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Le printemps français n’a pas que la loi du travail à corriger



Taxer les CDD, la fuite en avant d’un gouvernement aux abois


mercredi 9 mars 2016
par Hugo Mastréo


Aux abois, l’exécutif gouvernemental français qui a promis aux entreprises la souplesse de licencier sans indemniser leurs salariés, ou en réduisant leurs droits actuels, s’est lancé dans une aventure malencontreuse. Ironie du calendrier et de la sémiologie historique, jour pour jour, en mars et avril 2006, la France vécut un important mouvement étudiant et lycéen, pareil à celui de 2016. Le jour des premières sorties estudiantines, l’idée de surtaxer (une taxation existe déjà) les CDD, le type de contrat que Mme El-Khomri n’a pas su définir sur les médias, est colportée par un ministre. Tel un volte-face d’un règne qui a perdu du temps, alors que débordent colère et chiffre du chômage !

Voir en ligne : Notre dossier : France

Il y a 20 ans le conflit social s’est soldé par le recul du projet CPE (Contrat Premier Emploi) que le gouvernement avait publié, le 2 avril, son texte. Mais soutenu par des partis politiques et par la plupart des syndicats, les lycéens et étudiants ont obtenu son retrait, une semaine plus tard, le 8 du même mois.

3 mars, notre dernier sujet
- Les certitudes de la réforme du "Code du Travail" coincent en France

Les cortèges de #grève9mars sont une flopée d’hirondelles qui présagent la fin des renoncements d’une gauche installée au pouvoir, mais traduite aussi au jugement des bilans dans le climat d’incohérence. Le mois de mars aime l’Histoire où renaissent les désirs…

La mobilisation contre la réforme du code du travail en France est parmi les fortes vagues de décrépitude du pouvoir de la gauche. En scission avec ses propres partisans, le gouvernement Valls est le bon fusible que le président de la république peut disjoncter pour remettre à plat la crise sociale, dont il peut, à partir du 9 mars, mesurer l’ampleur. Se désolidariser du chef du gouvernement peut raccommoder l’image du président…

Les manifestations du 9 mars exhortent à la suite du 17 et 31 mars, c’est le type même de première mobilisation qui peut durcir ce mouvement protestataire. La parfaite organisation et les réactions qu’ont suscité les 250 rassemblements à travers la France, plaident à une consolidation de la contestation d’une réforme qui jure par la création de nouveaux postes de travail, alors que le chômage vient de connaître le seul répit de son aggravation.

Il faut dire que l’isolement du gouvernement français, second de Manuel Valls qui abonde encore plus dans la conversion des réformes, en contenus de changement contraires aux engagements du président, est visible, du moins à l’intérieur du pays. Le palmarès s’alourdit de revers diplomatiques et de frappes terroristes inédites. Des scandales et des échecs probants ternissent la place de la France dans le concert des nations.

Avec :
- une Europe vacillante où la Royaume-Uni s’offre un continent.
- 7 distinctions de légion d’honneur concédées dernièrement aux tyrans saoudiens.
- L’arrimage de l’initiative française au pilotage des States dans la crise syrienne.
- Les démonstrations de sincérité de Poutine dans la crise ukrainienne où aucun militaire russe n’a finalement jamais foulé le sol du pays voisin.
- Et les ventes d’armes, aux pays du Moyen-Orient, devenues la principale source de la vague des réfugiés, pour les affres qu’ils causent. La liste est plus longue, le bilan de la France sur la scène internationale pèse sur F. Hollande.

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