousses talentueuses assurent à cette équipe une descendance compétitive.

L’Italie et la France sont dans des opérations de reconstruction, et de réconciliation avec leur public. A l’heure actuelle, Français et Italiens peuvent se targuer de dominer leur propre groupe d’éliminatoires sans toutefois présenter un jeu chatoyant. Dans ces deux sélections, priorité est donnée à la jeunesse, sans altérer la qualité de l’équipe.

Les Pays-Bas, comme depuis de nombreuses années atomisent tous leurs adversaires dans les phases de poule. Leur reste à confirmer leur superbe parcours en Coupe du Monde 2010.

Hors du Vieux Continent, on retrouve un Brésil aux dents longues, qui peut compter sur sa nouvelle coqueluche Neymar, véritable perle brésilienne et qui donne le tournis à toues les défenses qu’il affronte. L’Argentine voudra enfin confirmer son statut d’éternel favori pour les grandes compétitions et œuvre pour cela, en donnant la priorité à la nouvelle génération.

Sans briller, l’Espagne arrive tout de même à conserver une certaine notoriété dans le monde. Notoriété qu’elle devra s’efforcer de convertir une nouvelle fois en titre.